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Aux morts les monuments.

Citoyenne, élue de la République. Depuis ce 30 mars. Et ce samedi devant le monument tant de souvenirs.

Aux Morts.

Et la sonnerie dans ce bleu matin printanier a déchiré le coeur de la vie. Le drame gravé dans la pierre, les fleurs coupées au pied.

Et je me souviens le choeur des enfants pétrifiés de froid des novembre meusiens, quand nous allions clamer qu'un sang impur abreuve nos sillons avant de retourner dans nos salles de classe. C'est mon coeur qui prenait coup pour coup, au rythme de la grosse caisse qui faisait vibrer l'air comme au temps des bombes. Petits banlieusards verdunois, petits-enfants des rescapés des deux guerres, nos terrains de jeux étaient de bataille, les champs étaient de croix et aux Morts les monuments.

Impact.

Les escaliers étaient de victoire, les rues aux Généraux, Maréchaux, Colonels et quand parfois la rue était du soleil levant on y entrait en sifflant le retour des printemps.

Pensées à mon grand-père résistant, fière, pour lui.

Pensées aux familles déchiquetées. C'est moche la guerre. C'est sale, ça sent la chair brûlée et la pourriture et puis les rats et les gueules cassées. Et la Terre a bu le sang des Justes mêlé au métal fondu vomi par les avions. Pleurez les enfants.

Transmission.

De cette peur qui suinte des murs de Vauban. Papa il est reformé, la guerre ne le dévorera pas, pas lui. Les autres oui mais pas lui. Pourvu que ça dure.  La der des der, c'est comme ça, petit on s'accroche à des mots comme des étoiles aux déchirures de la noire terre. On n'est que des os. Bien rangés dans l'ossuaire. Les os rangés des héros morts. Leur vie en deux mots gravés en or sur un mur. Immobiles pour toujours.

Mais la Vie elle se danse ? Vous êtes sûrs ? On a le droit petit à petit pas, rat de l'opéra et les pointes ne sont plus aux casques mais aux pieds, ne plus marcher sur la tête, danser la terre même recouverte des marbres froids et lisses ? Danse, danse, danse, et dans un tourbillon devient celle qui est de chair et si un jour les remords d'avoir dansé sur les tombes te rongent les os, ne soit plus que de coeur.

Aux Morts les monuments et aux Vivants les arbres en fleurs. 

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Commentaires

  • Magnifique texte Marie, est ce que je peux le partager sur ma page?

  • Oui la vie se danse et sans remords...
    Et les jeux de mots sont comme des petits pas de danse.
    Bisous ma douce.

  • Bonjour Marie, je suis heureuse de pouvoir partager les émotions que tu transmets dans tes textes. As-tu déjà publié ?

    Tu as l'étoffe d'une écrivaine... à mon humble avis.

    Quelle fragilité et quelle force tu dégages !
    Par exemple ,ton texte chez le médecin -conseil de la Sécu est effrayant dans sa banalité, car on comprend que ce n'est sûrement pas la première fois que cela se produit et le comble est que tu dois supporter et te TAIRE sinon ton affaire est pliée... quelle violence subie ...

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