UA-66561467-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Nouvelle ère

1er avril, non je n'ai pas voulu écrire nouvelle heure et ce qui va suivre n'est pas un poisson.

A force de vivre "dans le dur" le dur s'est invité dans le moindre de mes interstices et plus particulièrement entre mes vertèbres lombaires et sacrées. C'est enfin, après de multiples examens qui m'ont conduite chez un certain nombre de spécialistes, le début d'une réponse quant à l'origine de la sciatique qui cisaille mes jours et mes nuits et mes jours depuis août l'année dernière.

Commence alors une nouvelle ère qui devra, si je ne veux pas, tel un vieux chêne, être déracinée à la prochaine bourrasque, être empreinte de douceur et d'un peu plus de souplesse à l'égard de ma monture à savoir ce corps qui m'entoure et parfois m'emprisonne. Me réconcilier avec mon enveloppe pour ne pas finir timbrée et expédiée illico presto et ad vitam chez les Tamaloùs.

A défaut d'être timbrée je dois envisager d'être étiquetée quand même, une nouvelle case à découvrir et pas aussi exotique que celle de l'oncle Tom, quoique ... une étiquette qui n'existait pour moi que subtilement cachée dans le sigle qui orne mon laisser-garer européen, GIC. Kesako GIC ? Gare Immédiatement ta Caisse ? Gare toi Ici Cinq minutes ? Gars Incroyablement Connu ? que nenni ... GIC pour grand invalide civil, toujours accompagné de son pote GIG. Comme je ne suis pas grande je ne me suis jamais sentie trop visée par ce GIC et sûrement encore moins par le I.

Invalide, invalide, est-ce que j'ai une tête d'Invalide ? Une valide oui (voire même plusieurs en une : maman, amie, soeur, femme), invalide non !

Je sais, la période électorale doit me taper sur les nerfs, voilà que je me prends pour Fernandel, vite une petit verre d'eau ferrugineuse pour avaler les poissons ... d'avril cela va sans dire.

Bon je sais bien que j'aurai beau tourner autour du pot, aux roses ou au feu soit-il, quand faut y aller, faut ... au fait je ne vous ai pas raconté ce qui m'est arrivé dimanche il y a deux semaines (mon dieu le temps passe si vite ...) ?

Alors je vous raconte, imaginez un dimanche milieu d'après-midi avec un rendez-vous qui ne souffrira d'aucun retard faute de décaler ce qui ne peut en aucun cas l'être. Imaginez la petite Marie juchée comme à son habitude sur (sa Harley Davidson) son fauteuil roulant qui a été révisé pour l'occasion.

Petite Marie dans l'euphorie des instants uniques et du vertige provoqué par ses brand new lunettes roses souhaite alors escalader un trottoir d'au-moins .... 2 centimètres, la prétentieuse !

L'angle d'attaque, la vitesse d'approche et le poids inhabituel du carrosse princier sont présumés coupables de ce qui s'ensuivit. Dans un chevrotement qui fit trembler toute la carrosserie et son auguste équipage, roue avant vint buter sur les-dits 2 centimètres, une cascade digne des meilleures brouettes. Une fois les lieux sécurisés et l'équipage mis en lieu sûr sur le non-moins-dit trottoir l'heure du constat avait sonné : déjantée j'étais.

Enfin déjantée de la roue droite (ah ah je vous ai entendu ceux qui ont glissé un "c'est pas nouveau ça" qui aurait pu concerner l'état de mon cerveau si je ne vous savais pas si bienveillants à mon égard). La roue droite celle qui fonce tête baissée on verra si ça passe, ça va passer ah ben non ça passe pas et puis c'est tout cassé maintenant on ne peut plus avancer, ni reculer ni ... mais t'étais où la roue gauche ?? Roue gauche, pas vue, pas prise, pas au bon endroit, pas au bon moment mais que va t'on deveniiirrr ???

Je hèle un colosse qui passe sur le trottoir d'en face pendant qu'Il va chercher de l'aide auprès de l'aubergiste qui nous accueillait. Le colosse comme dans le meilleur des épisodes de Mac Giver dégaine d'une sacoche attachée à son ceinturon, un XXX je ne sais plus j'ai oublié le nom de l'outil qui doit telle une baguette magique replacer le pneu à sa place, à savoir sur la jante ...

