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  • Rossignol émoi

     

    C’est dans le souffle du violon que j’entends le rossignol et que, si je ne sais voler, j’aime à les écouter, les accents plaintifs et mélodieux de leurs chants, épousant la douloureuse harmonie de mon âme émerveillée par la mélancolique splendeur. Naître à l’aube du déclin, mourir le jour des renaissances, porter en soi le Tout et les néants, être le parfum du chèvrefeuille plus que ses branches, survivance subtile n’existant que par la terre, le soleil et le vent, imperceptible à ceux qui ne savent faire silence, là, entre deux. Méritons-nous les merveilles et la cruauté de nos destins, faut-il essayer d’être des mouches pour enfin ressentir l’éternité ? Enantiodromie dantesque de l’être s’il ne conjugue le rien avec le toujours, la douleur et la musique, les larmes des fleurs et les aurores du printemps. Simplement grandiose.

    Ne plus avoir aucun avis, mourir à tous les choix, s’offrir à toutes les fins, grandir à chaque perte, s’attacher au vide et, dans un rire, s’élancer dans la diable danse.

    Diantre, terrible vie, vois comme je t’aime !

  • Les seins de mère nature

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    Dans ce calme matin un vrombissement aussi puissant que soudain me fait lever les yeux. L'air vibre !

    Premier réflexe : fuir ! Et mettre à l'abri animaux et enfants ! C'est que je n'y connais rien en abeilles, la première image de ma mythologie et celle de nos pauvres héros de dessin animé, poursuivi par un nuage compact d'insectes furieux, contraint de plonger dans la mare et de respirer à l'aide d'une paille !

    Passé ce moment fugace d'un comique bien que légitime protectionnisme, nous voilà à l'affût dans notre grotte, observant fascinées l'envahisseur ailé. Les voisins alertés j'en appelle au vieux sage, l'happy-culteur zélé sous sa cape comme en cage. Il me dit aucun risque, les voilà en voyage, installées que nenni, tout juste une halte, un répit, un ombrage, pour se charger en miel pour mieux gagner le ciel.

    Nous voilà rassurées, voire même piquées, de saine curiosité devant ces réfugiées ne voulant territoire, à peine quelques vivres pour poursuivre migration. Pour un peu nous serions par là même flattées, ayant su préserver, cultiver, lieu propice à l'accueil d'une nature si libre puisque sauvage.

    Ayant par le passé et pas plus tard qu'hier, communié avec le coeur de la grande forêt, tutoyé les géants et dansé dans le vent, comment ne pas y voir un signe ?

    Merveille des abeilles aux destins reliés, elles qui sont des milliers ne formant qu'un seul corps. Social ou solaire, de la même manière, ne voyant dans la reine qu'une mère à aimer, toutes soeurs solidaires en un essaim formées.

    Richesse de la nature que nous sommes si, élèves assidus nous apprenons l'ensemble plutôt qu'individus. A la ruche pas de chef, ni têtu, ni belliqueux, un partage des tâches dont toutes bénéficient, l'intérêt général comme but désarmé, désarmant. Sponte favos oegre spicula, "Volontiers son miel, à regret son dard", en toute simplicité.

    Une fois l'été venu, le nectar divin, fruit des mille fleurs d'un printemps généreux, l'aurons-nous mérité ? Aurons-nous fait notre part de labeur ? Aurons-nous construit de solides alvéoles pour abriter couvain et nourrit chaque soeur pour qu'elle prenne son envol ?

    Savons-nous relier et la terre et le ciel et le corps et l'esprit ? Nous savons-nous essaim ? 

    Si vous ne voulez pas par une paille respirer sous une mare de peur, accueillez réfugiés, ouvrez grand votre coeur !

    Partagez fleurs et savoirs, contemplez la nature, elle prodigue tous les soins et enseignements sains et donne à nos poumons plus grandes alvéoles.

    Au prochain vrombissement de grâce ne fuyez pas ! Faites une courte pause et appel au charnel, rejetez les vieux airs et pleinement inspirez, car essaim au jardin relie coeur et divin !

  • Sagesse de feuille morte

    Jardin noyé de pluie. L'automne a mené avec lui l'eau du ciel, salvatrice. Un automne doux, de renaissances.

    Enfin abreuvée la nature gorgée s'est offert un nouveau printemps, un supplément d'âme pour montrer que la vie est, patiente, tapie sous les sèches. Un éclat de verdure avant le grand sommeil.

