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Poule à facettes

Parce que Pascal l'a joué midinette en disant que je participais au blogiblues ambiant, je lui ai fait une V2 de la note précédente. ATTENTION AMES SENSIBLES S'ABSTENIR, DEPRIMES ET SUICIDAIRES ELOIGNEZ-VOUS DU POSTE !!!

 

Pour ceux qui me connaissent : je vais TRES BIEN et demain je vous fais la version COMIQUE !!!! 

Dimanche matin après quelques heures d'un mauvais sommeil je suis réveillée par la lumière blanche qui transperce par les fentes des vieux volets, une violente migraine me fend le crâne ! Il me faut regagner le fauteuil qui m'accompagne depuis deux décennies déjà, j'ai mal partout, je ne peux même pas me hisser seule sur ce foutu chariot, si au moins on nous donnait les moyens de vivre dans des conditions décentes : aménager son logement, au moins ses toilettes, au lieu de ça c'est la famille qui assume comme elle peut, mon mari grogne et se tourne vers moi, d'un regard las il comprend que la douleur me tire du lit qui a été conjugal, il me porte facilement (mais pour combien de temps encore) sur mon fauteuil et retourne se coucher. Seule j'allume mon ordi et erre dans ma prison virtuelle, rêvant de voyage, d'amis proches, de liberté. Bernard émerge en début d'aprés-midi, les mois passés ont été épuisants, son travail ne lui laisse que quelques heures de sommeil par nuit. Mes parents ayant refusé de venir garder nos quatre filles chez nous, nous avons dû nous séparer d'elles pour trois longues semaines alors il profite du rare silence de la maison pour récupérer un peu. Ses journées sont tellement chargées qu'il n'a plus le temps de s'occuper de la maison, les fuites d'eau du printemps ont laissé la cuisine dans un bien triste état et le papier-peint de la salle de bains se décolle misérablement, je ne me plains pas le pauvre assume déjà tellement. Aprés un maigre repas fait d'un café et de tartines d'un pain presque rassis nous partons vers les collines, les virages de la combe finissent de me cisailler les lombaires, serrer les dents, ne pas laisser voir que cette courte ballade est en train de se transformer en épreuve. les champs de lavande sont beaux de loin mais loin d'être beaux vus de prés, tout juste quelques malins la cultivent pour la vendre à prix d'or à des touristes nostalgiques de leurs souvenirs d'enfance, de Marcel Pagnol et ses livres à l'eau de rose. Au bout d'un chemin aux ornières aussi profondes que les roues des tracteurs Bernard descend mon fauteuil au bord des lavandes mal alignées, pas question de s'approcher ça grouille d'abeilles et d'insectes en tout genre, le temps de quelques photos pour l'album et nous rentrons dans notre maison décidement trop vide. Le soir tombe et nous chasse de la terrasse, c'est désormais l'heure des moustiques et des chauve-souris, au loin une mobylette au pot trafiqué traverse villages et hameaux, dérangeant ceux qui se préparent pour une nouvelle semaine. Demain trouver le courage d'aller travailler pour gagner ce que j'ai perdu depuis que mon allocation adulte handicapé a été supprimée.

Commentaires

  • En te lisant la question qui me vient de suite à l'esprit c'est(et je me la pose à moi même):
    Faire le clown comme je le fais est ce une fuite ?
    Oui c'est une fuite et j'assume car toi comme moi on peut se le permettre vu notre niveau de lucidité par rapport à nos cas respectifs.
    Nous ne serions pas conscients on mettrait sur notre comportement un therme médical pour statuer sur un comportement psychologique faible.
    Alors oui je préfère en rire que de me laisser aller au plus facile qui serait de se laisser glisser ,de plus il est toujours plus facile d'aborder les choses par le pessimisme que l'optimisme.
    Faites le simple test d'écouter les gens sur n'importe quel sujet et trouver ceux qui commencent par voir l'angle positif,comptez et vous verrez,c'est terrifiant le climat ambiant!
    Alors oui!Prout,pipi,caca,n'ont jamais empêché leurs auteurs d'avoir une aptitude a refléchir,comprendre ,analyser etc etc.
    Etoui je resterai dans ma connerie(j'essairai)tant pis pour ceux qui restent au premier degré(je sais marie que tu n'en fais pas partie).Amen!

