UA-66561467-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Infiniment femme

  • L'éternelle

    maxine,decker,photographe,déesses

    Photographie Maxine Decker Photographe© - Déesses

     

     Elle a vingt ou mille ans

    Et qu'elle ouvre son âme, ses bras ou bien son coeur,

    Tu sais au fond de toi que brisé tu seras, dans une vie, dans une heure.

    Qu'elle parte ou qu'elle te garde, quand tu la perds tu pleures.

     

    Elle a vingt ou mille ans

    Et tu l'aimes comme un fou, depuis longtemps tu vois.

    Elle attendait de vivre dans tes yeux, dans ton corps et ta foi.

    Avant de la connaitre elle était déjà là.

     

    Elle a vingt ou mille ans

    Et il t'en faut plus alors pour que tu la comprennes, la chérisses et l'honores.

    Dans toutes ses tendresses, des matins les plus purs jusqu'aux soirs pailletés d'or.

    De l'aube des caresses aux longs soupirs encore.

     

    Elle a vingt ou mille ans

    Et elle est Dame Nature, faite femme pour toi, déesse des eaux vives et princesse des bois.

    Merveilleuse éphémère, bienheureux bien-aimé d'un conte où tu es roi.

    Prisonnier volontaire d'un amour courtois.

     

    Elle a vingt ou mille ans

    Et si  elle est alors, muse divine et féconde, de la coupe sacrée l'écrin intemporel

    Elle enfante pour toi, et le monde et le ciel, amante adamantine des amours charnelles,

    Gardienne au creux du corps de la flamme éternelle.

     

  • Entre deux levants

    Entre eux deux, le vent

     

    Quand tu es dans la vie, petite sœur
    Je suis le vent chantant bonheur
    Quand tu es dans la joie, petite sœur 
    Je suis le vent taquin, joueur
    Quand tu es dans l’amour, petite sœur
    Je suis le vent des soupirs protecteurs
    Quand tu es la sagesse, petite sœur 
    Je suis le vent des souffles intérieurs
    Quand tu es en labeur, petite sœur
    Je suis le vent portant fraîcheur
    Quand tu es dans la peine, petite sœur
    Je suis le vent qui sèche tes pleurs
    Quand tu es dans la plainte, petite sœur
    Je suis le vent des murmures du coeur
    Quand tu es en douleurs, petite sœur
    Je suis le vent qui caresse tes heures
    Quand tu es dans la peur, petite sœur
    Je suis le vent attisant ta valeur
    Et, quand tu es dans la mort, ma sœur
    Nous sommes le vent venu d’ailleurs.


     J'écris cette note pour ma soeur qui est dans la peine d'avoir perdu une jeune amie de 37 ans terrassée par une leucémie foudroyante, sa petite soeur de coeur, RIP Stéphanie Steiner <3 http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2017/03/15/deces-de-stephanie-steiner 

  • A la mort en amour

     

    octobre,rose

     

    Des brumes roses d'octobre sur les champs de velours

    Monte au cœur la langueur aux doux parfums d'antan.

    Des amours passées sont restés les labours,

    Et les fruits et les joies aux doux jeux des enfants.

    De récoltes en semis j'ai marché tous les jours,

    Apprenant le matin à renoncer au temps.

    Complexe incertitude de se savoir vivants,

    A la mort en amour et doux pressentiment.

    Modestes vagabonds aux bagages étincelants.

    Brumes roses d'octobre et soleils de printemps,

    Souvenirs déchirants et doux parfums d'antan.

  • Mais où est-il donc passé ?

    Ce curieux mois de septembre ! Voilà bien longtemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles et depuis quelques jours elle me démange, me grattouille, la plume !

    Mes amis, mes amis, j'ai survécu à une tempête ! Une de plus me direz-vous, en septembre encore.

    Un résumé ?

    - Un bras cassé pour Eva le 30 août, petit radius en motte de beurre, la médecine ne manque pas de métaphore, de résine aux urgences ah non là c'est trop demander ...