Un million et demi de tiré/poussé plus tard, voilà mon pneu (en caoutchouc super dur ça doit être monté en usine ces trucs c'est pas possible on va le laisser et le scotcher sur le repose-pied, ça va rouler sur la jante) scotché sur le repose-pied, en roulant sur la jante ça doit le faire, sauf que la roue ne pivote plus .... je ferai donc le trajet du retour déjantée avec une patte folle, qu'importe il était (hélas) grand temps de se dire au-revoir et d'attraper juste à temps le rendez-vous qui ne pouvait être décalé, toutes les bonnes choses ont une fin ...

Pour finir de tourner pas rond et pour commencer droit mais en souplesse une nouvelle ère je vous livre donc ma future étiquette qui colle : Invalide ou plutôt En invalidité je serai, suis, j'étais déjà mais pas dit, enfin ... pas comme ça ... et la vraie question est "M'aimerez-vous" ... si ma vie ne va plus tout à fait à mille à l'heure, si je perds quelques facettes, si je ne suis plus tout à fait celle que je suis aujourd'hui.

M'aimerez-vous ?


PS : je sais bien qu'il y a des sujets d'actualités bien plus graves et urgents à traiter que de savoir si vos états d'âme me concernant seront modifiés par le changement de ce qui est un statut social mais ... pour moi c'est important.

Commentaires

  • OUI MARIE je t'aimerais toujours rien ne pourra entamer ou entailler ou déganter notre amitié même un vulgaire i d'invalide pour moi tu es et tu resteras ma marie adorable, sensible, vaillante, fonceuse, robuste, rigolote, admirable, adorable, maman hors pair ouf je ne vais pas avoir assez de place pour mettre tout ce que je pense de toi alors je te répète moi oui je t'adore comme tu es et comme tu seras bisous jtdr

  • Je crois qu'on appartient toutes les deux à cette même catégorie sociale, oui, je brandis très haut mon macaron GIC, je revendique très fort mon droit à l'autonomie, bienvenue au club des "éclopés" ma chère, j'ai pas dit des inactifs car loin l'idée de me laisser aller: tu écris merveilleusement bien............à bientôt

  • Marie... mais tu es, seras toujours Marie, tout simplement, au diable les zétiquettes, tu es notre Marie que l'on aime telle qu'elle est... parce que tu es unique, tu es toi, tu es notre Marie adorée, non mais !

  • Tout d'abord garde tes belles lunettes roses, elles te vont si bien...:)

    Quant au I de invalidité qui devient le I de Inactif comme l'entendent certains, j'ai tant de choses à dire. Sommes nous uniquement estimés et reconnus pour ce que nous sommes au travers de notre statut social ? Ou simplement pour ce que nous sommes ?
    La vie est faite de rencontres, de belles rencontres, amicales, amoureuses, professionnelles. Les professionnelles deviennent parfois amicales, les amicales peuvent devenir professionnelles, les amoureuses...laissons les où elles sont :)
    Derrière tout ça, il y a le A de Amitié et le I de Inconditionnelle.
    Alors, boulot ou pas boulot, nous existons tous dans les yeux de ceux qui nous aiment vraiment, au travers de notre vie, de ce que nous sommes réellement, de nos passions, de notre énergie, de tout ce qui fait l'être humain que nous sommes au quotidien, sans artifices.
    Cessons un jour de demander à tout va "que fais tu dans la vie ?" en référence au statut professionnel...Ce statut est une façade qui ne colle pas toujours avec la réalité intérieure de l'être humain.
    J'ai eu l'expérience de ne pas travailler pendant 2 ans après le décès de Fiona, histoire de prendre le temps et de réfléchir...Et à force de devoir me justifier, je répondais à cette satanée questions "je vis, c'est déjà énorme...et ça me prend tout mon temps".

    Alors, oui Marie, tes amis vont t'aimer, comme avant, comme maintenant, comme après. Ils t'aimeront car tu es "Marie sans aucune étiquette". Tu existes pour ce que tu es et non pas par rapport à une activité professionnelle que tu exerces. Et heureusement, ce serait si triste...

