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Sous la pluie

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Difficile de "rebondir" sur la note précédente ... j'ai eu pour quelques-uns d'entre vous, en plus de commentaires un échange de vive voix, vos avis sur mes mots partagés, je suis dans ces cas là toujours un peu gênée, cherchant à minimiser la portée de mes textes, le sens profond de mes mots écrits et trop souvent tus.


Cette fois j'ai choisi de les dire parce qu'à trop les taire le risque est grand de voir l'entourage, dans un confortable aveuglement, les oublier. Je ne peux évidemment pas le dire à chaque instant et pourtant je ne dois plus le nier, je ne dois plus me le cacher, j'ai mal à chaque instant.


Je ne protège personne en cherchant à le cacher, j'ai mal, quoi de plus naturel pour une pathologie comme la mienne, comment pourrait-il en être autrement ça serait un miracle !


Pour avoir eu une conversation avec un Ami, de ces douleurs inévitables qu'en ferai-je ? Et bien de temps en temps, au gré de mes humeurs je vous en ferai des notes comme celle d'hier "Le mal au corps" car la douleur ne doit plus être un tabou, la douleur est énergie au même titre que l'amour, la tristesse ou même l'ennui. Elle est là, elles sont là et m'obligent bien souvent à une grande concentration pour détourner mon esprit de leurs feux qui me consument et aussi pour savoir offrir à ceux qui m'entourent autre chose que le visage de la douleur. Pendant longtemps j'ai utilisé fards et masques pour atteindre ce but, j'ai récolté en retour incompréhension et exigence d'un plus que je ne pouvais donner, comment aurait-il pu en être autrement ?


Aujourd'hui je sais que la douleur morale et physique a le droit de cité, que mes sourires n'en seront que plus beaux, mes réussites plus grandes, que ce soit de me lever chaque matin, de partir 5 jours à Paris ou de passer un week-end entier seule avec mes 4 filles.


C'est avant tout pour moi que je dois le faire, pour entrer dans un autre niveau de conscience, pour aller sereinement vers ce qui sera peut-être mon demain et extraire jusqu'à la lie le suc des "pouvoir encore" qui m'aideront à accepter sans regret les "ne plus pouvoir". J'aurais voulu pour cela ne plus être polluée par des sentiments comme la colère, grande consommatrice de mon énergie mentale, mais c'est un leurre, on ne peut vivre à moitié ne gardant que le sable du chemin et laissant à d'autres ornières et rochers, comme si avoir mal était un télépéage pour l'autoroute du sans-souci, un passeport qu'il suffirait de brandir pour que s'évanouissent petits et grands problèmes. Avoir mal ne donne aucun droit autre que celui d'en être conscient pour respecter le devoir de vivre en toute sincérité.


Et pour prendre ce droit il faut avant toute chose avoir confiance : en soi, avoir mal n'est pas honteux, le dire n'est pas se plaindre, avoir mal est un fait et il faut bien sûr avoir confiance en l'autre afin de lire dans ses yeux encouragements plus que compassion, sans craindre d'être rejeté.


A plusieurs reprises dans vos commentaires est revenue l'impuissance, c'est elle que je crains, par ma douleur je vous l'impose, à chacun son défi, deux formes d'acceptation qui peuvent s'unir dans un même but : choisir ensemble le chemin le moins sinueux, ensemble unir nos forces dans les montées, ensemble apprécier les descentes et taper dans les flaques pour faire rire les enfants.


