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Les femmes en disent

  • Monsieur

    J’ai un rapport extrêmement particulier à la justice des tribunaux.
    Entre peur systématique et défiance. Je ne sais pas réellement d’où me vient cette peur qui me semble primaire. 

    La psycho-généalogie m’a ouvert quelques éclats de compréhension : une arrière-arrière-grand-mère condamnée en 1902 à l’internement pour avoir mis le feu à sa maison et qui passera 24 ans en asile et y mourra. Un arrière grand-père pedocriminel condamné pour viol sur fillettes par un tribunal de guerre en 1920 mais qui bénéficiera d’une grâce présidentielle en 1921, lui permettant ainsi d’épouser Clémence et de lui donner une fille, Andrée, ma grand-mère. Comme si une grâce présidentielle pouvait absoudre d’un tel crime et miraculeusement guérir un homme de sa violence. 

    Avant de découvrir ces faits j’avais déjà conscience que l’injustice était un puissant déclencheur de révolte pour moi. Petite j’avais du mal à comprendre que des copines puissent me faire la tête parce que je jouais parfois avec les garçons, moi j’aimais tout le monde sans distinction, entre naïveté et défiance. Je me souviens plus tard, du sentiment d’injustice quand une amie, lors d’une correction mutuelle de dictée, avait grossièrement effacé un « s » de ma copie, créant ainsi une faute, sans doute par jalousie. Puis à l’adolescence je me souviens d’aller prendre une adhésion et un badge « touche pas à mon pote » et d’être déléguée de classe pour défendre les copains. Je me souviens d’une sombre histoire d’héritage pour laquelle procès rendit justice à mon père et ses frères et sœurs. Bien sûr j’ai le souvenir cuisant de la survenue « injuste » de la maladie dans mon corps de danseuse quand bien même cette maladie auto-immune ne soit que le fruit d’un cocktail attaque virale/stress/tabagisme passif sur un terrain génétique propice et non une punition divine sur un esprit malin. 

     


    Au tribunal d’Avignon j’y étais venue pour la liquidation judiciaire de mon entreprise en 2007, le divorce en 2012 et pour mon accident de voiture, plainte classée sans suite et le pretium doloris qui m’a été accordé après 7 ans d’appel a été si ridicule que mon avocat n’osait même pas me donner le verdict final. 

    Alors, non, je n’ai pas un rapport personnel apaisé à la justice de mon pays. 

    Et pourtant en ce jeudi 16 septembre 2021, j’étais de retour au tribunal. Quand faut y aller, faut y aller. 

    Pass sanitaire en poche, masque sur le nez, tirée à quatre épingles (même mis un soutien-gorge), chignon strict, lunettes. Un « peu » cliché mais rassurant pour moi de me conformer à une certaine image. L’enfant, lui, semble bien plus décontracté que moi, même s’il a travaillé son « passing ». Chemise bleu ciel, pantalon droit et tennis blanches. Au poignet la montre et la gourmette gravée William, cadeaux pour sa majorité. 

    Ce jour-là, au tribunal judiciaire d’Avignon, avait lieu l’examen de sa requête en changement de genre.

    Je n’ai pas été autorisée à entrer dans la salle d’audience.

    Le greffier s’est contenté d’un laconique mais incontestable « vous madame vous restez là ».

    J’ignore totalement la raison de cette injonction, Covid (tous munis d’un pass) ou confidentialité (le motif de sa requête est pourtant publiquement affiché sur le planning des audiences dans le hall) ?

     


     Et mon enfant est entré dans une salle d’audience, pour la première fois. Seul

     


    Je dis mon enfant mais il ne m’appartient pas et, depuis le début de sa transition, je m’évertue à protéger sa liberté d’être. J’écoute ses réflexions, j’observe son cheminement intérieur et physique. Et ces humains, juges, assesseurs, greffier, qui ne le connaissent pas ont toute autorité pour décider, en quelques minutes, si la jeune personne qui se présente à eux a le droit d’avoir un 1 plutôt qu’un 2 sur sa carte vitale. C’est à la fois normal et délirant. Mais ma principale question est la suivante : de quelle sorte de danger notre pays pense t’il se prémunir en confiant ainsi le changement de genre au judiciaire ? Attention la simplification administrative qui a amené notre pays (pointé du doigt par ailleurs par la cour européenne des droits de l’homme) à se dégager de contraintes archaïques d’obligations chirurgicales à l’encontre des personnes trans, cette simplification donc, je la salue mais ne sommes-nous pas dans la demi-mesure ? Pourquoi le genre social, pure construction intellectuelle et culturelle, ne pourrait-il pas être simplement déclaratif ?

    Pour vous dire le fond de ma pensée je pense que dans un monde idéal, ce que nous avons entre les jambes ne devrait regarder que nous et que la première question de tout formulaire devrait être notre prénom (prénom que nous choisirions nous-mêmes à l’âge de notre choix). Quelle révolution culturelle ça serait ! Fini les discours du vieux monde sur l’égalité homme/femme, on inventerait toute une tripotée de prénoms non binaires n’en déplaise à Z le grincheux, la mode serait créative pour toustes et la découverte sexuelle de l’Autre tellement plus pétillante !

    William a dû fournir des preuves qu’il se présentait depuis au moins deux ans sous un genre social masculin. 


    Allez, petit exercice pour les Claude et les Dominique quelles preuves pourriez-vous donner de votre genre social ? Il / elle ; pomme d’Adam ou seins en poire, banane ou abricot ? Veuillez justifier vos salades de fruits ! Jupe ou pantalon ? Kilt ou boyfriend ? Faites-moi l’inventaire de vos modèles qu’on en fasse des clichés !