    Je t'embrasse fort fort fort Marie la Déjantée ;)

  • Alors...
    La fidélité "amitieuse" (clin d'oeil !!!) ne connait pas de statut social. Ni politique, ni religieux.
    J'ai randonné durant deux années chaque jour 12 km avec une femme qui vivait dans une cité "sensible", musulmane pratiquante.
    Le "hasard" (tu sais Marie, celui qui n'existe pas...) ou le destin, allez savoir, a fait que nous nous sommes un jour rencontrées.
    Et que... l'amitié a été spontanée.
    Nous avons appris beaucoup l'une de l'autre de nos cultures différentes. Nous avons partagé de vrais fous rires.
    Notre seule différence ? Durant le Ramadan elle n'apportait pas le café cher à nos pauses de randonneuses rigolardes.
    Alors ceci ou cela, pfouit, on s'en fout. (sic, sorry etc...).
    Les appellations et autres sigles ne changent rien à notre vie mais sont un tantinet "griffeurs".
    Par exemple lorsque je suis allée sur le net faire une simulation de ma retraite, il m'a fallu me rendre sur le site de la CNAV.
    Et que veut dire CNAV ? Caisse Nationale d'Assurance VIEILLESSE !!! J'avais 59 ans !
    ça flanque un p'tit coup dans l'aile de la "vieille".
    Optimiste je suis... Je serai toujours la jeune de quelqu'un et la vieille de quelqu'autre. Voilà.
    Est-ce qu'on m'aime toujours ? Les amis... oui. Les amours... y'en a pas. Les emmerdes... oui.
    C'est bon signe.

  • Parceque tu ne l'avais encore pas ce statut GIC !?! Il n'y a pas pourtant de déshonneur. Et ça ne change rien à la personne qui le reçoit si ce n'est normalement quelques compensations bien justifié.

  • Si Cleanette je l'ai depuis longtemps le macaron, là c'est d'un point de vue professionnel ...

  • I comme Intouchable, I comme Insoumise, Marie.
    L'acceptation d'un rythme de vie différent, moins de dur, davantage de doux ;o) Davantage de temps à toi, moins de forces puisées dans tes réserves.
    C'est une nouvelle ère, certainement, non par le changement de ton statut social mais par ce que tu vas vouloir faire de cette réorganisation de ton emploi du temps...

    PS : l'outil en question était un leatherman, un outil "multifonction", de toute évidence trop peu multifonction pour ton déjantage de ce dimanche datant de déjà 2 semaines. Le carrosse ne voulait pas repartir, il l'a pourtant bien fallu.

  • @ Nath : moi aussi je t'adore :)
    @ Sylvie, GIC j'étais à moins que ce ne soit GIG après tant de combats menés, il s'agit bien là de travail ou plutôt de cessez le feu justement ...
    @ Laurence, tu as bien raison ça gratte les zétiquettes ;)

    @ Patricia : il s'agit bien sûr de reconnaissance et d'acceptation de soi en dépit du regard des autres, au bout du bout du fond la question est m'aimerai-je ?

  • @Joyce, le sigle griffeur est un animal dangereux :) bientôt je vendrai non pas randonner mais boirlethéer avec toi à la santé des sans étiquette :)

  • @il :)
    et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps ? ... je vais en faire du doux et du tendre : du bon temps. Du temps pour "juste" être et être un peu plus JustmarieD, écrire sans doute, la suite de l'histoire ... :)

    un leatherman ... mais oui bien sûr ! (Mais ça veut dire homme en cuir :) ???!)

  • Tu es juste exceptionnelle Marie,
    je suis juste heureuse de t'avoir rencontrée,
    juste frustrée de ne pas avoir eu plus de temps pour échanger avec toi ....
    Juste envie d'espérer,
    Que notre prochaine rencontre,
    Sera juste un peu plus à nous ...
    Gros bisous JustmarieD

  • Je reconnais les "commenteurs" juste aux premiers mots...c'est très drôle et surprenant à chaque fois.
    Et aussi les demi-mots et entre lignes...fastoche :))
    Bisous ma belle, douce nuit.