Cet après-midi Vava était en mode orage et le tonnerre avait grondé quelques fois dans la journée, alors en jupette rose, débardeur et tennis sous l'anorak (en mai la météo chez nous c'est fait ce qu'il te plait et surtout n'importe quoi), coiffée d'un chapeau de cow-boy poussant avec ardeur la poussette de son bébé qui s'appelle "poupée" parce que c'est un jouet et que ce n'est pas un vrai enfant pourquoi faudrait-il lui donner un prénom (crénom de nom !!!) nous sommes parties marcher dans le vent fou. L'air lourd embaume et nous voilà caracolant sous un ciel trop chargé pour un gaulois honnête. Passer la bastide, la coopérative des melons, les vieux prés, l'ancienne fabrique, nous arrêtant à chaque coquelicot, riant des minuscules escargots qui fleurissent aux sommets des herbes sauvages quand, au détour du virage de l'écluse, s'écrase au sol une goutte si grosse qu'elle rebondit, puis une deuxième, la terre chaude soudain humide exhale mille parfums mêlés à celui de l'asphalte. Nous crions surprises et amusées de l'eau qui déjà nous dégouline dans le cou. Vite monte Vava et je me transforme en mère porteuse, ma Vava accrochée dans le dos, poupée cachée à la hâte sous l'anorak et poussette en travers des genoux, affrontant la pluie qui se déchaîne, et on chante à tue-tête "il pleut il mouille c'est la fête à la grenouille, la grenouille a fait son nid dans un coin du paradis"

Quel beau temps de pluie !

Merci pour vos commentaires sur la note d'hier, merci d'être là.


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Commentaires

  • marie
    je suis là par ma pensée pour toi car il nn'ya pas un jour ou je ne pense à toi ou je parle de toi, de la force qui est en toi mais aussi de ta fragilité de ta souffrance car je sais que tu souffres, je suis contente que tu l'exprimes, qu'enfin tu le cries; c'est bienpour ca jque je me battrais pour que tu es une salle de bain adazptée à tes besoins et tout ce qui pourrait t'aider et te faire plaisir parce que tu le vaut bien je t'adore marie bises ma belle
    nathalie

  • Dédicace pour vava et toi

    http://www.deezer.com/track/33157

    A bientôt…

  • Merci nath, je sais bien que tu ne lâcheras pas pour la salle de bain et que c'est pour mon bien !! Moi aussi je t'adore Nath.

    Marcus, mon président, i'm singing in the rain with Vava, ça ferait un chouette remake !
    Bonne nuit avec le bruit de la pluie !

  • Marie, ta note me bouleverse par sa justesse, des mots simples, sa poésie, sa réalité et la croix que tu portes au milieu de la vivacité de tes enfants,
    Ta note me touche, elle est pleine de dignité, de fragilité, d'amour et de partage.
    Mon ami connait trop bien la douleur, il est shooté avec des dérivés de morphine pour sa jambe et ce, depuis bien trop longtemps mais sans ça, il est cloué au lit.
    Amicalement
    Alix

  • On pourrait en chanter (enchanter) des jolies chansons sous la pluie :
    "escargot, larigot, montre moi tes cornes..."
    "Gentil coquelicot, mon âme, gentil coquelicot..."
    "Un soir de pluie et de brouillard..."
    Ce sont des moments comme ceux que tu as passé avec Miss Vava qui font que la vie est belle...
    Bonne fête des mamans ma Marie.
    Mille bisous.

  • Moi aussi je connais la douleur de l'autre. Evidemment elle doit être dite car sans cela quand on ne la ressent pas on a bien trop vite fait d'oublier qu'elle fait partie du quotidien d'une personne(c'est tellement plus facile) et surtout qu'elle handicap et use au moins autant que le handicap lui même.
    Bref continue à dire

  • Oui, il faut parler de ta douleur Marie car à défaut de soulager physiquement, ça soulage moralement. Et il ne faut que personne oublie la dure réalité du quotidien qui, à côté des petits moments de bonheur auxquels tu te laisses si bien aller, finit par user...
    Nous sommes là.
    Je t'embrasse et te souhaite une joyeuse fête des mamans !!!

  • Ce n'est pas à toi de nous dire "merci dêtre là !"
    C'est à nous, à moi du moins, de dire :
    " Merci Marie !
    Merci pour ce que tu es,
    Merci pour la confiance que tu mets en nous en te livrant ainsi !
    Merci pour cette force fragile que tu arbores le plus souvent,
    Merci pour cette fragilité forte que tu nous laisses aujourd'hui partager,
    Merci pour ton humour,
    Merci pour tes regards sur la vie,
    qui ouvrent mon propre regard,
    qui lui donnent une autre dimension !"