    Perso quand j’ai coupé mes longs cheveux tout court « à la garçonne » pour la première fois, je me suis sentie ultra-féminine avec Annie Girardot en tête. Aujourd’hui avec mes cheveux longs en chignon je me sens surtout vieille :D

    Er puis aussi, dans nos tribunaux, n’avons-nous pas tellement d’autres urgences à traiter que le souhait vital de quelques-un-e-s de faire une transition de genre social ?

     

    L’enfant est ressorti impressionné mais heureux. 

    C’est Monsieur maintenant.

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    * le passing qualifie votre capacité à faire genre

    PS : si je ne parle que de moi dans ce texte c’est bien pour respecter son ressenti à lui, il ne raconterait peut-être pas cette journée de cette façon, les deux qualificatifs que j’ai utilisés le concernant « impressionné et heureux » sont ceux dont il m’a fait part.

  • L’impossible choix

    vaccin,covid,corona,polyarthrite,auto-immune


    Je suis née en France en 1969. J’ai failli mourir de la coqueluche à 3 mois. J’ai fait des crises d’asthme de cette date jusqu’à mes 3 ans. J’ai reçu tous les vaccins existants à cette époque, des injections de gammaglobulines et j’ai passé trois étés en cure à la Bourboule. J’ai encore aujourd’hui des souvenirs d’étouffements et je ne supporte pas un drap sur le visage même en cas d’attaque de moustiques voraces.

    Quand à l’âge de 10 ans, alors que je venais d’être admise au conservatoire de danse, j’ai été diagnostiquée comme étant atteinte d’une polyarthrite rhumatoïde juvénile chronique, mes médecins ont évoqué un possible lien entre la PRC et la vaccination renforcée dont j’avais bénéficié dans ma petite enfance. La consigne de l’époque était d’une clarté absolue : plus aucun vaccin. Ce qui fut respecté, à la lettre.


    Imaginez, vous avez dix ans, une terrible maladie ronge vos os au point de faire totalement disparaître vos articulations comme si vous n’en aviez jamais eu, vous souffrez le martyre physiquement et psychologiquement car la danse c’est fini vous dit-on et les médecins potentialisent un lien entre les vaccins et votre état. Vous grandissez. Personne ne revient sur cette interdiction de vaccination. Vous connaissez les symptômes et conséquences du tétanos chez les humains, ben oui vous vous renseignez quand même sur les risques que cette interdiction implique. Vous flippez grave. Vous flippez d’autant plus que les médecins ont également parlé d’un risque de non consolidation si jamais vous veniez à vous fracturer un os. Vous dont le corps était l’instrument de beauté et de grâce, objet d’exultations quotidiennes à chaque arabesque, chaque grand-écart qui vous valaient en prime, étonnement et admiration.
    Vous voilà réduit à votre système immunitaire défaillant qui semble avoir hérité d’un appétit pour l’autodestruction absolument insatiable.
    Mais vous grandissez quand même, sans vous casser un os, ça la PR s’en charge un peu plus à chaque crise, même quand vous jouez à qui peut sauter du haut de la casemate, après tout vous avez onze ans et votre challenger, le voisin, d’un an votre aîné, est beau comme un dieu. Et sans contracter le tétanos même si cela vous arrive d’aller ramasser les vestiges rouillés des deux guerres sur les champs de bataille cabossés de la campagne verdunoise.
    Puis un jour vous avez un enfant. Un nourrisson doté d’un carnet de santé dont les pages au bord rouille commencent par le calendrier vaccinal.
    Vous avez envoyé balader les médecins et leur incompétence depuis quelques années déjà. Mais vous n’êtes pas non plus dans les médecines alternatives, ce n’est pas votre culture familiale et les violentes déceptions causées par les tentatives maternelles désespérées entre acupuncture et gélules de poudre de moules et autre ginseng, vous ont amené dans une sorte de no-médecine land bien que vous avalassiez consciencieusement et sans question 40mg d’anti-inflammatoires et un protecteur gastrique chaque jour depuis des années.
    Mais vous avez la perle des pédiatres et, tranquillement, elle déroule le calendrier vaccinal de votre enfant. Avec votre conjoint vous estimez que votre famille est déjà suffisamment hors-normes et vous oscillez entre profil bas, craignant plus que de raisons les services sociaux, et cette insoumission de nature qui vous habite depuis toujours. On vous dit de vacciner, vous vaccinez. Parfois un peu en décalage, toujours avec la boule au ventre. Mais vous vaccinez.


    Puis un jour vous quittez la docile bourgeoisie nancéienne pour vous expatrier chez les insurgés mangeurs d’ail et d’huile d’olives. Ici c’est la campagne. Les gens sont durs à l’ouvrage, testards et centenaires ou vieux à soixante ans. Usés les maçons, claffis de cancers et de leucémies les agriculteurs. Le verger de la France est le fournisseur de la belle-mère de Blanche-Neige et les nains ouvriers y tombent comme des mouches.
     
    Ici rouler vite, mal et bourré est un sport régional, faites votre prière estrangers !
    Ici la loi elle escagasse !
    Ici une communauté belge de libres penseurs, entretient l’insoumission éclairée, la liberté de penser, le developpement d’un soi intérieur souverain, la bonne santé par l’assiette.
    Ici le tissu médical est de toutes les défaillances, incompétences et je m’en foutisme  mêlés.
    Ici vous devez être votre premier médecin sous peine de danger de mort à la moindre hospitalisation.
     
