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Le temps d'une image

  • L'éternelle

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    Photographie Maxine Decker Photographe© - Déesses

     

     Elle a vingt ou mille ans

    Et qu'elle ouvre son âme, ses bras ou bien son coeur,

    Tu sais au fond de toi que brisé tu seras, dans une vie, dans une heure.

    Qu'elle parte ou qu'elle te garde, quand tu la perds tu pleures.

     

    Elle a vingt ou mille ans

    Et tu l'aimes comme un fou, depuis longtemps tu vois.

    Elle attendait de vivre dans tes yeux, dans ton corps et ta foi.

    Avant de la connaitre elle était déjà là.

     

    Elle a vingt ou mille ans

    Et il t'en faut plus alors pour que tu la comprennes, la chérisses et l'honores.

    Dans toutes ses tendresses, des matins les plus purs jusqu'aux soirs pailletés d'or.

    De l'aube des caresses aux longs soupirs encore.

     

    Elle a vingt ou mille ans

    Et elle est Dame Nature, faite femme pour toi, déesse des eaux vives et princesse des bois.

    Merveilleuse éphémère, bienheureux bien-aimé d'un conte où tu es roi.

    Prisonnier volontaire d'un amour courtois.

     

    Elle a vingt ou mille ans

    Et si  elle est alors, muse divine et féconde, de la coupe sacrée l'écrin intemporel

    Elle enfante pour toi, et le monde et le ciel, amante adamantine des amours charnelles,

    Gardienne au creux du corps de la flamme éternelle.

     

  • Chronos

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    Il y a l’eau, le soir naissant, l’eau, les rides irisées, l’eau, le soleil de jeune nuit, l’eau, le vent caresse et le piano bateau qui semble aussi léger qu’une éphémère. C’est sauvagement beau, farouchement poétique, ça vous saisit le cœur à plein regard.
    Il y a la rive, peuplée d’une cohorte joyeuse, hétéroclite, les maillots de bains chips côtoient le brunch chic du couple tout de blanc vêtu, venu de Lourmarin et « seulement pour le piano », les familles qui repoussent un peu la fin de ce week-end de fête des mères par cet impromptu aqua-musical. C’est surprenant, communiant, rassemblement improbable, ça vous unit l’âme en pleine humanité.
    Puis les premières notes qui répondent à la promesse. Sur la rive le silence conquis, sur l’eau la résonnance cristalline, enchanteresse, sur la rive le même frisson qui nous relie les uns avec les autres, ensemble dans le partage, reconnaissants.
    C’est un moment d’humanité. Un magnifique et doux morceau de temps gravé à jamais sur la courbe de chronos.
    Le violoncelle sur le ponton chante maintenant avec le piano.
    Apparaît un Pégase flottant, portant une autre fée de la musique, qui braille. Un interlude loufoque pourquoi pas, nous sommes bien venus pour un piano sur l’eau alors une sirène palmée chevauchant baudruche aux ailes d’or ne devrait pas nous étonner. Elle prend place au piano, le tulle de sa robe enchevêtré dans les palmes comme des algues. Et, massacrant chant et musique bien que faisant la démonstration d’une belle capacité vocale, déclame quelques vers qui se veulent décalés comiques. Certains le sont comiques, voire déjantés voire complètement barrés voire trop. Presque. Le violoncelle détache ses amarres il ne flotte pas tout à fait et l’instrument prend l’eau. Les regards s’interrogent, espérant que ça ne dure pas mais l’interlude prend de vilains airs de seconde partie, le ton devient vulgaire. Le violoncelle est maintenant couché dans l’eau, le tuba fini noyé dans un couac gargouillant. Le couple tout de blanc vêtu quitte démonstrativement la rive pour regagner la hauteur qui surplombe la scène.
    Après quelques trop longs morceaux la première musicienne est revenue au piano, l’envie inassouvie est toujours là bien que projetée dans un abysse de questions, pourquoi ? Aurions-nous dû nous en douter ? Serions-nous venus ? Est-ce bien ou mal ? Elle joue quelques notes pansements. L’autre fille éponge la queue du piano sur laquelle elle dégouline. Le piano radeau de la méduse dérive.
    En sommes-nous réellement là ? Sommes-nous capables de nous réunir pour assister impuissants au naufrage de l’art et d’instruments si précieux sous les yeux de quelques-uns qui auront sacrifié quelques deniers ou énergies pour offrir aux enfants un moment non-ordinaire ? Ou justement l’Art est venu nous demander si nous allions sombrer avec le navire ?
    Nous sommes comme des réfugiés sur cette rive, survivants d’un monde qui sombre en lui-même, venus chercher un souffle d’espoir en cet ailleurs si proche et qui, finalement, nous aura bousculés éhontément, refoulés dans ce que nous portons de médiocre, vulgaire amas de chair avide de poésie foutraque.
    Je me surprends à penser "on est foutus" avec dans le rôle de "on" l'humanité, une sorte de révérence irrévérencieuse, un crépuscule grandiose et grotesque, un aveu de potentiel gâché consciemment.
    Le piano sur l’eau a tenu sa promesse, un peu, et tout le contraire.
    Ce soir le piano sur l’eau était un homme.
    Comme si nous ne méritions pas la splendeur.