    NON !
    Dire sa souffrance n'est pas se plaindre !
    C'est seulement la reconnaître comme faisant partie de soi !
    Et si ceux à qui la souffrance est "offerte"
    ne peuvent pas eux-même la soulager,
    au moins l'avoir livrée aide à la maîtriser !

    Et ton mot d'aujourd'hui le dit bien :
    dans l'orage de la douleur,
    il y a les rires de l'enfance qui sont porteurs d'arc-en-ciel !
    il y a l'innocence de l'enfance qui oblige à se surpasser,
    il y a la folie de l'enfance qui t'amène à faire aussi de folies !

    Et que de bonheur dans cette balade aux coquelicots...
    Et que de joie partagée dans ce retour "charioporté" !!!

    Belle journée de maman à toi Tit' Marie-tendresse !

  • Toi qui aimes les coquelicots, va écouter chez mes amies ici : http://www.cybermamysstpriestenjarez.com/

  • Petit souci...
    Un de mes coms n'est pas passé...

    Je disais :
    Toi qui aimes les coquelicots, va écouter chez mes copines : ici http://www.cybermamysstpriestenjarez.com/

  • http://www.dailymotion.com/video/x5jmzf_marie-de-la-douleur-a-la-souffrance_people

  • Réaction à la vidéo de Pat :

    C'est très vrai...
    Pour comprendre les choses,
    il faut soi-même les avoir vécues...
    Pour comprendre la souffrance des autres,
    il faut l'avoir ressentie dans sa chair !

    Et trop souvent, comme le dit si bien Pat,
    voir souffrir les autres nous renvoie à notre propre peur de la souffrance !

    Mais "entendre" la souffrance de l'autre,
    c'est aussi quelque part se donner le droit "d'écouter" la nôtre,
    lui laisser, comme tu dis, "droit de cité" !

    Trop souvent (moi du moins...)
    nous faisons en sorte que notre souffrance "se taise" !
    Et depuis que j'écoute Pat nous parler simplement de la sienne,
    depuis que je te lis (toi, et d'autres...)
    Je me dis qu'il faut arrêter de minimiser...
    ne pas grossir les douleurs que nous endurons,
    mais ne pas les nier...
    Les reconnaître pour ce qu'elles sont,
    leur donner une note,
    un peu comme nous le demandent les médecins pour adapter le traitement...

    Et cependant,
    garder pour ceux qui nous aiment
    un visage où le sourire
    dit que le mal
    n'est pas le plus fort :
    C'est leur amour à eux qui prime !!!

  • Chère Marie,

    Tu sais aussi que celles et ceux qui ne hantent pas ce blog chaque jour que le soleil se lève, et qui te connaissent, et qui t'aiment profondément, te porte chaque instant dans leurs pensées et leurs actions.

    Je me surprends parfois, en jardinant et en me réjouissant d'une nouvelle éclosion, d'une belle branche bien verte, d'une floppée de senteurs et de papillons, à me dire : ça c'est avec Marie que je le fais.

    Mes jambes pour toi, mes bras, mes mains, mes narines, mes yeux. Toutes les deux, ensemble. A nous réjouir et à nous laisser aller sous le soleil si tendre de ce mois de mai.

    D'autre fois, je dessine ou je peins, j'assemble un cadeau pour une amie, pour ma maman, je fais jouer mes doigts sur les matériaux. Je fais et je défais.
    Tu es là, avec moi. Tu guides mes gestes. Tu me donnes l'exigeance et me pousse à faire plus simple, plus épuré, plus vrai.

    Je n'oublierai décidément jamais le soir où je t'ai vue apparaitre sur cette scène aux étoiles. Je n'oublierai jamais les yeux de toute une assemblée, massée là, fixés sur toi, Marie.

    Et puis, cerise sur le gâteau : tu es tellement drôle !!!!!!!!!!

