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J'ai testé pour vous

  • Les notes du cahier printanier

    les petites notes de mai, le coeur qui bat, les heures jumelles, écrire pour l'aventure :

    http://www.manu-autourdumonde.com/2017/08/comme-une-vie-a-la-mer.html

    les heures jumelles

     

    Et dans le cahier le récit d'une expérience née d'un temps de chaos pour une famille d'amis avec qui nous avons cohabité à la maison pendant 4 mois de mars à juin. Temps de solidarité et de guerre avec la municipalité dont je fais pourtant partie ...

    Nous vivons actuellement à deux familles. C’est un mélange doux-dingue et si vous pouviez y assister vous verriez que ce qui se voit en premier c’est beaucoup d’amour. Comme si la mise en commun de nos destins avait érodé nos aspérités car, ce qui se permet dans l’intimité d’une famille, s’assume beaucoup moins devant témoins. Le regard des autres mais aussi leurs exemples sont venus nous enrichir mutuellement. Les conflits individuels se diluent dans le groupe, les tensions s’oublient dans un rire ou le parfum des gaufres qu’un ou une aura confectionnées à dessein, pour régaler les petits ou récompenser les ados d’avoir planché sur leurs maths. Nos familles en miroir nous ont invités à nous pencher sur la notion de propriété, de partage, de solidarité d’entraide de respect de chacun, de liberté et de responsabilité, d’organisation. Les journées se sont enrichies de discussions, de projets de preuves de courage et d’encouragements, d’humour et de joie. Nous avons partagé nos peines et nos combats, nos connaissances et nos compréhensions. Oui, sans aucun doute, de mon point de vue, nous sommes aujourd’hui, malgré l’épreuve, plus forts.

     

    Et pendant ce temps je guettais le chèvrefeuille :

    http://www.lesfemmesendisent.fr/archive/2018/05/01/a-nos-printemps-6047934.html

    et le rossignol,  celui qui ouvre les coeurs les plus fermés et ravit les autres :

    http://www.lesfemmesendisent.fr/archive/2018/05/11/rossignol-emoi.html

     

     

  • Rossignol émoi

     

    C’est dans le souffle du violon que j’entends le rossignol et que, si je ne sais voler, j’aime à les écouter, les accents plaintifs et mélodieux de leurs chants, épousant la douloureuse harmonie de mon âme émerveillée par la mélancolique splendeur. Naître à l’aube du déclin, mourir le jour des renaissances, porter en soi le Tout et les néants, être le parfum du chèvrefeuille plus que ses branches, survivance subtile n’existant que par la terre, le soleil et le vent, imperceptible à ceux qui ne savent faire silence, là, entre deux. Méritons-nous les merveilles et la cruauté de nos destins, faut-il essayer d’être des mouches pour enfin ressentir l’éternité ? Enantiodromie dantesque de l’être s’il ne conjugue le rien avec le toujours, la douleur et la musique, les larmes des fleurs et les aurores du printemps. Simplement grandiose.

    Ne plus avoir aucun avis, mourir à tous les choix, s’offrir à toutes les fins, grandir à chaque perte, s’attacher au vide et, dans un rire, s’élancer dans la diable danse.

    Diantre, terrible vie, vois comme je t’aime !

  • Jour de vent

    Une petite note écrite voilà quelques jours de mistral, les gens d'ici le savent bien, ce vent vous rend fous, fous mais pas à lier, fous à lever les voiles !

    En ces temps de vents et de brouillards, confusion montre son visage de cendres et de brumes, fardée comme une putain et les langues sont épaisses sur les lèvres desséchées. 

     Aujourd'hui je me libère, ainsi va la plume au gré du papier, du temps et des oiseaux.

    N'entendre, que ce chant, sous les assauts du vent.

    Ils sont devenus fous ! Brasseurs fermentés, gargouillis d'intestins et pensées frelatées.

    Aujourd'hui me libère, j'éteins le plafonnier. Ces minutes sont précieuses et faciles à gâcher. Quitte à les dépenser j'aime autant les écrire. Pas à pas égrener chaque souffle, brouillonne.

    Mon cerveau est confus, bourdonne, tance et condamne ; mais mon âme vagabonde entre feuille et campagne. Ne vous méprenez pas, pas celle des oriflammes, celle des champs humides et des airs profanes.