  • Sagesse de feuille morte

    Jardin noyé de pluie. L'automne a mené avec lui l'eau du ciel, salvatrice. Un automne doux, de renaissances.

    Enfin abreuvée la nature gorgée s'est offert un nouveau printemps, un supplément d'âme pour montrer que la vie est, patiente, tapie sous les sèches. Un éclat de verdure avant le grand sommeil.

    Là, dressée sur la nappe d'herbe crue, l'or élancé du prunier sauvage. Flamme éclatante d'un cycle qui touche au but. Or jaune d'un été glorieux, branches tendues au ciel d'azur.

    Et l'ondée s'est faite rage, puis déluge. Tonitruante Durance, mistral fougueux. L'été est mort dans la violence d'un sombre ciel au regard de cendres.

    Là, sur le tendre tapis, gisent les larmes dorées du vieux prunier.

    Vient l'ultime étape, éteindre un à un les soleils qui étoilent le jardin, pour les rendre à la terre.

    Pourrir, noblement, nourrir les futurs. Car c'est ainsi que vivent les hommes. Nature.

    Que naîtra-t-il de la rudesse ?

    Crachins, gelures, calamiteuses plaies viendront tourmenter l'hivernale nuit et quand les corbeaux, la sorcière et les êtres méchants, tous gonflés de nos peurs, s'arrogeront le printemps, il nous aura fallu du sauvagement doux et de longues veillées pour conter aux enfants la sagesse des pruniers.

    Aux armes citoyens et qu'elles soient de parole, d'actes clairs, coeurs purs, têtes hautes, vaillamment.

    Aimez-vous comme de l'or, vous qui n'êtes que des fruits, destinés à pourrir en regardant le ciel.

    Dans tous nos jardins les vieux pruniers sauvages, de la nature et des hommes sont souvent les plus sages.

    Pour qui vous pensez-vous qui prenez la parole, vous disant haut et fort maîtres des paraboles.

    Avez-vous seulement lu le livre des jardins car si vous l'aviez fait vous sauriez-vous nains, bienheureux sans le sou, aussi puissants que poux.

    Vous pensez écrire l'histoire, prétentieux humains, bruyants épouvantails qui ne verront demain. Votre langue est funeste, la pitrerie grotesque. Tout juste parviendrez-vous à dorer vos blasons mais n'égalerez jamais feuilles mortes au gazon.

    Taisez-vous donc alors et laissez la parole, à quelques feuilles d'or qui en savent plus encore.

  • Imagine

    auribeau,maxine decker

    Copyright © Maxine Decker

     

    Imagine

    Il y aurait l'absence, tue et je serais, là. 
    Il y a ici le banc, trop petit paraît-il,
    Est le silence, je m'y assois, encore, 
    Si j'ignorais, jusqu'alors, son existence 
    Éternelle fulgurance, de mémoire, subtile 
    L'homme derrière,  moi et le bois mort
    L'arbre à l'ombre douce, berce l'âme
    Seule. La lumière vit. Inonde l'essence,
    Au fond, le coeur des fleurs denses. Immobile,
    Tuer las le mal, d'une mauve souffrance
    Indolence vague au souffle. Visible, là.
    Tu es. Mon amour, infini. Sois encore.

     

  • Les mémoires de janvier

    mémoires,janvier

    La terre est gelée vive, l'air tendu à bleu sous le ciel à fond dur des jours pétrifiés.

    La glace des mémoires réfléchit les silences clairs obscurs des naissances mortelles.

    Les amants sont fourbus des étreintes enlacées et perdues des amours passées.

    Or, l'abandonnée au froid ne craint les hivers, confiante patiente-t-elle. 

    Des braises la consument pour que s'allument encore les couchants incendiés.

    La pétillante est sous les couches, serpentine germée au cœur rougi des poêles.

    Joie, faut-il que tu sois fruit de l'aurore glacée des jours si courts des années ?

    Née des frimas pour mieux mourir d'aimer, souvenir vivant des mémoires de janvier. 

  • Couleurs d'intérieur

    déco,salon,orange,mauve



    alors je compte sur vos avis avisés ! c'est pour le salon cette fois !
  • Mékeskecé ??