    Ici, comme partout ailleurs, vous devez faire un choix. Vaccin ou pas vaccin.
    Là vous vous réjouissez lâchement que vos enfants soient tous majeurs (dans 16 jours) et vous déposez délicatement la boule puante au creux de leurs mains jointes, pourvu qu’elle ne se casse.
    Vous êtes terriblement conscient de votre incroyable, effroyable et banale singularité. La société ne prévoit plus aucune case pour vous. Vous faites aléatoirement partie des inutiles, des cas sociaux, des fainéants échecs de la pensée crétins égoïstes mauvais citoyens chochottes d’antivax, végans  même si vous êtes juste végétarien, théoriciens du complot, casse-couille à temps complet, démon aux yeux de votre mère et cauchemar des statisticiens.
    Et pourtant vous existez, encore un peu.
     
    Encore un peu car quelques pensées de solution finale vous traversent l’esprit afin de mettre un terme au dilemme non de vous faire vacciner ou pas, mais de continuer à vivre dans ce monde-là.
    Alors vous les entendez déjà les professeurs de pensée, vous dire que vous exagérez , vous traiter d’enfant gâté, vous qui vivez de pensions sur le dos des honnêtes travailleurs qui, eux n’ont d’autre choix que de passer à la piqûre.
     
    Mais où est l’espoir ? Où est la lumière au bout du tunnel ?
     
    Sommes-nous condamnés à vivre dans ce monde de menteurs-manipulateurs, ce monde de violences et de défiances, ce monde abimé, divisé, opposé ? C’est donc cela que nous allons léguer à nos enfants ?
     
    J’entends gronder le tonnerre. Et j’ai mal.
    J’ai mal à mon humanité. Et j’ai mal à ma terre.
     
    Sans doute que je pense trop, ou mal.

  • Sous le signe du bonheur

    Les « My  Love » se sont dit Oui & Oui !

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    En ce jeudi 6 mai, ma Grande Maxine et son fantastique Félix, dits les My-love, du fait de ce mot doux qu’ils se glissent à chaque interaction, ont posé un acte, un pacte d’amour. Le Pacte d’Amour Consenti avec Soin :) ; si si je vous assure que c’est la bonne définition :)
    Et nous avons célébré, en grand ! Les familles proches réunies, les petits plats, l’argenterie et le cristal des arrières grand-mères. Les tenues choisies avec le plus grand soin, les fleurs dans les cheveux et les papillons de joie aux cœurs. Les cadeaux d’attention des frères et sœurs, les surprises secrètement gardées jusqu’au jour J comme Jeudi, les délices préparés par France la maman de Félix, le vin parfait choisi par Christian, le papa de Félix, les bulles dorées du champagne apporté par le papa ému par sa grande fille si belle.
    Les amoureux irradiaient de bonheur, les sourires illuminaient les visages.
    Je me suis faite cueillir par l’émotion de Félix qui est tombé dans les bras de sa maman très émue au sortir de la mairie, puis le rire provoqué par le « Bienvenue dans la famille Petite » de Christian, à la Pagnol !

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    La météo si capricieuse cette année nous a fait le cadeau d’une journée sans pluie avec de belles éclaircies et même un peu de chaleur dans l’après-midi ! Quelle chance au milieu de ce tumulte fait de gel et d’orages !!


    Quelle journée magnifique ! De ces journées qu’il faut goûter pleinement, atteindre les sommets de joie, de bonheur, sans retenue, le partager au plus grand nombre, à ceux qui ne pouvaient être là mais qui étaient avec nous en pensées. Pour faire du doux et du chaud, du lumineux, du bienfaisant.
    Des Fantastics jours d’amour !
     
    En fin d’après-midi les amoureux sont allés rendre éternels ces instants par Vincent Agnès, ami photographe de Maxine et les clichés promettent d’être époustouflants !
     i
    En Mai fais ce qu’il te plaît !
    Merci du fond du cœur les chéris, en mai me voilà comblée :)
     

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  • En vert et gris

    Est-ce que vous avez également cet étrange sentiment que quelque chose nous a échappé ?

    Nous étions là, remplis de superbe, affrontant vaillamment le monde, composant avec les aléas de la vie comme nous l’avions toujours fait depuis nos naissances. Et puis notre train a déraillé.

    J’ai déjà ressenti cela au moment de la séparation. J’ai vécu un long passage de flottement. Une errance immobile, statufiée. J’avais le sentiment de vivre une vie qui ne devait pas être la mienne, une sombre erreur d’aiguillage. J’ai eu alors une profonde impression de devoir jouer un rôle destiné à d’autres. Je devais être célibataire, mère isolée, parent exclusivement en charge du bien-être et de l’éducation des enfants, sans avoir choisi ces rôles. Mes moments chéris de solitude studieuse, après le coucher des enfants, en parades prénuptiales, ont pris un goût amer d’isolement affectif et de responsabilités écrasantes. 

    Aujourd’hui un virus couronné a décidé de jouer aux quilles avec nos vies. Il n’a que faire de nos protestations. Il est.

    Alors, sans trop y croire, nous avons adopté de nouveaux costumes et de nouveaux rôles, sans avoir rien choisi de tout cela. Nous avons espéré que ça ne dure pas, que ce soit un mauvais rêve. Il y a un an.

    Nous sommes contrôlés dans nos déplacements et nos fréquentations. Nous sommes contraints de porter des masques, de rester enfermés, de télé-travailler. Nous sommes privés de nos amis, de nos familles. Nous avons dû divorcer de nos anciennes vies. Sans l’avoir voulu.