    Dansez, sifflez, bruyantes vapeurs ! Une bonne fois en finir pour épouser les choeurs !

    Aujourd'hui me libère, offre un rituel, pur jus, pur soufre, trop enfermé serré pour une boîte crânienne.

    ça cogne de plus belle, à soulever le fond, remuez bien la lie,mélangez les humeurs et voilà que ça tourne et les mots sont mêlés, ventrelus, échevés, la bouillie foutreniaise, raison dépitoyable sans latin ni trompettes.

    Mi-chahut, mi-chaman.

    Aujourd'hui me libère, j'irai humer la brume, lumière d'or et de sang, jusqu'au son des trois lunes.

    Voilà que ça s'apaise. C'est fini. C'est passé.

    Et maintenant. Soyez.

    Nul besoin de voter pour ou contre les autres.

    En ces temps de mistral soyez qui vous voulez, pas esclave servile à vous-même loyal.

    Le vent de la croyance, brise à vos embarcations, voile et dévoile vos êtres de chair.

    Voyez ce que vous croyez.

    Mais n'oubliez pas de décroître pour mieux lever les yeux. C'est la terre qui nous forme, le monde qui nous élève, la vie qui nous nourrit. Et l'esprit nous contemple. C'est ainsi que vivent les gens libres.

    Si quoi que je fasse je perds mon temps, j'offre mes mots aux jours de vent.

  • Les chevaliers de l'arche - Le décor

    L'heure est peut-être venue de vous parler de l'expérience que je viens de vivre. L'expérience physique est passée et pourtant je ne redémarre pas encore "intellectuellement". Quelque chose me dit que je dois peut-être clore ou éclore ce voyage d'une autre façon, en le partageant peut-être. Façon ultime de valoriser l'étape, en ne gardant pas uniquement pour moi les fruits de l'exercice. Puis mettre en oeuvre les promesses.

    Comment commencer ?

    N'étant pas Georges Lucas, par le début me direz-vous ;)

    ça commence donc, un vendredi matin 4 décembre 2015, un petit mouvement en prenant la douche, une sensation étrange dans la jambe, je me suis fait mal je crois, murmuré dans un froncement de sourcils. Le retour au fauteuil confirme que quelque chose ne va pas, je me cale, bouge le moins possible, toute la journée, faire l'autruche-guerrière qui met en oeuvre quelques pensées magiques qui rassurent et des saboteurs qui assurent, ne pas en faire un plat, pas une nouvelle fois, pas le temps, pas envie, pas maintenant. Et le voyage en Lorraine tout programmé, hôtel réservé, rendez-vous amies et anciennes amours impatiemment attendus et ce Noël en famille qui nous a tant fait défaut ces dernières années. Non, c'est non, et non, et non.

    Et si.

    Pourquoi ?

    Parce que c'est ainsi (font fond f'hon*) *interjection naturelle de l'ado qui est contre une idée et puis parce qu'il me fallait un troisième fond (d'oeil bien sûr sinon c'est moins drôle)

    J'ai tenu la journée mais le coucher du soir et la terrible nuit qui suivit, ne laissèrent la place à aucun doute, j'ai un grave problème au niveau de la hanche droite. Toute la nuit je me prépare, je réveille le vieux courage qui sommeille en moi, celui que je réserve aux hôpitaux, un vieux briscard à la peau tannée, un dur-à-cuire de la première heure, qui m'a déjà aidée à traverser tant de champs de bataille. Il ne fanfaronne pas. Il bougonne un peu, en écho à mes soupirs contrariés. Il faut bien dire que depuis l'accident de septembre 2014 (ah mais alors c'est ça le début ?), je ne l'ai laissé dormir que d'un oeil, combattant jours et nuits des douleurs perfides et insomniaques. Combat de titane, guerre d'os rouillés, vertèbres mâche-nerfs et muscles de pierre.  Je le sollicite bien moins qu'avant quand même, depuis de longues années maintenant d'autres chevaliers sont venus nous prêter main-forte, plus subtils, plus puissants que ma pomme et la seule force de caractère. Il y a dans nos rangs le vieux sage guérisseur-intérieur qui se reconnaît en Laurent qui est L'or-en, la force de l'Esprit des pierres et des prières à l'anagramme signifiant,  la puissance de la méditation qui ouvre le canal, l'énergie des guéris-sons, la vieille sorcière encapuchonnée qui communique en images et en langue des oiseaux et la plus jeune : l'âme-soeur, la vieille éléphante-chaman avec ses plumes, sa sauge et ses cailloux-cadeaux en forme de coeur à qui sait lire autre chose que des mots.

