25/04/2013
Du droit d'être malade à la liberté de l'être ...
Préambule : Je voudrais pouvoir vous dire que cette note est au second degré. Tel n'est pas le cas. Depuis plusieurs mois j'ai usé ma patience pour maîtriser des douleurs qui, sans être mortelles, grignotent les quelques parcelles de liberté qui me restent. Cette note risque de vous paraître sombre, peut-être même inquiétante. Apaisez vos craintes, je ne suis pas en danger (pour autant que je le sache !) je traverse (je continue à traverser) une période complexe, difficile et riche, mais je traverse, certaines paroles dépassent mes pensées ...
La douleur a usé ma chair, ma peau si fine ne contiendra plus longtemps les éléments déchaînés qu’elle recouvre à peine désormais.
L’esprit s’apaise au cœur de ce tumulte électrique, les seuils jamais franchis se dépassent, accélérant le rythme des spirales.
La douleur m’enivre et m’épuise, affine tous mes verbes, m’emmène au fond du fond, au cœur même de ma vérité.
J’ai envie de douceur et de poésie, de rendre la vie tant que je suis fière de moi, de symphonies et de lilas.
Ici, là-bas, ailleurs. Je vous aime même si vous ne le voulez pas. Et si ce que je suis vous trouble, ne vous y trompez pas, la réponse est en chacun.
Passez mon chemin si ça vous chante, je tire ma révérence.
Le front au sol. Libre. Enfin libre. Victorieuse. Joyeuse.
J’ai rendu compte du mieux possible des possibles.
La douleur s’est infiltrée dans toutes mes failles, elle a rompu tous les barrages.
J’ai apprivoisé tous les doux leurres insinués sous mes ongles, lavé mon cœur de toutes les colères dans mes larmes intérieures.
Maintenant mon habit est usé, je vais nus pieds sur les charbons ardents.
Puisse, mon sourire, être mon présent.
23:44 Écrit par JustmarieD dans Au-delà du possible | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note |
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09/04/2013
Humble prière d’une athée à l’usage de ceux qui savent
Une vie vraie,
Essence subtile, source de toutes vies.
Sois ma joie
D’être vivant parmi Le Vivant
Dans l’amour et la grâce.
Aujourd’hui et toujours.
Une vie vraie,
Dans l’ombre d’un doute
Trouver la lumière
Au fond du pire mal
Chercher le meilleur
Ici, là et entre Tout.
Une vie vraie
Pour apprendre le langage des justes,
La volonté des sages et la vision pure.
Accompagne du plus bas, mon infinie ascension.
A mes pieds blessés, front ployé.
Douleurs et sucs, dans ton silence, mêlés.
Pour que toujours je chemine et puis,
Que je me meurs guérie.
Une première fois.
Marie Decker
Avril 2013
09:27 Écrit par JustmarieD dans Au-delà du possible, Et si une fable, Réflexions | Tags : prière, athée, chemin | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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22/03/2013
Hurler
Pour que la chair se taise enfin. Après un temps de repli, d'auto-réconfort, de répit, de réparation, j'ai voulu retourner vers le monde, en janvier j'ai pris la présidence d'une association de personnes handicapées, l'association fondée par ma chère Marie-José puis présidée par un tiers après le décès de Ma-Jo.
Ce projet semblait coller parfaitement à mes aspirations : m'investir encore dans le milieu du handicap, gérer mon temps et mon énergie, être sur le terrain et rencontrer des personnes en chair et en os, me sentir utile pour ma communauté.
Ah oui, mais ça c'était sans compter sur les bâtons.
Les bâtons vous savez, ceux qu'on nous met dans les roues dès qu'on veut bouger le petit doigt. Dans mon cas l'image prend tout son sens non ?
Je cite dans le désordre l'inaccessibilité des transports, des lieux, des gens, les cons, je me trompe où une grave épidémie sévit ces dermiers mois ? L'exclusion sous forme de "dans votre cas ça ne vaut pas le coup" (de soigner votre hanche, vos dents, de mettre des formes pour vous parler, de vous placer au théâtre là où vous allez voir plus d'un quart de la scène)
Wahou !! En quelques semaines de retour parmi les "valides du dehors" j'ai une grosse envie de hurler STOP !