    Après de longs mois d’hébètement et de détresse j’ai eu le sentiment de devoir reprendre le contrôle quoiqu’il en coûte, assorti de la certitude de devoir bien faire alors que c’était devenu mission impossible, que l’avenir des enfants étaient irrémédiablement compromis, passé gâché, avenir entaché. Chaque choix était fait au tranchoir du bien et du mal. Chaque décision remâchée jusqu’à écœurement et Dieu sait s’il y en eu. D’orientations scolaires en stratégie de gestion du patrimoine, d’ablation de prothèses en achats de véhicules.

    Puis la Vie nous ramène absolument au lâcher prise. Parce que le contrôle est terriblement illusoire ou plutôt infinitésimal au regard de ce que la vie nous sert sur un plateau de terre et d’argent, de larmes et de rires mêlés.

    Dans cette course sinusoïdale effrénée je me suis frottée aux aspérités du terrain, j’ai peaufiné mon être au point d’être transparente pour mieux voir mon âme. Pas pour me redéfinir mais pour me découvrir. Lavée des mensonges et des faux-semblants. Les yeux désembués, il me semble aujourd’hui toucher à de l’authentique. De pouvoir être moi-même.

    Le divorce a permis cela. Un jour j’ai dit à un ami qui m’est cher « je perds de ma normalité » et c’était vrai. Sauf que cette normalité d’épouse me coûtait ma vérité profonde.

    Si nous divorçons de nos anciennes vies, contraints et forcés, qui allons nous être demain ? Quels choix ferons-nous ? Quelle vérité profonde émergera du marasme ?

    Ce printemps en vert et gris, de chaudes journées en gelées noires, comme le petit roi maléfique, nous rappelle à notre condition humaine, sensible, fragile et mystérieuse. Y a-t-il en nos seins un trésor à découvrir ? Une pierre à polir jusqu’à la transparence ou plutôt l’invisible.

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  • Des fourmis et des roues

    J’ai une amie Sylvie que nous surnommions Fourmi, en bons lorrains que nous étions elle est devenue La Fourmi, puis La Froum. C’est ainsi que naissent les surnoms :)
     
    Aujourd’hui, en cet incroyablement printanier dimanche, nous sommes allés pique-niquer avec Maxine et son amoureux et les parents de l’amoureux qui sont aussi le frère et la belle-sœur de mon amie Michèle la voyageuse dont je vous ai déjà parlé à de multiples reprises. Quel bonheur ce fut ! Et, bien que les fourmis aient beaucoup apprécié notre compagnie, d’où l’introduction de cette note, j’ai une fois encore mesuré quelle chance Maxine a, d’avoir dans son entourage le plus proche, des personnes aussi adorables. Nous avons gouté le soleil, la forêt, la douce compagnie de nos progénitures devenues grandes et un excellent Riesling accompagné de quelques graines et feuilles croquantes de salade pour les uns et de charcuterie fine pour les autres, parce qu’on peut être végétariens et kiffer la présence d’omnivores tout en trinquant un bon blanc d’Alsace, perchés sur les hauteurs du Luberon :)
     
    Nous avons « profité de la vie ». Nous avons marché sous les grands arbres, pris le soleil et un grand bol d’oxygène bien pur, nous avons ri, immortalisé ce moment précieux dans quelques clichés. Ce fut simple et merveilleusement nourrissant !
     
    La route pour « monter aux cèdres » surplombe toute une vallée piquetée de villages et de cyprès, on croirait une carte postale, au loin le Ventoux et plus loin encore, les Alpes. C’est une émotion chaque fois renouvelée et,  bien que ma verte Meuse et mes lorrains me manquent très souvent, vivre dans une carte postale il n’y a pas à dire, ça vous en met plein les mirettes et plein le cœur.
    J’ai eu envie de voir la mer, d’être sur un bateau cap sur Porquerolles ou sur les rives du Rhône au volant de ma voiture pour rejoindre mes anciens collègues et ma nièces, son amoureux et leurs adorables bouts de choux !  J’ai eu envie d’être dans un train en partance pour n’importe où du moment que des amis ou ma sœur m’attendent sur le quai !
     
    Je crois bien que j’ai des fourmis dans les roues :)
     
    Confi quoi dites-vous ? Confie-toi ? Ah j’aime mieux ça :)
     
    Vous savez quoi les rêves n’engagent que ceux qui les font. Amis de tous horizons je vous aime bien fort, vous me manquez !

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  • Solitaire ?