    En ce petit matin à l'aube usée, c'est au vieux courage que j'en appelle. En cet instant froid de décembre, n'être qu'un corps blessé au coeur vaillant. Composer le 15. Il est des lieux où les alliés de l'arche doivent savoir se faire puissamment invisibles.

    Chaque mot prononcé à partir de cet instant est sans surprise, du regard décontenancé du médecin du SAMU à son appel au tri, du couloir bondé des urgences du CH d'Aix au "c'est pas facile de lire vos radios" de la jeune interne qui m'annoncera quand même, triomphante que je n'ai "qu'une grosse sciatique" et que je vais pouvoir rentrer à la maison, avant de revenir, penaude, peuchère la pauvrette, une heure plus tard, avec un diagnostic de descellement total du cotyle, émis par un chirurgien orthopédique qui ne daignera même pas venir me voir sans s'appeler Gregory House pour autant. Les médecins et infirmières sont devenus pathétiquement prévisibles, cadenassés entre protocoles, charges de travail, annihilation programmée de leurs capacités dont en premier lieu leur liberté de penser par eux-mêmes. J'aurai un sourire triste et inquiet quand, trois jours plus tard, j'aurai enfin accès à cette radio, car un enfant jouant aux playmobils aurait compris que "la boule doit être dans la coupe " pour que l'articulation fonctionne, mais visiblement cette jeune femme était plus spécialiste de douche froide que de découpe de poulet du dimanche ; une enfance difficile peut-être, un stage en ortho à remplir des dossiers numériques au chevet du lit-porte ou du lit-fenêtre sans doute, pas devant des clichés de prothèses de hanche assurément. "On va vous mettre en chambre" claironne t'elle toute à sa joie de libérer un demi-box que je partage avec une gentille dame-cagole, car ou bien que aixoise, fraîchement liftée, qui vient de faire probablement un "accident ischémique transitoire mais c'est pas grave Madame" ...

    Samedi après-midi, je sais déjà que rien ne sera fait pour moi jusqu'au lundi. Commence alors une attente qui en fait de quelques trop longues heures va durer ...trente jours.

    Voilà pourquoi nous ne savons pas l'avenir. Monsieur Courage, aussi courageux soit-il, prendrait dare-dare la poudre d'escampette. Nous développerions illico moult stratégies d'évitement et à force d'éviter nous passerions à côté, - à côté de quoi  ? vous entends-je penser, de la lévitation justement ;) arghh allez va un petit zeste (avec ou sans e) d'humour ne sera pas superflu au cours de ce récit sop-horrifique, laidifiant et cruel. A côté de quoi ? insisteriez-vous, ne vous étant pas laissés noyer par mon poisson. Du potentiel de développement intrinsèque contenu pour vous dans la-dite expérience et de ses compagnons les sus-dits chevaliers. Ceux de l'arche qui, comme chacun sait, permet d'être dedans, par-dessus et au-travers tout à la fois. Voilà qui est dit. Et voilà qui éclairera peut-être ma précédente note qui propose d'aimer la vie pour tout ce qu'elle contient, on peut apprendre à tout aimer dans cette vie. Le conflit par exemple, non pas pour le conflit lui-même mais bien parce qu'il contient dans son essence même, tout le potentiel de Paix qui s'y rattache, et toutes vos possibilités de l'atteindre, la Paix pas le conflit. 

    Alors, rassurez-vous, il ne s'agira pas dans les épisodes qui vont suivre de transformer ce lieu qui m'est cher en bureau des plaintes, pleurs et complaintes, ni de vous raconter les longs hurlements nocturnes de la dame souffrant d’Alzheimer et d'une fracture du col du fémur de la chambre d'à-côté, ni de vous tirer les larmes en vous décrivant comme un homme qui souffre entre les mains de l'aide-soignante de nuit la plus incompétente qu'il m'est été donné de rencontrer, en vient à appeler sa mère tout en sanglotant et suppliant qu'on ne le touche plus. Maman, maman. Faut l'entendre pour y croire.

    Il ne s'agira (presque) pas de faire un procès à aux ARS(ouilles) pour les meurtres de nos hôpitaux publics.