    Là, dressée sur la nappe d'herbe crue, l'or élancé du prunier sauvage. Flamme éclatante d'un cycle qui touche au but. Or jaune d'un été glorieux, branches tendues au ciel d'azur.

    Et l'ondée s'est faite rage, puis déluge. Tonitruante Durance, mistral fougueux. L'été est mort dans la violence d'un sombre ciel au regard de cendres.

    Là, sur le tendre tapis, gisent les larmes dorées du vieux prunier.

    Vient l'ultime étape, éteindre un à un les soleils qui étoilent le jardin, pour les rendre à la terre.

    Pourrir, noblement, nourrir les futurs. Car c'est ainsi que vivent les hommes. Nature.

    Que naîtra-t-il de la rudesse ?

    Crachins, gelures, calamiteuses plaies viendront tourmenter l'hivernale nuit et quand les corbeaux, la sorcière et les êtres méchants, tous gonflés de nos peurs, s'arrogeront le printemps, il nous aura fallu du sauvagement doux et de longues veillées pour conter aux enfants la sagesse des pruniers.

    Aux armes citoyens et qu'elles soient de parole, d'actes clairs, coeurs purs, têtes hautes, vaillamment.

    Aimez-vous comme de l'or, vous qui n'êtes que des fruits, destinés à pourrir en regardant le ciel.

    Dans tous nos jardins les vieux pruniers sauvages, de la nature et des hommes sont souvent les plus sages.

    Pour qui vous pensez-vous qui prenez la parole, vous disant haut et fort maîtres des paraboles.

    Avez-vous seulement lu le livre des jardins car si vous l'aviez fait vous sauriez-vous nains, bienheureux sans le sou, aussi puissants que poux.

    Vous pensez écrire l'histoire, prétentieux humains, bruyants épouvantails qui ne verront demain. Votre langue est funeste, la pitrerie grotesque. Tout juste parviendrez-vous à dorer vos blasons mais n'égalerez jamais feuilles mortes au gazon.

    Taisez-vous donc alors et laissez la parole, à quelques feuilles d'or qui en savent plus encore.

  • Les Printemps de l'Yggdrasil

    Après avoir cherché un éditeur traditionnel j'ai finalement décidé de mener cet événement fondateur de A à Z, de l'alpha à l'oméga ;-)

    J'ai donc publié Les Printemps de l'Yggdrasil sous ma propre édition "Editions du brouillard levant".

    Le livre est maintenant en vente sur le site Lulu.com

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    C'est une immense joie pour moi et le résultat de nombreuses heures d'un investissement très personnel.

    Puisse t'il être mon porte-parole !

    Pour aller sur le site de vente du livre, cliquez sur l'image ou ICI

    Vous pouvez laisser votre avis ICI

  • Seule à voix basse

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    Avec ma solitude j'irai par les chemins qui mènent à la Durance, troquer la résistance en langueur nostalgique, l'effriter aux galets qui roulent dans le courant. Enchanter ma peine dans le souffle du vent, les larmes perlées émues du chèvrefeuille, d'un éclat de coeur, d'un rire d'oiseau. Si longue que danse la route, à s'en faire exploser les poumons aux parfums épais d'un printemps solaire.

    Seule, seule, seule, seule, avec ma solitude, au milieu de ce paradis peuplé de petits frères des cimes, sous le regard du rapace tournoyant, majestueux. Il n'est de pierre au chemin des ombres et des oiseaux. Filer grand train, décoller, s'envoler, survoler, rêver de long voyage. Aller jusqu'à l'eau vive, noyer l'ombre née des gouffres, puiser l'essence lumineuse des pensées sans mot. Pardonner. Essayer au moins. Un détail, une écorchure. Essayer au corps. Mesurer les arpents de rochers et de glace, et les printemps, et la cadence soudain joyeuse d'un coeur vivant.

    Au retour libéré, siffler un air ami, inondé de joie et de couchant. Rentrer à la maison. 

     

     

  • Souffles clés !


    Orchestrons-nous, me revoilà dotée des baguettes, chef d'un orchestre symphonique qui fait mon émerveillement, mille accents, milles couleurs, incroyables rythmes, c'est comme plonger en apnée dans un torrent qui cascade en éclats de rochers éclaboussés des scintillances d'une eau de joie pure et incroyablement vivante !

    Rires ! Joyeuse Joie ! Energie !

    Et tant pis pour les jaloux. Toujours, il y en aura toujours pour dénigrer, juger, pâlir, ternir, renâcler, fustiger, peu m'importe !