  • Je vous aime

  • Détail amusant et qui prouve si besoin fallait l'état de fatigue de mon esprit : j'ai écrit roue droite alors qu'il s'agissait de la roue gauche, bah c'est tout kif kif, ça ne change rien à l'histoire ;)

  • Et je suis détentrice d'une carte d'invalidité à 100 % depuis belle lurette, je l'avais oubliée, parfois l'oubli a du bon, ça m'a permis de vous raconter (un peu) ce dimanche d'il y a déjà deux semaines ...

  • le soleil ce matin se reveille dans un grand sourire rouge, je viens le partager avev toi.je t'embrasse.naik

  • Marie, "boirelethéer", certes, mais tu as oublié... nous pourrons "fou rirer". Et pas que pour la rime, "c'est bon pour la sanThé".
    C'est rien, ça va passer, ce doit être une des conséquences du déménagement, il y a eu du chamboulement à tous les étages ! (p'tit vélo, araignée in the plafond, qu'importe l'inventaire) !

    Plein de bisous à partager.

  • :))
    Fourirer aussi bien sûr ma biquette !
    Et tu as sans doute voulu dire qu'importe l'invent'ère ?? :))

    Si j'osais je te demanderais comment se porte ta touffe mais je n'ose pas, vraiment :))**

    **pour ceux qui veulent savoir le pourquoi de cette question je vous conseille vivement la lecture de la dernière note du blog de Joyce la biquette :)

  • je t'aimais,je t'aime et je t'aimerai...quoiqu'il arrive,advienne,survienne,te prenne, t’emmène
    souris,ecris,vis...vas-y.

  • La note de Joyce est très drôle...:))

  • Cette question ne se pose pas ;-)Évidemment que oui!

  • @ Patricia : n'est-il pas très chère ? :))
    @ Gilles : ... merci.

  • Alors là tu vas rire... mais sans obligation aucune malgré tout... vive la liberté !

    Ce matin, touffe en main droite, hop, je dessine un "3" avec.(recommandation du site G...ain sur le bon usage de la touffe). Sur la joue droite no pb. Mais sur la gauche il faut "troiser" à l'envers. Parce que imagine Marie, un "3" dans le bon sens (forcément près de chez nous), ça nous flanque la touffe dans la bouche !
    Mais j'en suis ravie (de ma touffe). Douce mais compacte, et surtout, pour le prix, pas un poil ne quitte le manche.
    Comment je sais ça ? Ben... un poil de touffe "Kabuki" n'est pas comparable à un poil de... bip bip bip, CENSURE !!!

    Joyce B... (manquerait plus que je vive dans le 95 !) comme Biquette ou comme Bernique.
    Trève de bêtisâneries ou connaneries, je retourne au futur Goncourt.
    Déjà 48 pages !!!! Ouais !!!!

  • Marie, tu me pompes l'ère !
    Signé : La Shadok masquée...

  • Ecrire ce n'est pas un travail ?
    C'est vrai que tu le fais si bien qu'on a l'impression que c'est facile...

  • Mince Marie je ne suis pas venue depuis (trop) longtemps et te voilà toute froissée par cette vie si capricieuse !
    Sans te connaître en vrai de vrai je t'aime beaucoup beaucoup, tu occupes souvent mon esprit avec des "Tiens Marie elle ferait comment là ?" ou "Tiens Marie elle dirait quoi là ?"
    Bref ce soir mes pensées iront doublement vers toi, parce que t'es plus invalide qu'avant, et parce que Cécile est partit.
    Et parce que je t'aime aussi :)

  • M'aimerez-vous ? Finalement cette question colle parfaitement aux priorités de ces derniers jours parce que quand je vois les résultats des élections je me dis que l'acceptation de l'autre, le savoir bien s'aimer les uns les autres dans toutes nos différences, dans toutes nos humanités il y a encore bien des batailles à mener pour y parvenir !!

    Ecrire ! J'y songe Ariane, j'y songe ! La Bernique à la touffe me donnera ses tuyaux pour le Goncourt, la bernique est partageuse :))

    Ma petite Amélie, moi aussi je t'aime :)
    Et comme la réplique de l'homme aux os de verre du film culte éponyme à toi : "tu n'as pas les os en verre tu peux te cogner à la vie" ... dès fois c'est la vie qui nous cogne mais nous sommes des roseaux n'est-ce pas ? Plein de bisous à tes pensées ...

Les commentaires sont fermés.