J'en ai assez. Des incompétences et des mauvaises volontés cachées sous les formulaires.
J'en ai assez, par exemple, des prestataires de service à la personne qui se la jouent "Nous, notre label, nos formations" à l'image d'Handéo .
Qu'ils viennent chez moi me poser des questions autres que la stupide étude de satisfaction qu'on nous soumet et qu'on nous ressort sous forme de statistiques en bas de facture : 60 % des pigeons assistés baillonnés bénéficiaires se disent satisfaits du service rendu. Et les 40 % d'insatisfaits ?
Vous savez ce que ça veut dire "insatisfait" quand on parle d'aide humaine ?
Je vais vous le dire moi, ça veut dire être mal traitée, rabaissée, infantilisée, négligée, abusée, mal à l'aise, mal fagottée, mal lavée, mal nourrie, mal entendue et d'autres mots tellement plus puissants que 60 % de satisfaits.
Et pendant que certains se targent d'être des spécialistes, d'autres souffrent en silence de ce qui, je le prédis, est le scandale humain à venir.
Les prestataires de service à la personne exploitent des misères, celles de la dépendance corrompue, je parle bien ici de vieillesse et de handicap, pas de ceux qui s'offrent des services comme en d'autres temps qui son majordome ou sa bonne. Je parle de l'obligation, pour survivre, de faire appel à un tiers.
Le marché de la dépendance, l'or blanc, il suffit d'une pyramide des âges pour faire saliver un consultant de chez Ernst & Young. Mais aujourd'hui la dépendance n'est rentable qu'à un seul prix : celui de la médiocrité, du nivellement par le bas des compétences et de la notion de service rendu. Le prix de l'exploitation de la misère de celles qui font ce métier, femmes seules ou élevant seules leurs enfants, femmes sans formation donc sans emploi qualifié, femme ayant arrêté de travailler pour élever leurs enfants et qui reviennent vers l'emploi par la porte de service. Non le monde n'est pas celui des bisounours qui font ça parce qu'ils ont la vocation, réveillez-vous ! Arrêtez de nous imprimer sur papier glacé des plaquettes vantant les diplômes des auxiliaires, vos engagements de remplacement dans les 2 heures en cas d'absence, vos engagements de disponibilité des cadres dirigeant. Car ces engagements ne sont que blabla marketteux et dégoulinants d'intentions que vous n'avez pas. Aujourd'hui un seul mot d'ordre "faire du fric".
Bien sûr que certains parviennent à conjuguer qualité et activité économique équilibrée, mais combien sont-ils ?
J'en ai assez aussi des médecins qui ne savent plus soigner et des podo-orthésistes qui trouvent ça dur de faire des chaussures.
Assez, assez, assez !
Alors j'ai pris la parole. Je me suis exprimée comme jamais jusque là.
Ah, ça en a surpris quelques-uns et ce n'est pas fini je vous le garantis.
Et je sens bien qu'il est un sujet actuel sur lequel je pourrais donner mon avis, lié d'une certaine manière à l'aide humaine : l'assistance sexuelle.
C'est à mon sens un sujet d'une telle complexité qu'un petit article ne pourra donner qu'un minuscule aperçu de ma pensée.
Réducteur. Est un de premiers mots qui me vient en tête à la lecture des articles qui pululent sur le sujet. Oups première métaphore peu glorieuse, tant pis je laisse mes mots couler.
Où il est question de droit. Légiférer l'acte d'amour. Voilà le défi lancé par ceux qui réclament à corps et à cris le droit à une assistance sexuelle. Cadrer, borner, limiter, la transcendance sexuelle.
Non ce n'est pas de ça dont nous parlons ? Vraiment ? Nous parlons de quoi alors, d'assouvir un besoin comme on vide un trop plein de yang d'urine dans la vessie aussi jouissif que cela puisse être quand vous attendez l'auxiliaire depuis quelques heures ...