    Il ne s'agira en rien de donner une quelconque leçon de vie / de courage / de cuisine macrobiotique.

    Mais alors ?

    Il s'agira de proposer un témoignage, d'explorer des possibles et des peut-être, teintés de pourquoi-pas & autres et si et si ... épissétout et c'est déjà beaucoup.

    Alors qu'on se le dise âmes non-sensibles s'abstenir car pour ce voyage en cet endroit l'envers est roi. 

  • De l'intention

    Jour deux de l'an 17

    Nous sommes en Vie. C'est un fait mesurable selon des critères physiques. Le souffle en mouvement. Sommes-nous vivants ? Qu'est-ce qu'être vivant ? Cela sert-il à quoique ce soit ou au contraire sommes-nous nuisibles ? Etre en vie est un miracle qui se suffit à lui-même ? Et si la vie n'avait d'autre sens que d'être ?

    L'an 2016 a été rude d'épreuves. Épurée. Nue. Expiatrice. Révélatrice.  Renaître quasi rien. Quasi.

    Certaines dimensions humaines me pèsent. Je m'agace puis je me souviens d'instants incroyables de conscience. Comment faire que ceux-ci transcendent ceux-là ? Tout choisir. Pas comme on trie mais comme on épouse.  Etre le hasard, sa propre chance.

    Je nous souhaite vos meilleurs voeux. Que les liens soient d'amour.

  • Jouez violons !

    Symphonie maladroite, cacophonie merveilleuse, initiation féroce, rite de passage en humilité, épreuve d'ultime résilience.

    Pantin absolu ou guerrière de l'impossible ?

    Finalement ce qui fait la différence n'est pas le résultat de l'expérience qui, quel qu'il soit est parfait, mais la façon dont vous l'évoquez, creusant, au creux de vos neurones attentifs, la voie. Votre voie. Ce chemin unique dont vous serez dignement fiers ou résolument honteux. Progresser, en conscience de ce qui vous motive intrinsèquement et du comment vous souhaitez percevoir vos choix dans l'avenir, donne au présent son éclat puissant. 

    Faire de son mieux, avec coeur, tout est parfait, sont de grands libérateurs. Etre d'humbles responsables résilients : la voie, les pas et le dessein. Il faut, pour cela, bien s'aimer. Gonfler son âme entière de confiance. Savoir trébucher et renaître trois fois. Dépouillé, dépecé presque, ne conservant peut-être qu'un infime voile, pudique et mystérieux, sur l'abysse intérieur ainsi visité, traversé, illuminé. Ainsi va la voie. Etre non pas parvenu mais parvenant.  Par vices et victoires, défaites assommoirs, renaissances subtiles. Légers, comme de la cendre, au son des violons.

     

  • In-dicible

    Partir méditer

    Être renversée par une voiture.

    Méditer.

    Seul le résultat compte.

    Dans la fulgurance de l'accident, la bouffée de colère évacuée dans une insulte, des pensées lumineuses explosent en moi, je suis en vie, ma conscience est bien présente, quelle chance j'ai eu, transcender ce contretemps sera essentiel. J'observe la panique de cette jeune fille, choisis immédiatement de rester calme, je suis de toutes façons un peu groggy par le choc à la tête et toujours ce sang qui coule, j'ai froid, j'ai si froid, de violents tremblements révèlent à chaque seconde des douleurs qui se précisent. Le pied, l'épaule et ce bras que je ne peux pas bouger, les hanches qui hurlent comme des sirènes. Il y a cet homme que je connais mais que je n'identifie pas, il parle au médecin régulateur, décrit mon état, me pose des questions tout en réclamant des couvertures aux personnes qui sont arrivées. Je plonge en observation de mon corps, prends garde de respirer le plus calmement possible pour apaiser les tremblements et éviter à tout prix de me contracter ce qui augmenterait excessivement la douleur liée au fait d'être couchée sur la route. Attendre. Que les pompiers arrivent. Lâcher prise, faire confiance à ceux qui sont là. Des visages connus se penchent sur moi. Mais Marie qu'est-ce qui se passe ? Je réponds que j'ai été percutée par une voiture. Je vois Michel, ou plutôt Jean-Michel, je suis à deux endroits à la fois, dans la profondeur de mon corps blessé et dans la gestion des faits de surface, je lui demande de s'occuper de mon fauteuil en sachant que cela implique que mes filles soient mises au courant de l'accident, je le supplie de les rassurer, puis je replonge dans l'inspection de mes blessures et commence le travail.