    Avec mon amitié

    Cath

  • http://www.dailymotion.com/video/x5jrtj_cultivons-la-derision-marie_people

  • bonjour Marie,
    je suit ton blog depuis un moment, mais je n 'ai jamais osé parler, mais notre ami Pat m 'a un peu poussé.
    oui je connais douleur et souffrance: le départ
    volontaire de mon fils Denis il y a 17 mois...
    la souffrance physique est ma compagne
    de jour comme de nuit. alors maintenant quand
    je crierai, je n 'en peux plus, je penserai à
    toi!et au lieu de pleurer partira un sourire qui
    ira vers toi pour te donner des forces.ce sera un sourire plein de forces positives, au lieu de larmes qui enfoncent.
    merci de ce que tu as ecrit! je me permet de
    t 'embrasser, Naik

  • Marie, tu sembles être bien partie pour être une étoile dans le ciel d'un grand nombre de gens biens ! :))

    ps : Du curare dans le couscous aussi ? ;))

  • Bonjour Marie,

    On découvre ton blog et on y retrouve pleins de nos amis les plus chers, comme Pat, Danny, Naïk.

    Nous sommes bouleversés par ce que tu écris et à la fois réconfortés.

    Tu oses dire, tu revendiques ta douleur et c'est formidable, car elle fait partie de la vie de beaucoup de personnes, comme chez nous à la résidence;
    Elle fait partie de notre vie, ce n'est pas honteux d'avoir mal et on le droit de le dire.

    Mais dans notre société où tout est formaté pour la beauté, le corps idéal, la richesse, le luxe, il faut savoir dire haut et fort : "NON, ce n'est pas ça la vie de tout le monde"

    Et puis, c'est une leçon de courage et d'optimisme que tu donnes et avec humour en plus.

    Bravo pour ton courage.

    Permets que l'on te fasse de gros bisous tendresse

    Lucie et les cybermamys.

  • Bonjour aux cybermamys, ça me fait plaisir de vous savoir ici, je fais des petits tours par chez vous de temps en temps par Danny ou Pat. Tout comme Naïk je vous accueille avec une note un peu particulière mais le "oser dire" c'est ici et entourée d'ami(e)s que j'apprends à le faire, un peu plus chaque jour et des jours un peu plus que d'autres.

    Personnellement j'aime beaucoup l'idée de liens sans notion d'identité ou d'âge, finalement ce sont les personnes qui ont des choses à partager qui se retrouvent au hasard de la toile, quelles que soient ces personnes, soyez les bienvenues chères cybermamys !

  • Bonjour Marie,

    Je venais de temps à autre, assez souvent sur ton "blog émotionnel" comme je l'appelle, je n'y mets pas souvent de commentaires, par timidité sans doute, et puis là je lis tes mots, je vois ta force, et comprends ta douleur... Puis je lis les commentaires et je ressends l'amour qui t'entoure...

    Tu as le droit de crier ta douleur, ce n'est pas te plaindre... c'est de dire au monde "Je suis VIVANTE, je suis une BATTANTE, je suis UNE FEMME FORMIDABLE" oui de mon regard exterieur tu es tout ça et plus encore, je ne te connais que par le blog et entends parler de toi par mon amie Patricia, mais tu t'es fais une place juste là dans mon coeur, juste comme ça parceque je te lis et t'admire par ta sagesse et ta force...

    Quelle belle leçon de vie tu nous donnes, t'en rends tu comptes ?
    Je regarde ta photo, mais où as tu caché ton oréole ??? Ha ha ha

    Je me permets de te faire de gros bisous...

  • Tous vos commentaires m'ont beaucoup touchéé, Alix parce que je sais que ton compagnon souffre et que tu sais ce que c'est de ne pouvoir rien faire et que tu gères aussi la tienne de souffrance, peut-être le dis-tu plus que lui ?

    Naïk, les cybermamys, merlin parce que vous me confortez dans ce choix un peu soudain de dire la souffrance, danny parce que tu m'encourages aussi à laisser le droit aux autres de dire à leur tour.

    Cath !! parce que l'humour nous sauvera :))
    Marcus !! parce que la musique nous sauvera too !

    Cleanette parce que tu as parlé de l'oubli facile et que tout le monde ne l'aurait pas dit avec autant de franchise.

    Béa, Patounette, Pat et Nath parce que je sais que vous savez :))

    Voilà tournée générale de bisous ! Hauts les coeurs !

    Finalement je suis bien contente de les avoir écrites ces 2 notes !

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