    - Une rentrée en 6° plâtrée faute de mieux, une rentrée en seconde

    - un coup de fil pour grande Fantastic sur liste d'attente pour une licence le jeudi 4 à 15h00 pour une pré-rentrée obligatoire le ...5 à 14h00 .... à LYON yahouuuuuuuuuuuuu ça n'a plus cessé depuis, nous nous sommes toutes engouffrées dans le tambour de la machine à laver.

    En une semaine ma grande a réussi l'exploit de s'inscrire à la fac, se trouver un appart, signer son bail, acheter des meubles sur le bon coin, déménager au milieu de la paperasse, formalités diverses, ouverture du gaz, abonnement transport et contractualisation d'un prêt étudiant parce que l'urgence ça douille !!! Pilotée à distance dans tous les sens du terme par maman qui bénit un peu plus Internet chaque jour !

    - une installation et un envol un peu douloureux pour ma deuxième grande qui va commencer sa prépa-kiné lundi qui vient.

    - Au milieu des rentrées municipales, communautaires et associatives.

    - Perturbée par un accident de travail pour ma chère auxi Véro qui paye l'incompétence d'un formateur sous label, vacances + arrêt pour la seconde auxi, au secours la remplaçante mais là ça mérite une note entière pour un zéro pointé, label Handéo qu'ils disaient ...e 

    - Ponctué d'un merveilleux Festival Rendez-vous oh le bien que ça nous a fait !

    - Hachée par un genou en beurre fondu qui ne cesse de me lâcher en septembre le mois des fuites !

    - Et hier sous la pluie et le plafond qui menace de rompre tant le toit, émoi, prend l'eau.

    Mais où est-il donc passé ?

    Ce curieux moi de septembre ?

    J'ai survécu, mes filles sont merveilleuses !

    Des envies et des projets plein le bureau, un livre à éditer, un autre à écrire et des notes pour tout vous raconter, cet été riche de travail sur moi, des expériences chamaniques incroyablement merveilleuses, un petit livre précieux sur le pardon à partager avec vous.

    Forza Forza Fémina (mais un peu trop dans le dur encore à mon goût)

    Et puis cette France qui va si mal.

  • Shakuntala


     

     

    shakuntala,abandon,amour

     

    Mon tendre bien-aimé,

    Si brûlante soit la morsure de l'absence voilà que je surprends mon âme à frémir de joie à l'idée de vous retrouver un jour prochain. Je comble le vide entre mes mains du travail de la terre, faisant naître de quelques grains de poussière mêlée à l'eau de mes larmes, votre présence aimante.Au combien  il me tarde de caresser du bout de mes doigts usés, votre si douce étreinte. Seule la certitude absolue de vivre encore votre enveloppement me permet de continuer à respirer, instant, après instant. Je sais vos sentiments à mon égard mais il n'est pas un seul millimètre de ma chair qui n'échappe à la vacuité de la vie sans la chaleur de vos mains sur ma peau nue.

    Pardonnez mon impudeur cher ange, l'éloignement a sublimé les réalités froides et crues des marbres de nos rues, c'est à l'intimité d'une chambre toute habillée de voiles baignant dans le soleil de l'été que je pense, à cet instant de pure beauté qui n'appartiendra qu'à nous, notre musique sera de souffles et de retenues éphémères, et je sais, je sais, car elle existe déjà, que viendra cette incroyable seconde, née d'une commune et sublime reconnaissance, je sais que viendra, car je l'appelle de tout mon être, viendra enfin, la délivrance dans l'abandon et qu'ainsi nous inscrirons, ensemble, d'une même plume, d'une même encre et sans un mot, nos vies résumées à cette unique seconde, au grand livre de l'éternité.

    Amour. Comme il me tarde.