    Le travail ?

    Oui le travail. L'indicible travail de préparation aux gestes qui vont immanquablement arriver, mobilisation par les pompiers, transport, transfert aux urgences, transfert pour les radios et peut-être même les opérations car à ce moment là je me sens comme cassée en morceaux.

    Je me prépare à répondre aux interrogations des soignants qui seront perplexes devant mon anatomie, déstabilisés par la difficulté à "trouver une veine" ou une molécule que je tolère.

    Et je commence en parallèle le travail de guérison sur une pensée puissante "Ma petite cocotte tu as quinze minutes pour te réparer un maximum pour qu'en arrivant aux urgences ça soit le moins grave possible", je suis à ce moment emmaillotée dans le matelas coquille des pompiers.

    Je pourrais ne pas vous raconter cela, je ne vous demande pas de me croire ni de m'approuver. Je vous le dis dans cet esprit de partage qui anime "Les femmes en disent" depuis sa création.

    Depuis sept années que j'écris vous avez du sentir la profonde mutation que j'ai opérée dans la façon de me soigner et plus largement de vivre. Les rapports intimes entre mes pensées, mon âme et mon corps sont aujourd'hui plus conscients, plus harmonieux, accompagnés, guidés par quelques personnes que je pourrais qualifier de lumineuses si ce terme n'était pas galvaudé et terni par des vendeurs de chimères et des voleurs d'âmes.

    Souffle, circulation d'énergie, relaxation en pleine conscience, gratitude, confiance, croyance dans la métamorphose, tous les outils que j'ai pu croiser, comprendre, expérimenter, je les mets à cet instant au service de ma guérison. Je plonge profondément, à tel point que le pompier qui me surveille durant le trajet me rappelle à lui, hop hop hop, vous restez avec nous, me dit-il. Quelque part mon "mental" frappe déjà à la porte, pourquoi un tel accident en une si belle matinée, quel jour sommes-nous, encore en septembre. Je repousse les questionnements à plus tard me sentant déjà libérée de toute colère et dans l'acceptation d'un fait évident. C'est ainsi, j'ai été renversée par une voiture.

    Reste l'indicible invisible.

    Et le résultat.

    Il est 9h50 quand le véhicule entre dans le sas des urgences. Soixante cinq minutes se sont écoulées depuis l'impact.

     

  • In-visible

     Immergée dans la chaleur d'une couverture légère à l'aube d'un dimanche matin tout baigné d'un soleil joyeux bien qu'automnal. Été indien il parait. Un régal. La petite sonnerie du réveil voudrait me tirer du flottement des rêves, debout Margotte la marmotte, debout tu as prévu d'aller méditer avec Lama Samten revenu de Québec, il fait beau et les oiseaux pépient déjà avec ardeur. Quelle flemme susurre amusée la petite voix intérieure, je sais méditer, un peu, je peux méditer dans le fond de mon lit, noyée de lumière et du frôlement doux des lits du matin. Debout, debout chante le réveil, les oiseaux et l'envie de retrouver Lama Samten, Jason et Cécile et Marielle et tous ces beaux sourires. Me voilà fraîche et dispose, reposée, restaurée, habillée de soie orangée et de coton kaki, bisous, bisous mes filles adorées je reviendrai vers treize heures, nous mangerons ensemble, bonne matinée mes amours. Et me voilà partie, juchée sur mon carrosse, foulard de ma soeur en mode routard et sourire aux lèvres pour la petite route qui mène aux gîtes de Cécile. L'air est si doux, passer le carrefour, prendre à gauche pour rejoindre le petit marché ou tout droit par la grande rue ? Tout droit. Longer le muret de la maison qui fait l'angle, tiens le gros labrador n'y est pas. Vrombissement d'un moteur.