    Pour ma famille, 2021 est sous le signe de changements importants. 
    William est dans son 2ème mois sous testostérone et de petits changements sont déjà perceptibles. Sa voix pour commencer devient légèrement plus grave, naturellement. J’insiste sur le naturellement car j’ai découvert il y a peu, au détour d’une conversation qu’il faisait l’effort constamment de contrôler son ton afin de limiter les aigus, s’évitant ainsi d’être mégenré par ses interlocuteurs. Imaginez quelques instants l’énergie dépensée à chaque prise de parole ! Je suis contente que la testo (la T pour les connaisseurs) lui apporte ce premier répit. Faire une transition demande un courage exceptionnel à bien des points de vue. Il porte des binders par exemple, un t-shirt compressif, mais la matière antidérapante gratte et les coutures compriment les côtes, une torture qui ne prendra fin qu’avec la mastectomie.
    Le courage c’est aussi celui de toutes les premières fois. Premier coming-out en classe. Première fois dans les toilettes pour homme du lycée ou des lieux publiques.  Première grosse réunion de famille sous son nouveau genre etc
    Et bien évidemment tout ce que je ne vois pas. I
    L’an scolaire prochain William va cohabiter à Montpellier avec Lola. ça me rassure tellement de savoir qu’il sera avec sa sœur pour les mois à venir ! Je suis très contente que Lola ait accepté. Elle assure grave ma Lola, diplômée en juin 2020, en juillet elle était au boulot, assistante régisseuse sur « Demain nous appartient ». En quelques mois elle a fait assez d’heures pour obtenir son statut d’intermittente du spectacle. Ce métier lui va comme un gant, elle si organisée et efficace  ! William sera bien entouré ! Il va faire une formation de « Concept artist » vous ne connaissez pas ? Rassurez-vous, moi non plus !
    Salomé devrait pouvoir aussi s’installer en tant qu’ostéopathe animalier dans le courant de l’année et ainsi pouvoir s’installer avec son amoureux dans un chez eux dont elle rêve bien naturellement depuis des mois. C’est Mister Corona qui est venu perturber le planning de sa vie. Corona et les vétos. Salomé est brillamment diplômée depuis juin 2020, inscrite au registre national des ostéopathes animaliers mais l’académie de médecine vétérinaire impose une certification supplémentaire pour avoir le droit d’exercer et Salomé doit passer un QCM de deux heures ainsi qu’un examen pratique devant des vétos. Mais l’examen théorique a déjà été repoussé deux fois à cause de l’épidémie, de novembre 2020 à janvier 2021 puis en juin 2021 avec interdiction de pratiquer sans cette certification. Vive la France j’ai envie de dire, interdire aux jeunes diplômés de créer leur entreprise et d’exercer le métier qu’ils ont pratiqué pendant cinq ans. Bien sûr  comme elle a moins de vingt-cinq ans elle se retrouve au chômage non indemnisée sans RSA. Sans aucun revenu. Et son prêt étudiant qu’elle doit commencer à rembourser en août. Je suis furieuse que sa vie soit ainsi bloquée. La dépression pointe son vilain nez et j’ai peur pour elle. 
    Je lui souhaite de réussir en juin la théorie et la pratique quelques mois plus tard et d’être enfin soulagée de toute cette pression.
    Je vais donc me retrouver seule dans ma grande maison.
    Deux questions se posent : est-ce possible et est-ce souhaitable ?
    Possible ? Forcément une organisation à trouver avec des auxiliaires au top et de longues plages de solitude et d’interminables nuits qui pourraient être insécures :/
    Et financièrement un prêt immobilier qui court jusqu’en 2029.  
    Souhaitable ?
    En écho à la publication de William Rejaut je dois me réinventer, encore. Oui encore car c'est un exercice qui s'est déjà présenté à moi plusieurs fois. Dès l'âge de 10 ans quand j'ai dû composer avec la maladie, la danse c'est fini ; puis à 20 ans quand j'ai dû composer avec le fauteuil roulant. Le couple et la pluri maternité ont été des adaptations heureuses et fondatrices. Puis il y a eu la descente en ligne droite vers la Provence où il a fallu tout recréer. Alors j'ai materné encore et encore, mes enfants, mon mari, des inconnus au rythme de mes activités associatives. J'ai mis au monde des produits, une entreprise, ce blog et de belles amitiés. Puis le divorce comme une bombe au milieu des fleurs. Alors j'ai materné essentiellement mes enfants, pour les réparer et les accompagner au mieux dans leur épanouissement et la quête de leur ikigaï, trouver la source de la joie de vivre en trouvant sa raison d'être. 
    Et voilà que c'est à nouveau mon tour de trouver une raison d'être. Une raison d'être personnelle, pas par procuration. Ne pas être spectatrice de la vie des autres. Tenir le premier rôle dans ma légende personnelle. 
    Pour l'instant j'enfile des perles, c'est comme rouler des cigares alors qu'au fond de soi on est philosophe. 
    il faut qu'une idée, une envie, émerge. C'est une belle opportunité pour se réinventer, à moi de la saisir et d'en faire un chapitre neuf ! Tiens "chapitre neuf" ça ferait un bon titre !
    Ce chapitre pourrait-il être solitaire ?
    La solitude ne m'effraie pas du tout. Je ne compte pas la présence des auxiliaires. Je parle de solitude affective. Être seule responsable de son présent. Un seul emploi du temps et une palette de possibles assez large bien qu'altèrée par le handicap et la Covid. Personne, et c'est heureux, pour décider à ma place mais personne n'ont plus pour rêver, imaginer, projeter. Je pourrais décider de ne rien faire que ça ne dérangerait personne. Je me suis longtemps mise de côté surtout pendant la crise de couple et que mes avis et envies dérangeaient le désordre établi. Alors j'allumais la télé et je regardais Grey's anatomy pour ne plus être tentée de réclamer du temps, de l'attention ou le droit d'exister. Ma place était là, mon droit celui de me taire. Quand j'ai décidé de l'ouvrir, ma gu...e, il est parti. Mes craintes étaient donc fondées. CQFD
    Aujourd'hui je demande la vie, l'avis de personne. 
    Mais personne n'est pas de très bonne compagnie même s'il est plus agréable que monsieur grognon ou madame lunée. Il n'arrive évidemment pas à l'ongle du petit orteil de ma progéniture et associés. Et en plus il ne sait même pas faire le thé. Quel relou ce personne.
    Alors à la question est-ce souhaitable il semblerait que la réponse soit négative dans la durée. 
    Edit de trois semaines plus tard : Aïe et youpi. Le temps d’écrire cette note laissée en mode brouillon et voilà que les plans ont changé !
    Le premier déclencheur a été un revirement soudain dans l’orientation de William qui a mesuré qu’il y avait quand même plus d’illustration que de narration dans « concept artist » lors de son entretien de candidature et lui ce qu’il aime par dessus tout c’est écrire. Il était admis en MANAA (mise à niveau en arts appliqués) mais je ne voyais pas d’étoiles dans ses yeux. Virage à 180 degrés sur les chapeaux de roues, la fin des vœux dans Parcours Sup se profilant six jours plus tard. Le voilà donc postulant pour deux licences, LLCE anglais (langue littérature et culture étrangère) et Lettres modernes parcours Écritures, à Aix. Ses yeux se sont rallumés Ouf !
    Les orientations professionnelles auront été bien laborieuses à chaque fois. 
    Nous avons traversé ce tourbillon d’avenirs concomitamment avec un épisode « le ramoneur qui ramonait la porte ouverte » et là essuie la suie de ci, de là, ici aussi, ici-bas et tout là-haut. Madame l’employeuse dudit ramoneur m’ayant parlé dans un langage si fleuri que je n’ose la citer ici, huissière sollicitée hissée pour essuyer constata que suie il y avait ici et là et surtout partout afin que sinistre oblige les assureurs assurent. 
    Et puis paf le destin, au détour d’un chemin ma Salomé a croisé une de mes amies qui finissait de repeindre…un appartement à louer ! Alors devinez qui s’installe avec son amoureux AUJOURD’HUI, à 350 m de la maison. Un saut de puce géographique mais un pas de géant dans leurs vies ! Volez haut les chéris et qu’un vent de bonheur vous accompagne !
    Leur paquetage vite empaqueté, un appel à la fouille des greniers et garages amis les a dotés de l’essentiel ! Un élan de générosité qui fait très chaud au cœur
    Bilan de cette note, solitaire c’est pas encore pour maintenant et mieux vaut ne pas laisser les notes en mode bouillon sous peine de péremption immédiate des informations !