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  • Jour de marché(Z) moi dessus

    Faites le buzz !!

    Solidarité par le Net (à diffuser largement)
     
    La Municipalité de Châtillon Coligny (petit bourg du Loiret dans la région de Montargis), a pris soin par soucis du bien-étre des personnes handicapées a créé quelques places de parking à leur intention.

         C'est bien :)

    Les jours de marché ou de manifestations diverses, la même municipalité ,n'hésite pas à faire installer pour quelques deniers supplémentaires ,stands et étals sur ces mêmes places, invitant ainsi les GIC ou GIV , venant faire leur courses à aller se   garer  où bon leur semble.

        C'est mal :(

    Bien que cela se renouvelle systématiquement,ce n'est certe ici qu'une anecdote sans grande importance  en cette période de crise ou d'endémie porcine .

     

    Cependant nos élus ne cessant de rappeller à la civilité et à la solidarité  les citoyens que nous sommes , en verbalisant , taxant,et quêtant  il serait bon qu'ils sussent montrer l'exemple  et appliquent la législation en vigueur.

     

    Merci de diffuser largement ce mail ,de quelques endroits où vous étes , il finira peut étre par arriver sur la table d'un élu responsable dans un ministére ,une préfecture,une mairie  .Amis du net  , les handicapés du Loiret Montargois vous en remercient.

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  • Vous me reconnaissez ?

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    C'est un article qui vient de paraître dans le magazine du département : Vaucluse magazine, merci à son auteure qui, depuis, lit le blog, c'est d'ailleurs comme ça qu'elle m'a contactée, en faisant une recherche elle était tombée sur la note "projet de vie" ouille :)

    Je la remercie pour cet article qui est sans langue de bois pour un journal édité par le conseil général, chapeau !

    Bon après ça le CG et la MDPH vont traiter mon dossier vous croyez ????

  • Là où s'envole l'alouette

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    Avec la musique en entier puisque c'est elle qui m'a inspiré ce texte et que le lecteur s'arrête avant la fin !! : http://www.deezer.com/track/817245





    Plus il avance sur le chemin et plus les battements de son cœur s’accélèrent, c’est comme si sa poitrine essayait d’exploser !
    Il marche à vive allure dans l’ombre fraîche des saules et des noisetiers qui bordent le sentier qui mène aux vieux près, repoussant de ses bras les branches souples dans l’exubérance des lieux qu’on abandonne.

    Ses pensées caracolent entre joie et impatience, immergé de verdure et des senteurs du sous-bois il perd la notion du temps, était-il si long ce chemin ou est-ce son envie d’arriver qui lui donne cet air malin de bout du monde ?

    Et si elle n’était pas là ? Et s’il avait mal interprété le message ? Il balaye cette pensée d’un revers de la main comme on chasserait un insecte agaçant. Non, impossible, depuis quelques mois qu’il suit sa trace il a appris à se fier à son intuition. Elle sera là. Alors, alors il pourra l’entourer de ses bras, plonger dans la lumière de ses yeux, la boire toute entière en un regard, se réchauffer à l’odeur de sa peau, respirer à son souffle.
    Le manque d’elle le mord au creux du ventre comme une faim soudaine, comme s’il avait été contenu là durant ces longs mois de séparation.

    C’est l’éclat vif du plein soleil sur le visage qui le tire de ses pensées et lui fait plisser les yeux. Il est arrivé au sommet du vallon.

    La prairie toute entière est baignée dans l’or de la chaleur douce de la fin d’après-midi de ce 5 juin.
    Il voudrait imprimer à jamais cette image sur le fond de ses rétines, les vagues que le vent dessine dans les herbes hautes, l’alignement des pommiers du vieux verger, la ligne sombre de la forêt de sapins, les ruines de la bergerie toutes envahies de lierre et puis elle. Elle, posée là, comme une fleur des champs, debout, lui tournant le dos, la brise jouant dans les longueurs de sa chemise blanche sous ses cheveux si bruns et c’est comme si elle dansait dans cette image bucolique, à quoi pense t’elle ?

    Alors, un imperceptible mouvement la saisit aux épaules, elle se fige, comme si elle avait senti son regard posé sur elle, elle sait qu’il est là, elle pivote vers lui dans le tourbillon joyeux des instants uniques. Un éclat de rire les unit maintenant dans leur course l’un vers l’autre.

    Il la regarde s’approcher, lui fait un théâtre de ses mains, un sourire infini illumine son visage. Il mesure la folie de son geste, la folie de leur histoire, l’immense richesse de la vie. Dans quelques secondes ils seront réunis.

    Il lève les yeux vers le ciel quand soudain, dans l’improbable lumière, s’envole une alouette.