     

    Ma tête, le muret, le sol. Explosion de violence. Je suis couchée sur la route, des soubresauts secouent mon corps tout entier. J'ai mal. J'ai mal. Je tente de réunir mes pensées. J'ai mal. Je suis couchée sur la route. J'ai mal. Du sang coule de ma tête. Impact. Mais non. NON. Je réalise que je viens d'être percutée par une voiture. J'ai mal. Au secours, mes jambes, mes jambes. Le choc d'une violence inouïe, ma tête contre le muret. Cette voiture dont je ne vois plus que les roues et puis elle. Elle qui fait le tour de sa voiture infernale et qui se penche par dessus mon fauteuil, vide de moi, pour me regarder, couchée sur la route. "Mais quelle conne" hurle soudain toute ma colère, qui va s'occuper de mes enfants maintenant hurle la mère que je suis, mon fauteuil tout neuf pleure la personne handicapée qui sait tout le mal qu'elle a eu pour avoir ce fauteuil magique. Aidez-moi, mais aidez-moi hurle mon corps blessé, mettez-moi sur le dos, elle s'exécute et là je la regarde. Je vois une toute jeune fille dans une panique totale, elle ressemble à ma nièce Charlie, je ne vous ai pas vue, je ne vous ai pas vue à cause de la buée sur ma vitre, je ne vous ai pas vue, dit-elle en litanie. Elle veut appeler les secours, compose le 17. Dans ma tête je pleure que les pompiers c'est pas le 17. Puis un visage qui ne m'est pas inconnu se penche sur moi. Calmez-vous me propose t'il gentiment, sa voix me rassure, il est déjà au téléphone avec les pompiers, réclame des couvertures, je lui dis la route si dure, si froide, que j'ai mal à la tête, mon sang a coulé jusqu'au sol.

  • Mais où est-il donc passé ?

    Ce curieux mois de septembre ! Voilà bien longtemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles et depuis quelques jours elle me démange, me grattouille, la plume !

    Mes amis, mes amis, j'ai survécu à une tempête ! Une de plus me direz-vous, en septembre encore.

    Un résumé ?

    - Un bras cassé pour Eva le 30 août, petit radius en motte de beurre, la médecine ne manque pas de métaphore, de résine aux urgences ah non là c'est trop demander ...

    - Une rentrée en 6° plâtrée faute de mieux, une rentrée en seconde

    - un coup de fil pour grande Fantastic sur liste d'attente pour une licence le jeudi 4 à 15h00 pour une pré-rentrée obligatoire le ...5 à 14h00 .... à LYON yahouuuuuuuuuuuuu ça n'a plus cessé depuis, nous nous sommes toutes engouffrées dans le tambour de la machine à laver.

    En une semaine ma grande a réussi l'exploit de s'inscrire à la fac, se trouver un appart, signer son bail, acheter des meubles sur le bon coin, déménager au milieu de la paperasse, formalités diverses, ouverture du gaz, abonnement transport et contractualisation d'un prêt étudiant parce que l'urgence ça douille !!! Pilotée à distance dans tous les sens du terme par maman qui bénit un peu plus Internet chaque jour !

    - une installation et un envol un peu douloureux pour ma deuxième grande qui va commencer sa prépa-kiné lundi qui vient.

    - Au milieu des rentrées municipales, communautaires et associatives.

    - Perturbée par un accident de travail pour ma chère auxi Véro qui paye l'incompétence d'un formateur sous label, vacances + arrêt pour la seconde auxi, au secours la remplaçante mais là ça mérite une note entière pour un zéro pointé, label Handéo qu'ils disaient ...e 

    - Ponctué d'un merveilleux Festival Rendez-vous oh le bien que ça nous a fait !

    - Hachée par un genou en beurre fondu qui ne cesse de me lâcher en septembre le mois des fuites !

    - Et hier sous la pluie et le plafond qui menace de rompre tant le toit, émoi, prend l'eau.

    Mais où est-il donc passé ?

    Ce curieux moi de septembre ?

    J'ai survécu, mes filles sont merveilleuses !

    Des envies et des projets plein le bureau, un livre à éditer, un autre à écrire et des notes pour tout vous raconter, cet été riche de travail sur moi, des expériences chamaniques incroyablement merveilleuses, un petit livre précieux sur le pardon à partager avec vous.

    Forza Forza Fémina (mais un peu trop dans le dur encore à mon goût)

    Et puis cette France qui va si mal.

  • Campagne

    Un hiver en campagne, une équipe qui se forme, des idées, des projets, une face à découvrir, Marie se présente aux élections municipales. C'était maintenant ou jamais !

     

    élections,municipales,2014,villelaure,jean-louis Robert

     

    http://ensemblevillelaure.blogspot.fr/