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    un peu du travail artistique de Will

     

    J’ai aussi lu La Familia grande...

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  • Le roi invisible, les tulipes et les rats musqués

    Sur une terre singulière de nature multiple,

    un jeune roi invisible cultivait des tulipes.

    Au plus que prolifèrent ses vastes champs fleuris,

    le jeune roi couronné sans un bruit légifère.

    Ploient les têtes sous l’averse toutes remplies bien trop lourdes

    et si quelques ne se courbent, la plupart se dressent.

    Le roi neuf ébahi n’en peut plus de compter,

    les corolles, les bouquets tous faisant son succès.

    De partout il ressème, les rues en sont masquées,

    sans peine, sans haine, nul ne peut l’arrêter

    Si pour grande partie rats musqués obtempèrent

    voilà que certains hommes sont ici têtes en l’air.

    Ils oublient de marcher, souvenir des colchiques

    des printemps du passé, paysages bucoliques

    A chacun son bouquet, son remède à son choix

    Tout le long des chemins, vivant d’impunité, bons droits.

    Et si les rats musqués en convois réunis

    D’échanger leurs cultures sont bien sûr interdits.

    Les voilà qui s’attablent à trois pairs six coudes

    De ce roi invisible s’attachent à en découdre

    Qui est donc pour chacun ce vil envahisseur,

    Règne à germe virulent, amazonien vendeur ?

    Amis imaginaires au nom desquels on tue,

    Les multiples, les vertus et toutes diversités ?

    Si pour vos têtes redressées vous craignez la tondeuse

    Sachez que couronnés ne tondent pas dans les bois

    Soyez mus, gais, sauvages et pourquoi pas des chênes

    Et pour ceux qui le veulent et peuplent bien les villes

    Iris bleus, blanches roses, volubiles potentilles

    Par dessus les œillets et toutes les tulipes,

    Soyez vous, soyez fous, semez à fin heureuse

    La santé démuselée fera fi de la haine

    Alors les rats musqués iront de bon aloi

    Et les rois invisibles n’y feront plus leurs lois.

     

    WML

  • Pourquoi maintenant ?