    Entendez-vous le son de mes talons qui caracolent cette route nouvelle ?

    Voyez-vous cet éclat de malice au coin de mes yeux qui papillonnent d'une saine fatigue ?

    Vous régalerez-vous du sourire qui mange mon visage ?

    Dimanche tout fou d'un mistral qui fait danser le saule et rebondit dans les éclats des rideaux blancs qui cherchent à s'envoler. Hier les rossignols ont chanté emplissant ma nuit de lumière.

    Rossignol, rossignol toi qui est la clé des souffles qui chantent, la musique pure des transcendances, porte mon message par delà la plaine,

    J'aime la Vie, Dieu, ce que tu es belle !

     

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  • Nouvelle année

    Je vous souhaite à tous une bonne année nouvelle, que les graines choisies germent solidement et que fleurissent vos temps à venir !

     

    Je vous embrasse très fort, je ne sais pas pour vous mais 2014 je trouve que ça sonne bien !

     

    Un petit recap en vidéo pour mes Fantastics et moi, quelle année mais quelle année :)

     


     

  • Six cent notes

     

    Six cent pages dans ce cahier, vertigineux colimaçon de mots en palier, reliés en cordon tressé vers l'ombilicale chaleur. Précieux phare du veilleur, fenêtre sur âme en ligne, repêche-moi ici, ailleurs. Six cent notes se balancent dans mon carnet. Funambule noctambule, écrire à la craie sur la voûte céleste, suspendue à un fil, pourvu qu'il soit de vie ou de lune. Rire, pleurer, jouer, aimer, écrire encore. Conjugaisons harmoniques aux cartes de mon ciel, grimoire de l'invisible à portée de vue, à mille lieux des lilas respirer leur chant et dire la prose comme une clé d'émoi. Du fond de moi à toi, aux étoiles, en pirouettes de couleurs, en blanches nuits, en cris de silence, larmes en papier, rires en paillettes, danse des bonheurs, verbiage incessant des douleurs. Clavier à nez de clown pour papyrus bavard et partageur.

    Et si la six centième ici se dit c'est que celui qui lit, relie à lui autant qu'à elle, celle qui, ce soir pour ceux-ci, scintille ces six si justes mots : VOUS ICI, SIX CENT MILLE MERCI !

  • En ordre de marche

     

    C'est cette vibration vive. La pulsation rythmique du coeur accordée au presto de cet estate qui ne cédera sa place à la rousse saison qu'après une chamanique danse.

    C'est la cadence des jours piquants comme les bogues qui explosent en promesses de géants. Alignement des ondes sur les portées de nos vies pour écrire symphonies fantastiques et abyssales folies. Torrents tumultueux et sauvages des métamorphoses.

    Mise à nue de la faiblesse qui ouvre grand les barrages devant les gouffres infinis des possibles. Canaliser la puissance. Et les nuits inondées de lumière brûlent l'ombre la plus dense. Point de recul.

    Étendard charnel dressé aux centres des tourbillons, propulsion communicative pourvu que le coeur tienne. Emboîtements précis des éléments, trinités enchaînées au vertige des âmes en ordre de marche.

    Et puisque nous y sommes, écoute les tambours des révolutions.      

  • Libre. Et Debout


     

    Debout. Les bras légèrement levés, paumes et visage tournés vers le ciel. Je pivote lentement sur moi-même. Encore et encore.

    Lente spirale dont je suis le centre. Là où tout semble immobile. J'observe l'agitation extérieure. Je regarde s'éloigner les menaces, les insultes, les ordres contraires, les sarcasmes. J'ai lâché les entraves une à une. Lâché les images plaquées sur cette autre que certains ne veulent pas connaître. Doux renoncement qui m'apaise et allume à mes yeux un sourire de joie. Je goûte avec délectation l'impermanence de ces instants de merveille. Reliée à l'essentiel par un fil de lumière, être là, simplement. Libre.

     

    Ce soir je chanterai pour les enfants et la semaine prochaine je lirai deux textes pour la nuit du conte. En juillet nous irons à la mer une semaine et à la fin du mois d'août nous goûterons les embruns de l'océan. Peut-être.

    Je ne peux plus conduire. Les fantastics passeront leur permis l'an prochain et nous achèterons une voiture adaptée pour le transport.

    Je continue sur la voie de la méditation et du shiatsu.

    Je ne prends plus d'antalgiques.

    Je suis.

    Libre. Et debout.