     

    Texte librement inspiré par une envie d'écrire magique et cette sculpture de Camille Claudel, elle-même inspirée du poème Shakuntala écrit par Kâlidâsa en sanskrit au 5° siècle.

    Pour tous ceux qui reconnaîtront cette seconde éternelle ...

  • Elephante

    éléphante-dAfrique-et-son-éléphanteau-585x390.jpg

    J'irai trouver les racines du ciel au noir de tes pupilles, puits sans fond épinglés d'étoiles, visiter ton univers intérieur, au coeur du coeur du monde.

    Il est l'histoire d'un petit enfant qui demande à son grand-père pourquoi le grand éléphant n'arrache pas le si petit piquet qui croit le retenir. Et le grand-père de raconter que, petit éléphanteau le majestueux animal aura essayé, essayé, essayé encore de se libérer, jusqu'à épuisement, jusqu'à renoncement. Maintenant devenu grand et fort il oublie d'essayer.

    Parfois, dans la vie, il vaut mieux garder son énergie, attendre patiemment que le bon moment soit venu et un jour de grande joie, se libérer de ses chaînes comme on ouvre un cadeau.

    Ce matin je me suis vue emprisonnée par quelques vieilles chaînes, courbée sous le fouet et les coups de pique, blessée, blessée à mort, et en colère. C'est ce qui arrive quand on attend trop longtemps.

    Alors ce soir, dans la joie, parce qu'il est grand temps,  je briserai quelques liens devenus trop serrés et pourtant si fragiles. Des liens qu'il suffit sans doute de secouer un peu fort pour qu'ils partent en poussière d'étoile.

    Je me remettrai sur mes pattes et sereine je poursuivrai mon chemin, au coeur du coeur du monde.

    Et vous amis, de quel piquet aimeriez-vous vous libérer ?

  • Si lit Marianne

     

    Combien de vies vivons-nous à chaque croisement de temps déplié ?

    Découvrant ce dimanche de printemps qui enroule ses minutes aux accords de Schubert je me surprends à fourmiller d'une attente confiante teintée de malice.

    J'ai pourtant mille choses à faire, lire, rêver. Et j'attends, amusée, je sens bien cette joie imminente qui ne demande qu'à éclore d'un éclat nouveau.

    Je suis un rosier rouge. Vingt demoiselles empourprées ornent déjà mon jupon mais du plus profond de mes racines je sais qu'à la plus haute branche se pare une incroyable. Je la sens frémir d'impatience, rose de plaisir à l'idée de surprendre tout le jardin. Entraperçue lors d'un voyage au pays des secrets codés je ne la connais pas comme on sait mais comme on ressent. Un dernier voile peut-être, une ultime étape d'étape. Touchée du doigt comme dans un songe, heureuse qu'elle soit. Tout simplement. Ce n'est qu'une question de temps, et le temps est une affaire humaine, un battement de cil d'une Vie qui nous traverse, émerveillés de multiples. Infinis, à chaque instant.

    Là, vous livrer ces quelques mots qui auront habillé d'arabesques chantantes et impatientes mon présent attentif aux souffles du violon, aux accords du piano dansés en d'autres lieux, d'autres temps, par quelques virtuoses.

    Avec vous attendre. Et puis faire, lire, oser. Aimer Tout cela. Refermer le carnet, c'est l'heure du goûter, des cerises et du thé.

  • Seule à voix basse

    IMG_0729.JPG

    Avec ma solitude j'irai par les chemins qui mènent à la Durance, troquer la résistance en langueur nostalgique, l'effriter aux galets qui roulent dans le courant. Enchanter ma peine dans le souffle du vent, les larmes perlées émues du chèvrefeuille, d'un éclat de coeur, d'un rire d'oiseau. Si longue que danse la route, à s'en faire exploser les poumons aux parfums épais d'un printemps solaire.