    Metooinceste, le hashtag #️⃣ qui invite les victimes d'inceste à témoigner, déverse depuis quelques semaines ses torrents de larmes. J'ai lu beaucoup de ces drames, des récits de vies abîmées qui tiennent en quelques mots qui, normalement, ne sont pas toxiques quand ils cohabitent. Qui énonce son tout petit âge, suivi du rang de l'agresseur familial, familier. Qui dépeint l'envers du décor de son île aux enfants. Le petit théâtre du coin de la rue,  marionnettes empalées, bâillonnées. J'ai écouté les six podcasts «Ou peut-être une nuit » de Charlotte Pudlowski sur Louie Media. Découvert ce mot : La silenciation. Et cette formule "être incesté, les incesteurs. 
    J'ai renoncé, confuse, à un peu de mon ignorance, au fil de leurs maux.
    Et puis je me suis demandé "pourquoi maintenant ?"
    C'est vrai il y a eu Balance ton porc, Metoo. 
    L'inceste est-il encore plus tabou que le viol et le harcèlement sexuel ? Est-il encore plus difficile de dire en avoir été victime ?
    La réponse est oui, mille fois oui. C'est difficile parce que c'est, de fait, la cause d'un drame familial autant que personnel. Alors les victimes se taisent, essayant de porter seules le poison, plus ou moins bien enfermé dans une fiole fragile qui pèse des tonnes. 
    Pourquoi maintenant ? Bien sûr, il y a eu ce livre "La familia grande" qui, comme à chaque parution d'un ouvrage traitant du sujet paraît-il, a soulevé un peu la chape de plomb qui fait office de couverture sur ces nuits enfantines d'horreur. La pression est montée d'un coup et la soupape s'est mise à siffler en tweets stridents. Une fille sur cinq, un gars sur treize sinon plus. Victimes comptez-vous. Tremblez bourreaux et bourrèles, jusque dans vos tombes. Depuis le fond des âges.
    Alors pourquoi maintenant ?
    L'effet introspectif du confinement et son cortège de dépressions et/ou résolutions y sont sans doute propices. L'apologie de la suspicion d'être infecté comme on est incesté, dans et par la cellule familiale qui n'a jamais aussi bien porté son nom qu'en ces prisons de temps longs, embastillés à demeure. À deux meurent. Chercher le R0 des incesteurs, dénoncer les clusters et les pedo-fêtes de Noël des voisins, bien sous tout rapport par ailleurs. 
    Au-delà de cette longue séance de canapé, il m'est venu à l'esprit que silence et soumission étaient le couple parental vicieux dont l'épidémique fléau dessinait le profil. Et que nos présidents, pères des nations tenues entre leurs mains et leurs lois, exigeaient de nous obéissance sans faille et mutisme contraint. Sous peine de sanctions immédiates : privations et mise en danger de toutes nos familles. Si tu parles, je te tue. Ça va tuer ta mère/ ton père. Si tu te plains on te dira fou ou menteur. Manipulateur.
    Alors, peut-être que, tous enfants du monde que nous sommes, sous l'effet de cette excessive pression il a fallu ouvrir le couvercle et que, de façon inattendue, ce n'est pas une rébellion contre un virus ou un gouvernement, dont le temps passera, qui s'exprime, mais enfin, enfin, la dénonciation d'un mal qui sévit au cœur de nos arbres-maisons, racines pourries, branches fragiles et feuilles tachées. 
    L'inceste tu, tue psychologiquement un enfant sur dix. Sept cent millions de personnes actuellement bâillonnées, maltraitées, torturées-violées, chaque jour. 
    Et que fait-on ? Rien. 
    C'en est presque à se demander si ce crime profite à quelqu'un pour être à ce point protégé. 
    Pas de vaccin pour les pedocriminels ?
    Les pilules pour dormir, sourire, survivre ça sera bien non ?
    Qu'est-ce qu'il y a petit t'es pas d'accord ? Tu veux que je t'en colle une ? Et puis arrête de chialer t'es moche quand tu chiales. Je te payerai un truc, qu'est-ce qui te ferait plaisir ? Ça sera notre secret. 
    Chut, remets ton masque ou étouffe-toi dans tes draps sales.

    Aujourd'hui le hashtag à la une est déjà différent et le couvercle va retomber, ils vont pouvoir bourreler tranquillement faisant fi des hurlements silencieux des enfants.

    Alors, il ne tient qu'à nous, les autres, ni agresseurs, ni agressés, de prendre conscience de l'ampleur du crime et de ses conséquences et, sans stigmatiser les victimes, les prendre en compte, les accompagner, les soigner. A ceux qui pensent "ce n'est même pas elle" au sujet de Camille Kouchner ou moi-même, posant ainsi un verrou de légitimité sur le témoignage et du même coup un acte de silenciation imposée, je répondrai qu'il est de la responsabilité voire du devoir de chacun de se sentir concerné, sans déposséder les personnes incestées de leur histoire, et d'agir. En s'informant, en étant vigilant, en regardant la bête droit dans les yeux pour lui couper les élans malveillants. Car non, le remède, à savoir la levée du secret, ce père de l'impunité, n'est pas pire que le mal. Elle est sans aucun doute extrêmement difficile et douloureuse mais le déni et le secret sont toujours pires et leurs conséquences sont délétères et durables.

    Et, par dessus tout, il nous faut prévenir, par l'éducation et la culture du respect de l'autre, par l'apprentissage de la bienveillance et de l'intérêt général.
    Faisons notre part, ne laissons pas retomber le couvercle. 
     

  • L’évidence invisible par Pascal Croce

    J’ai rencontré Pascal lors d’un salon du handicap, sorte de foire expo ou on peut découvrir des innovations techniques, toutes sortes, des services mais ça vous le savez bien pour m’avoir suivi dans mes pérégrinations d’antan :)

    Certains de ces salons agrémentaient leurs programmes de démonstrations de sport et autres activités. 

    Pascal, lui, faisait danser des personnes à des divers degrés de validité. Mon cœur de danseuse en avait été tout retourné. Puis nous nous sommes croisés plusieurs fois par an au cours de ma vie professionnelle. Pascal avait toujours un mot gentil. Je l’ai ensuite retrouvé sur Facebook, suivant les tournées de sa troupe.

    Il y a quelques mois Pascal nous a fait la surprise de publier un livre. Décidément quel homme !

    L’évidence invisible. 

    C’est l’histoire d’une bromance (amitié entre hommes, contraction de brothers et romance, brother dans son sens fraternel, je vous assure être une maman LGBTQ+ ça enrichit le vocabulaire :D ), qui se révèle être .... ah ah vous ne croyez pas  que je vais tout vous dire hein :D

    Je vous ouvre mon cœur en partageant avec vous le message que j’ai envoyé à Pascal quelques minutes après avoir fini de le lire : Bonjour Pascal, je viens de finir ton magnifique livre et je suis extrêmement émue touchée conquise ! Ancienne danseuse avant la maladie, maman d'une jeune fille lesbienne et d'un fils trans gay dont le parrain est un ami d'enfance chorégraphe ancien voisin et partenaire de danse, j'avais de quoi me plonger corps et âme dans ton récit si finement ciselé et baigné d'amour ! Mille fois bravo Pascal !! Pour un peu que tu sois là je me mettrai debout pour te serrer fort dans mes bras. Merci du fond du cœur j'espère que pour le décrire aussi bien tu ... » (idem je ne vais quand même pas tout vous dire) ! Et mon avis de lecture sur Librinova : « Un magnifique roman ! Une histoire racontée comme au coin du feu, un thé à la main et l’âme dans les étoiles. Sensible, ciselé et rond-de-jambement bien mené ! Dans le monde de Cédric et Nathanaël le tempo est original, originel ! Le « tourné de page » est tel qu’il ne vous tombera des mains qu’une fois consommé jusqu’à la lie, le cœur tout chamboulé mais revigoré ! Un livre tendre et puissant à la fois. Bravo Monsieur Croce. »

    Décidément mes amis ont du talent :D

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    https://www.librinova.com/librairie/pascal-croce/l-evidence-invisible?