J'ai connu 20 ans de symphonies, l'imbrication parfaite des corps qui se connaissent par coeur, la composition harmonique des souffles, chaque jour réinventée même si répétée des milliers de fois par deux artistes musiciens de l'orchestre matrimonial, à l'hôtel des amours profondes.
Faire appel à un assistant sexuel me donnerait l'impression de prendre une leçon de solfège, d'annoner les notes de la lettre à Elise quand j'ai dialogué si souvent avec le chant de l'univers.
Et c'est bien cela qu'on envisage de proposer non ? Un temps de soulagement du bout du gant aseptisé ?
Et l'extase ? Pourrons-nous jamais légiférer l'extase ? Grand Dieu non !
Je pense que le débat en mélangeant les sujets a desservi la cause. On ne peut parler d'assistance sexuelle, pas plus qu'on ne devrait parler de handicap ou de blondes à forte poitrine.
Il est à mon sens question de liberté. Liberté de demander, liberté de proposer. Il ne s'agit pas d'obtenir un droit mais de renoncer à des interdits. Comme dans l'acte d'amour, quand la caresse invite et que le mental s'abandonne au plaisir. An nom de quoi interdirions-nous à une personne, qui le souhaite, d'offrir de son temps et de sa personne ? Au nom de quoi priverions-nous une personne, qui en exprime l'envie, de recevoir la communion des corps ?
Mais en fait qui a dit que c'était interdit ? Il me semble que de nos jours bien libres sont ceux qui souhaitent se coucher dans le même lit ou sur la banquette arrière non ? ne partagent-ils pas en plus de quelques fluides magiques, leurs numéros de téléphones, un dîner au restaurant, une chambre d'hôtel, un loyer, un compte en banque ? Ne serions-nous pas tous des assistants sexuels à nos heures ?
Vision réductrice n'est-ce pas sous ses allures trompeuses de grandeur d'esprit.
Le commerce. C'est là que le bât blesse. le commerce ce tentateur. Celui qui donnerait le pouvoir d'acheter et de vendre des temps de corps. Celui-là même qui conduit les esclaves auxiliaires chez des bénéficiaires contraints, sous le joug et le fouet du dieu business. Et voilà que Légifer est de retour avec son cortége de conditions contractuelles. Bienvenue aux enfers quand vous vouliez le paradis.
Il ne s'agit pas d'autoriser, sous prétexte de détenir l'utopique pouvoir d'interdire, mais de protéger dans la conscience du couple fragilité/responsabilité. Sacrifier le débat sur l'autel de la prostitution c'est condamner des milliers de personnes à la souffrance du manque, aux risques de la prise de pouvoir, de l'incompétence, de la manipulation mentale. La sentence est la privation de liberté, chef d'accusation la dépendance. Puisque tu n'es pas libre de tes mouvements tu es condamné à la cage aux lions. Allez bonne chance l'ami !
A mon sens le sujet du débat manque de clarté : de qui parle t'on ? Qui seraient les bénéficiaires ? Je me suis beaucoup posé cette question. Mon avis est, en priorité, ceux qui le souhaitent ET qui n'ont pas accés à la masturbation directe, c'est à dire sans objet intermédiaire. Ce contact corps à corps qui me paraît irremplaçable. A mon sens celà ramène la responsabilité collective de protection et d'accompagnement à un nombre de personnes et de situations plus facile à définir et certainement plus en corrélation avec l'offre d'accompagnement actuelle ! Répondons déjà à cette urgence, ensuite le reste viendra !
Quant au contenu des sessions ... libérons, libérons ... y mettre du coeur, de l'esprit, des phantasmes et des sentiments ? Qui celà devrait-il regarder ? Quitte à donner, autant offrir Saint Saëns plutôt que Sinclair non ?
13:46 Écrit par JustmarieD dans Au-delà du possible, Citoyenneté – Politique, Infiniment femme, Moi, mon corps et Moi, Réflexions, Vie affective et sexuelle | Tags : assistance, sexuelle, handicap | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |
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