    Seule, seule, seule, seule, avec ma solitude, au milieu de ce paradis peuplé de petits frères des cimes, sous le regard du rapace tournoyant, majestueux. Il n'est de pierre au chemin des ombres et des oiseaux. Filer grand train, décoller, s'envoler, survoler, rêver de long voyage. Aller jusqu'à l'eau vive, noyer l'ombre née des gouffres, puiser l'essence lumineuse des pensées sans mot. Pardonner. Essayer au moins. Un détail, une écorchure. Essayer au corps. Mesurer les arpents de rochers et de glace, et les printemps, et la cadence soudain joyeuse d'un coeur vivant.

    Au retour libéré, siffler un air ami, inondé de joie et de couchant. Rentrer à la maison. 

     

     

  • Des amours


    Tout doucement, le souffle étouffé pour dire ces mots que vous voudriez ne pas avoir à vivre, vous m'avez confié vos coeurs meurtris. Par quel méchant hasard des calendriers, vous deux parmi mes si proches, vivez-vous la déchirure de la séparation à l'aube de cet automne ? Comment ne pas vous dire que vos mots trouvent en moi un écho tout particulier. Les hommes s'offriraient-ils un dernier été avant de traiter le désamour comme on ouvre un nouveau dossier, y aurait-il un impératif soudain à se séparer quand les feuilles quittent les arbres ?

    Un jour c'est l'été, aride pour l'une, vivant pour l'autre, et puis subitement c'est l'automne. Un soir, quelques mots froids, comme un frisson sur la peau nue. Le coeur brusquement glacé fait exploser la poitrine pétrifiée. Résonne l'écho des mots trop difficiles à entendre. Vertige à l'âme, implosion immédiate.

    Je me souviens de ces instants d'errance qui ont suivi ta déclaration de désamour. L'esprit noyé de larmes.

    Mes amies. Je me souviens dans vos paroles de ce chagrin immense qui n'a ni âge, ni mesure. Je me souviens du morcellement de moi que j'ai ramassée petit à petit peu, découvrant une envie par-ci, un but par-là. Mais pour me retrouver j'ai traversé des océans de larmes et de solitude. Bien fou serait celui qui prétendrait qu'une telle déchirure puisse faire du bien. 

    Parce qu'il vous faudra enterrer vos amours mortes et consommer l'absence et le vide.

    Parce qu'il vous faudra renoncer aux promesses de bientôt et de plus tard et accepter cet homme que vous perdez, cette femme que vous allez devenir.

    Parce que ce chemin écorche les âmes tendres, je serai là.

    Et quand aux printemps de vos joies vous voudrez rire, danser et repeindre vos maisons, je serai là.

    Parce que je vous aime et qu'aux romans de vos vies je vous remercie de m'offrir une place aux pages amies.

    En avant mes belles, et puis un jour ...

     

  • Hurler

    Pour que la chair se taise enfin. Après un temps de repli, d'auto-réconfort, de répit, de réparation, j'ai voulu retourner vers le monde, en janvier j'ai pris la présidence d'une association de personnes handicapées, l'association fondée par ma chère Marie-José puis présidée par un tiers après le décès de Ma-Jo.

    Ce projet semblait coller parfaitement à mes aspirations : m'investir encore dans le milieu du handicap, gérer mon temps et mon énergie, être sur le terrain et rencontrer des personnes en chair et en os, me sentir utile pour ma communauté.

    Ah oui, mais ça c'était sans compter sur les bâtons.

    Les bâtons vous savez, ceux qu'on nous met dans les roues dès qu'on veut bouger le petit doigt. Dans mon cas l'image prend tout son sens non ?

    Je cite dans le désordre l'inaccessibilité des transports, des lieux, des gens, les cons, je me trompe où une grave épidémie sévit ces dermiers mois ? L'exclusion sous forme de "dans votre cas ça ne vaut pas le coup" (de soigner votre hanche, vos dents, de mettre des formes pour vous parler, de vous placer au théâtre là où vous allez voir plus d'un quart de la scène)

    Wahou !! En quelques semaines de retour parmi les "valides du dehors" j'ai une grosse envie de hurler STOP !