  • La traversée

    Il est assez commun de dire que ce qui compte c'est le chemin lui même. Le simple fait de se mouvoir, de changer d'espace et de temps est un facteur de mutation. Ce delta aussi infime soit-il, qui sépare un point A d'un point B, tout chargé de son lot de surprises et de déceptions, parce que, oui, vous avez projeté mille attentes, vous transforme radicalement, j'oserais même dire vectoriellement. La grande homothétie trans-personnelle, que le chemin fasse 500 mètres ou 5000 miles nautiques.

    Seulement voilà, de nos jours (ok là ça prend des allures de "c'était mieux avant" mais attendez avant de conclure à ma place :D) de nos jours donc, il nous est possible de changer d'espace en un clignement de paupière et un clic de souris, et c'est bien là que le bât blesse. Nos corps de matière ne sauraient assimiler le changement sans le facteur temps et sans la totalité des informations que vous auriez glaner par tous les pores de votre peau.

    Regarder les skippers du Vendée Globe passer des caps, ne fait pas de vous des navigateurs.

    Or c'est bien l'exercice qui nous est collectivement demandé aujourd'hui. Sauver notre écosystème en étant uniquement bombardé d'images de lieux lointains voire de temps futurs. Seulement voilà quand ça sera ici et maintenant, pour chacun, il sera tellement trop tard. L'idée est donc de transposer ces ailleurs/plus tard à l'échelle humaine et présente, dans votre maison-monde, dans votre corps, pour mieux mesurer et assimiler les enjeux.

    Prenez conscience de chaque inspiration irriguant vos cellules, chaque déploiement d'un muscle qui vous meut ou vous émeut. Vos veines et vos artères comme autant de fleuves et de rivières. Vos mains seront-elles de caresses, de force ou de violence ? Votre colonne érigera t'elle votre cathédrale toujours plus haut, plus fière ? Votre regard portera t'il vers des horizons radieux où se figera t'il sur cette pierre qui blesse vos pieds ? Que mettrez vous dans votre bouche ? De la nature verdoyante ou des produits chimiques ? Votre travail ou celui d'un autre ? Des mots d'amour ou des projectiles ? Prenez conscience que chaque molécule qui entre dans votre construction préside du devenir de votre corps maison monde. Et chaque pensée, chaque choix préside de votre santé émotionnelle.

    Vous avez vu s'effondrer la banquise mais vous n'avez pas senti trembler la terre sous vous pieds, ni entendu le fracas de milliers de tonne de glace qui s'écroulent dans la mer ? Alors imaginez qu'une partie de votre corps sensée être solide se mette à fondre et s'effriter ? Vous avez vu des mines géantes à ciel ouvert mais vous n'avez pas entendu les explosifs fracturer les roches millénaires ? Imaginez la curette prélevant votre épiderme, votre chair jusqu'à vos os. Pensez-vous que cet escarre volontaire puisse vous faire un quelconque bien ?

    Pour que le message virtuel soit plus que vu, pour qu'il atteigne son but qui est de vous faire changer, vous devez faire l'effort d'être plus qu'un voyeur, vous devez traduire ce que vous voyez en métaphores corporelles. On ne voit bien qu'avec le cœur.

    J'ai eu l'occasion, je devrais dire la chance, de participer de mon salon feutré à la première transat de mon amie Michèle et son compagnon Manu à bord de Martin le bateau poisson clown !

    C'est quelque chose une transat ! Il faut développer de grandes qualités et de nombreux savoir-faire pour traverser un océan. Il faut oser et être prudent, savoir accepter les impondérables et s'adapter, être patient, prendre en compte des facteurs sur lesquels vous n'avez aucun contrôle et d'autres qui ne dépendent que de vous. Vous devez savoir calculer et conjuguer, idéal pour une maîtresse d'école ou une maîtresse de sagesse.

    J'ai été le témoin privilégié de leur périple, de journaux de bord en quarts rêveurs, semant des petites étoiles gps sur la carte en une trajectoire parfaite d'une côte à l'autre.

    Michèle a opéré une double traversée puisqu'elle a vogué vers son lieu de travail, travail passionnant dont elle est désormais en retraite.

    Le présent d'une traversée c'est aller vers un ailleurs mais surtout vers un après.

    Pourquoi le marin est-il philosophe ? Parce que le mouvement c'est la vie et que sur l'eau, à l'instar du temps, il ne s'arrête jamais.

     

    Voyagez mes amis, sur les eaux ou dans les tornades de vos pensées. Au cœur de vos maisons mondes. Et prenez soin de Vous.

    http://www.manu-autourdumonde.com/

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    Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem Veram Medicinam : « Vous visiterez les intérieurs de la terre en rectifiant, vous trouverez la pierre cachée, vraie médecine »

     

    Et qu'y a-t-il entre les terres sinon les mers ? Entre l'éther, les mères. Ma Terre née. Éternelle