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Ma vie secrète

  • Imagine

    auribeau,maxine decker

    Copyright © Maxine Decker

     

    Imagine

    Il y aurait l'absence, tue et je serais, là. 
    Il y a ici le banc, trop petit paraît-il,
    Est le silence, je m'y assois, encore, 
    Si j'ignorais, jusqu'alors, son existence 
    Éternelle fulgurance, de mémoire, subtile 
    L'homme derrière,  moi et le bois mort
    L'arbre à l'ombre douce, berce l'âme
    Seule. La lumière vit. Inonde l'essence,
    Au fond, le coeur des fleurs denses. Immobile,
    Tuer las le mal, d'une mauve souffrance
    Indolence vague au souffle. Visible, là.
    Tu es. Mon amour, infini. Sois encore.

     

  • Eau de là

    J'ai dit au-revoir à mes enfants

    Montré ma voie à mes parents

    Remercié mes bons amis. Puis

    J'ai fermé les yeux et je suis partie,

     

    Tout en douceur arrêter de respirer

    Ici je flotte, je ne suis qu'une

    Vapeur légère, impression sur l'air, enfin

    J'ai fermé les yeux et je suis partie,

     

    La joie de mon coeur pivoine a glissé

    Sur la joue fraîche de vos délicatesses

    Vos âmes frissonnent à la caresse alors

    J'ai fermé les yeux et je suis partie,

     

    Merveilleuse légende, impalpable chimère

    Tout en chair, en pensées, échos bruyants de vie

    Insondable silence égal à nos mépris, frères

    J'ai fermé les yeux et je suis partie,

     

    Chantez plus que pleurer

    Vivez dès à présent, et

    Aimez toujours plus, si cette nuit

    J'ai fermé les yeux. Et je suis partie.

  • Les saisons germinales

    Aux musiques de mes silences il en est de paisibles.

    Suivant les silences pétrifiés des bords de rives rocailleuses, les silences trop chargés des tumultes assourdissants de va-et-vient infertiles, ils sont lumière douce et pénétrante de l’élan renaissant des obscurs, les prémices d’une nouvelle aurore harmonique. Imperceptible frémissement de l’âme subtile, qui se sait être en vie au creux de tous les hivers, le regard mutin et profond comme les gouffres, l’étoile du défi scintillante au flux à nouveau ressenti et aimé. Myriades de possibles composant mille voies, mille joies et autant d’abyssales désespérances qui nous laissent pitoyables et géniaux, musiciens vagabonds ayant pour toit la voûte céleste et au creux de soi la douce vie, chatoyante comme un trésor  sacré et éternel. Passent les corps flottants, le souffle de l’esprit comme une caresse illumine, tour à tour à tour, dans la litanie des renouveaux.

    Aux musiques de mes silences il en est de paisibles. Nourris de vos paroles, écoute attentive du chant de vos blessures aux cris de vos victoires, être n’est pas toujours de paroles. S’avance ma saison germinale, je la goûte comme la promesse d’un fruit sucré à souhait, posant désormais sur ce temps d’être, un regard attendri, bienveillant, abreuvé d’une prévoyante gratitude pour les futurs présents qui dessinent sous les paupières mi-closes les arabesques des jours enchanteurs.

    Aux musiques de mes silences. Il en est de paisibles. 

  • Il neige

    Il neige. Oh rien d'étonnant à celà, c'était prévisible, annoncé, risqué. N'empêche qu'il neige, depuis le milieu de la nuit. Et ça continue de tomber, en rideaux serrés, un manteau de froid est venu recouvrir les quelques fleurs téméraires et impatientes de goûter au printemps, qui s'étaient risquées à pointer leur nez sous les caresses d'un soleil de janvier chaleureux et si bien venu dans cet hiver, certes clément, qui n'en reste pas moins un hiver.

     

    C'est le silence qui interroge, autant que les chants d'oiseaux entendus il y a peu. Et les pensées livrées à elles-mêmes virevoltent comme les flocons. Le temps est suspendu, la Provence soudain immobile, si vite pétrifiée par ces frimas auxquels elle ne s'habituera sans doute jamais.

     

    Ici rien n'est jamais prêt pour faire face au froid. Ici les changements de temps sont douloureux à mon corps avide de bon temps. Alors la maison se calfeutre, fait le dos rond sous l'eau cristalisée, la chaleur viendra de l'intérieur pendant quelques jours, -16 ° annoncés pour dimanche quand même ... espérons que les réserves rechargées ces derniers jours résistent à ce soudain grand froid, en attendant le dégel.

     

    Ici il neige, dehors aussi, en ces temps de vigilance orange. 

    vigilance orange.JPG

  • Comme un parfum d'orange et de magie.

    Je reviens de trois jours avec la chère équipe, trois jours lyonnais comme je les aime, les jours et les Lyonnais.

     

    Le départ avait été difficile, la fatigue présente et à venir, mon absence de la maison à laquelle s'ajoute celle de ma Petite Fantastic pour le week-end, et aussi parce que depuis septembre j'avais oublié.

    J'avais oublié comme c'est bon d'être avec eux, d'entendre vraiment leurs rires sans le filtre parfois saturé de la connexion orange. De sentir leurs folles énergies et de renouer les complicités.

     

    La distance a ses conséquences que la raison seule ne peut contenter, parce qu'il fait bon parfois de respirer le même air et de vibrer au même rythme et que le très intéressant télétravail n'empêche pas le très appréciable télatravail. Qu'il soit télé ou t'es là, il y a eu du travail, de la réflexion, de  la projection, de l'animation à venir, du travail mais pas que. Il y a eu aussi une soirée avec l'équipe presque au grand complet.

     

    Et cette soirée a été toute animée de magie, et quelle magie, de l'époustouflant, du bluffant, des Oh et des Ah voire même des ahahah amusés, yeux écarquillés et autres Put..n, mais on ne dit pas Put..n, on dit Magicien dixit le Magicien lui-même ! On dit même Pierre Manu créateur d'impossibles.  Je n'en dirai pas plus parce qu'il faut le voir ou plutôt être spectateur et ne rien voir pour apprécier pleinement son art et repartir la tête pleine de questions quant aux impossibles rendus possibles le temps d'un battement d'aile de papillon.

     

    En parlant de papillons, vendredi j'ai rencontré Marie Garnier, auteure du Nid des papillons, qui a la gentillesse de m'inviter à une projection d'Intouchables suivie d'un débat dans un lycée professionel de Lyon, ça c'est le déplacement lyonnais du mois de février qui s'annonce. Une jolie rencontre donc avec Marie, ou comment mettre une voix et de la vie sur un visage, connu figé sur Facebook. Une belle rencontre, un good-feeling immédiat ! Je me surprends à être intarrissable au sujet de ce film, il faut dire qu'il m'a touchée à plus d'un titre, du défilé des auxiliaires à la solitude, en passant par les cases dépendance, différence, probables sujets du débat. Il m'a touchée aussi par sa trame de fond au parfum d'orange et de magie et même si là ne sera pas le coeur du débat, ici le coeur bat et c'est bon.

     

    Je terminerai cette note saturnienne par un voeu mais chuuut vous savez bien que les voeux se font en silence, le mien je le confie au mistral qui souffle en diagonale ce soir.

     

    A vos voeux, prêts ? Voulez !