    J'en ai assez. Des incompétences et des mauvaises volontés cachées sous les formulaires.

    J'en ai assez, par exemple, des prestataires de service à la personne qui se la jouent "Nous, notre label, nos formations" à l'image d'Handéo . 

    Qu'ils viennent chez moi me poser des questions autres que la stupide étude de satisfaction qu'on nous soumet et qu'on nous ressort sous forme de statistiques en bas de facture : 60 % des pigeons assistés baillonnés bénéficiaires se disent satisfaits du service rendu. Et les 40 % d'insatisfaits ?

    Vous savez ce que ça veut dire "insatisfait" quand on parle d'aide humaine ?

    Je vais vous le dire moi, ça veut dire être mal traitée, rabaissée, infantilisée, négligée, abusée, mal à l'aise, mal fagottée, mal lavée, mal nourrie, mal entendue et d'autres mots tellement plus puissants que 60 % de satisfaits.

    Et pendant que certains se targent d'être des spécialistes, d'autres souffrent en silence de ce qui, je le prédis, est le scandale humain à venir.

    Les prestataires de service à la personne exploitent des misères, celles de la dépendance corrompue, je parle bien ici de vieillesse et de handicap, pas de ceux qui s'offrent des services comme en d'autres temps qui son majordome ou sa bonne. Je parle de l'obligation, pour survivre, de faire appel à un tiers.

    Le marché de la dépendance, l'or blanc, il suffit d'une pyramide des âges pour faire saliver un consultant de chez Ernst & Young.  Mais aujourd'hui la dépendance n'est rentable qu'à un seul prix : celui de la médiocrité, du nivellement par le bas des compétences et de la notion de service rendu. Le prix de l'exploitation de la misère de celles qui font ce métier, femmes seules ou élevant seules leurs enfants, femmes sans formation donc sans emploi qualifié, femme ayant arrêté de travailler pour élever leurs enfants et qui reviennent vers l'emploi par la porte de service. Non le monde n'est pas celui des bisounours qui font ça parce qu'ils ont la vocation, réveillez-vous ! Arrêtez de nous imprimer sur papier glacé des plaquettes vantant les diplômes des auxiliaires, vos engagements de remplacement dans les 2 heures en cas d'absence, vos engagements de disponibilité des cadres dirigeant. Car ces engagements ne sont que blabla marketteux et dégoulinants d'intentions que vous n'avez pas. Aujourd'hui un seul mot d'ordre "faire du fric". 

    Bien sûr que certains parviennent à conjuguer qualité et activité économique équilibrée, mais combien sont-ils ?

    J'en ai assez aussi des médecins qui ne savent plus soigner et des podo-orthésistes qui trouvent ça dur de faire des chaussures.

    Assez, assez, assez !

    Alors j'ai pris la parole. Je me suis exprimée comme jamais jusque là.

    Ah, ça en a surpris quelques-uns et ce n'est pas fini je vous le garantis.

    Et je sens bien qu'il est un sujet actuel sur lequel je pourrais donner mon avis, lié d'une certaine manière à l'aide humaine : l'assistance sexuelle.

     C'est à mon sens un sujet d'une telle complexité qu'un petit article ne pourra donner qu'un minuscule aperçu de ma pensée.

    Réducteur. Est un de premiers mots qui me vient en tête à la lecture des articles qui pululent sur le sujet. Oups première métaphore peu glorieuse, tant pis je laisse mes mots couler.

    Où il est question de droit. Légiférer l'acte d'amour. Voilà le défi lancé par ceux qui réclament à corps et à cris le droit à une assistance sexuelle. Cadrer, borner, limiter, la transcendance sexuelle.

    Non ce n'est pas de ça dont nous parlons ? Vraiment ? Nous parlons de quoi alors, d'assouvir un besoin comme on vide un trop plein de yang d'urine dans la vessie aussi jouissif que cela puisse être quand vous attendez l'auxiliaire depuis quelques heures ...