  • Après les prèche de Père Pascal, je ne peux que confirmer qu'il voit mieux voir la bouteille à moitié pleine, faire le clown et dire des bêtises plutôt que de tout voir en noir... et puis on est jamais aussi bien servi que par soi même dans la dérision. Alors je dirai comme le fait Cyrano : "Je me les sers moi-même, avec assez de verve, Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve." Bisous

  • Salut à vous deux ! Non Pascal ce n'est pas une fuite : c'est un choix, et comme tu le dis ce n'est pas le plus facile ! Mais retour de boomerang il y a et à force de faire le pinson ceux qui nous entourent font parfois le choix de ne croire que ce qu'ils voient alors que le côté sombre est bel et bien là !!

    vous zembrasse fort !
    Amen !

  • Je te salue Marie.... ( en reponse a ton amen ;-) )
    Gros bisous a toi et a ton preux chevalier Bernardo.
    Je pense bien a vous
    Amicalement

  • Je croyais ma déprime saisonniaire en phase de rémission: je réalise qu'il n'en ai rien: j'ai préféré lire la version sombre tellement plus réconfortante pour moi: pour me mettre en tête que je ne suis pas la seule a galérer ou plutôt que nous ne somme pas les seuls à galérer: ses réveils pour cause de douleurs, les loustics éloignés pour 2 semaines au lieu d'1 pour lui permettre de réviser un peu tranquilement sa formation en alternance avant ses 2 seules et unique semaine de vacances de l'année, tenter d'oublier tous les menus travaux qu'il faudrait faire dans la maison mais pour lesquels nous n'avons ni le temps ni les capacités physique, oublié que sa question de cette après-midi c'est est-ce qu'il va nous accompagner à la retraite au flambeau ce soir sur des routes en pente plus ou moins douce mais en pente assurément. et si oui comment l'année dernière il nous avait juste rejoint en voiture pour le feu d'artifice mais il aimerait tant nous accompagner.
    Alors ou est ta vérité à toi Marie? Il y a la vision que tu nous offre en général pleine d'humour et de joie de vivre. Mais je ne suis pas si sur que cela soit bien utile de toujours masquer aux autres les difficultés.

  • Bonjour Cleanette,
    Il est probable que ce soit encore trop tôt pour moi pour vous confier "sereinement" les difficultés, d'abord apprendre les petits bonheurs, vouloir les voir avant tout, vous les faire partager si possible puis doucement apprivoiser les mots pour entrer dans une dénonciation calme et dure des intolérables. Tu remarqueras que lorsque j'aborde des thèmes plus personnels qui ont tendance à troubler le lectorat les réactions sont souvent le rejet et la négation, pas plus tard que ce matin mon mari m'a reproché de me plaindre ... j'ai trouvé sa remarque trés injuste car je pense que je pourrais me plaindre cent fois plus et finalement je n'ai même pas droit au sommet de l'iceberg ! alors oui le temps viendra où je saurai mettre en mots aussi ce qui ne va pas et avec suffisamment de fermeté pour qu'on m'en accorde le droit !
    Ce dimanche je l'ai vécu et j'ai fait le choix de le lire dans la première version, la deuxième version est là pour dire "c'est aussi ça".

    Vivre le handicap ne se fait pas sans concessions, larmes et regrets mais je pense qu'en donner une vision positive peut aussi redonner espoir à ceux qui l'ont perdu, redonner l'envie à ceux qui ont renoncé.

    Je te remercie pour ton message qui vient me confronter à cette fâcheuse manie que j'ai de toujours dire "oui ça va" .... un jour peut-être ...

  • Avec cette deuxième vision on peut essayer d'en composer une intermédiaire... on sera encore loin de la vérité qui de toutes façons n'est pas cernable facilement par l'écriture.
    Mais c'est une bonne idée de les juxtaposer...

  • j'ai essayé de faire une version comique mais j'aurais dû la faire en 1er, aprés c'est plus dur ... !

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