    J'ai connu 20 ans de symphonies, l'imbrication parfaite des corps qui se connaissent par coeur, la composition harmonique des souffles, chaque jour réinventée même si répétée des milliers de fois par deux artistes musiciens de l'orchestre matrimonial, à l'hôtel des amours profondes. 

    Faire appel à un assistant sexuel me donnerait l'impression de prendre une leçon de solfège, d'annoner les notes de la lettre à Elise quand j'ai dialogué si souvent avec le chant de l'univers.

    Et c'est bien cela qu'on envisage de proposer non ? Un temps de soulagement du bout du gant aseptisé ?

    Et l'extase ? Pourrons-nous jamais légiférer l'extase ? Grand Dieu non !

    Je pense que le débat en mélangeant les sujets a desservi la cause. On ne peut parler d'assistance sexuelle, pas plus qu'on ne devrait parler de handicap ou de blondes à forte poitrine.

    Il est à mon sens question de liberté. Liberté de demander, liberté de proposer. Il ne s'agit pas d'obtenir un droit mais de renoncer à des interdits. Comme dans l'acte d'amour, quand la caresse invite et que le mental s'abandonne au plaisir. An nom de quoi interdirions-nous à une personne, qui le souhaite, d'offrir de son temps et de sa personne ? Au nom de quoi priverions-nous une personne, qui en exprime l'envie, de recevoir la communion des corps ?

    Mais en fait qui a dit que c'était interdit ? Il me semble que de nos jours bien libres sont ceux qui souhaitent se coucher dans le même lit ou sur la banquette arrière non ? ne partagent-ils pas en plus de quelques fluides magiques, leurs numéros de téléphones, un dîner au restaurant, une chambre d'hôtel, un loyer, un compte en banque ? Ne serions-nous pas tous des assistants sexuels à nos heures ?

    Vision réductrice n'est-ce pas sous ses allures trompeuses de grandeur d'esprit.

    Le commerce. C'est là que le bât blesse. le commerce ce tentateur. Celui qui donnerait le pouvoir d'acheter et de vendre des temps de corps. Celui-là même qui conduit les esclaves auxiliaires chez des bénéficiaires contraints, sous le joug et le fouet du dieu business. Et voilà que Légifer est de retour avec son cortége de conditions contractuelles. Bienvenue aux enfers quand vous vouliez le paradis.

    Il ne s'agit pas d'autoriser, sous prétexte de détenir l'utopique pouvoir d'interdire, mais de protéger dans la conscience du couple fragilité/responsabilité. Sacrifier le débat sur l'autel de la prostitution c'est condamner des milliers de personnes à la souffrance du manque, aux risques de la prise de pouvoir, de  l'incompétence, de la manipulation mentale. La sentence est la privation de liberté, chef d'accusation la dépendance. Puisque tu n'es pas libre de tes mouvements tu es condamné à la cage aux lions. Allez bonne chance l'ami !

    A mon sens le sujet du débat manque de clarté : de qui parle t'on ? Qui seraient les bénéficiaires ? Je me suis beaucoup posé cette question. Mon avis est, en priorité, ceux qui le souhaitent ET qui n'ont pas accés à la masturbation directe, c'est à dire sans objet intermédiaire. Ce contact corps à corps qui me paraît irremplaçable. A mon sens celà ramène la responsabilité collective de protection et d'accompagnement à un nombre de personnes et de situations plus facile à définir et certainement plus en corrélation avec l'offre d'accompagnement actuelle ! Répondons déjà à cette urgence, ensuite le reste viendra !

    Quant au contenu des sessions ... libérons, libérons ... y mettre du coeur, de l'esprit, des phantasmes et des sentiments ? Qui celà devrait-il regarder ? Quitte à donner, autant offrir Saint Saëns plutôt que Sinclair non ?