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Mais que fait la police ?

  • Chronos

    piano,eau,bonde

    Il y a l’eau, le soir naissant, l’eau, les rides irisées, l’eau, le soleil de jeune nuit, l’eau, le vent caresse et le piano bateau qui semble aussi léger qu’une éphémère. C’est sauvagement beau, farouchement poétique, ça vous saisit le cœur à plein regard.
    Il y a la rive, peuplée d’une cohorte joyeuse, hétéroclite, les maillots de bains chips côtoient le brunch chic du couple tout de blanc vêtu, venu de Lourmarin et « seulement pour le piano », les familles qui repoussent un peu la fin de ce week-end de fête des mères par cet impromptu aqua-musical. C’est surprenant, communiant, rassemblement improbable, ça vous unit l’âme en pleine humanité.
    Puis les premières notes qui répondent à la promesse. Sur la rive le silence conquis, sur l’eau la résonnance cristalline, enchanteresse, sur la rive le même frisson qui nous relie les uns avec les autres, ensemble dans le partage, reconnaissants.
    C’est un moment d’humanité. Un magnifique et doux morceau de temps gravé à jamais sur la courbe de chronos.
    Le violoncelle sur le ponton chante maintenant avec le piano.
    Apparaît un Pégase flottant, portant une autre fée de la musique, qui braille. Un interlude loufoque pourquoi pas, nous sommes bien venus pour un piano sur l’eau alors une sirène palmée chevauchant baudruche aux ailes d’or ne devrait pas nous étonner. Elle prend place au piano, le tulle de sa robe enchevêtré dans les palmes comme des algues. Et, massacrant chant et musique bien que faisant la démonstration d’une belle capacité vocale, déclame quelques vers qui se veulent décalés comiques. Certains le sont comiques, voire déjantés voire complètement barrés voire trop. Presque. Le violoncelle détache ses amarres il ne flotte pas tout à fait et l’instrument prend l’eau. Les regards s’interrogent, espérant que ça ne dure pas mais l’interlude prend de vilains airs de seconde partie, le ton devient vulgaire. Le violoncelle est maintenant couché dans l’eau, le tuba fini noyé dans un couac gargouillant. Le couple tout de blanc vêtu quitte démonstrativement la rive pour regagner la hauteur qui surplombe la scène.
    Après quelques trop longs morceaux la première musicienne est revenue au piano, l’envie inassouvie est toujours là bien que projetée dans un abysse de questions, pourquoi ? Aurions-nous dû nous en douter ? Serions-nous venus ? Est-ce bien ou mal ? Elle joue quelques notes pansements. L’autre fille éponge la queue du piano sur laquelle elle dégouline. Le piano radeau de la méduse dérive.
    En sommes-nous réellement là ? Sommes-nous capables de nous réunir pour assister impuissants au naufrage de l’art et d’instruments si précieux sous les yeux de quelques-uns qui auront sacrifié quelques deniers ou énergies pour offrir aux enfants un moment non-ordinaire ? Ou justement l’Art est venu nous demander si nous allions sombrer avec le navire ?
    Nous sommes comme des réfugiés sur cette rive, survivants d’un monde qui sombre en lui-même, venus chercher un souffle d’espoir en cet ailleurs si proche et qui, finalement, nous aura bousculés éhontément, refoulés dans ce que nous portons de médiocre, vulgaire amas de chair avide de poésie foutraque.
    Je me surprends à penser "on est foutus" avec dans le rôle de "on" l'humanité, une sorte de révérence irrévérencieuse, un crépuscule grandiose et grotesque, un aveu de potentiel gâché consciemment.
    Le piano sur l’eau a tenu sa promesse, un peu, et tout le contraire.
    Ce soir le piano sur l’eau était un homme.
    Comme si nous ne méritions pas la splendeur.

  • In-visible

     Immergée dans la chaleur d'une couverture légère à l'aube d'un dimanche matin tout baigné d'un soleil joyeux bien qu'automnal. Été indien il parait. Un régal. La petite sonnerie du réveil voudrait me tirer du flottement des rêves, debout Margotte la marmotte, debout tu as prévu d'aller méditer avec Lama Samten revenu de Québec, il fait beau et les oiseaux pépient déjà avec ardeur. Quelle flemme susurre amusée la petite voix intérieure, je sais méditer, un peu, je peux méditer dans le fond de mon lit, noyée de lumière et du frôlement doux des lits du matin. Debout, debout chante le réveil, les oiseaux et l'envie de retrouver Lama Samten, Jason et Cécile et Marielle et tous ces beaux sourires. Me voilà fraîche et dispose, reposée, restaurée, habillée de soie orangée et de coton kaki, bisous, bisous mes filles adorées je reviendrai vers treize heures, nous mangerons ensemble, bonne matinée mes amours. Et me voilà partie, juchée sur mon carrosse, foulard de ma soeur en mode routard et sourire aux lèvres pour la petite route qui mène aux gîtes de Cécile. L'air est si doux, passer le carrefour, prendre à gauche pour rejoindre le petit marché ou tout droit par la grande rue ? Tout droit. Longer le muret de la maison qui fait l'angle, tiens le gros labrador n'y est pas. Vrombissement d'un moteur.

     

    Ma tête, le muret, le sol. Explosion de violence. Je suis couchée sur la route, des soubresauts secouent mon corps tout entier. J'ai mal. J'ai mal. Je tente de réunir mes pensées. J'ai mal. Je suis couchée sur la route. J'ai mal. Du sang coule de ma tête. Impact. Mais non. NON. Je réalise que je viens d'être percutée par une voiture. J'ai mal. Au secours, mes jambes, mes jambes. Le choc d'une violence inouïe, ma tête contre le muret. Cette voiture dont je ne vois plus que les roues et puis elle. Elle qui fait le tour de sa voiture infernale et qui se penche par dessus mon fauteuil, vide de moi, pour me regarder, couchée sur la route. "Mais quelle conne" hurle soudain toute ma colère, qui va s'occuper de mes enfants maintenant hurle la mère que je suis, mon fauteuil tout neuf pleure la personne handicapée qui sait tout le mal qu'elle a eu pour avoir ce fauteuil magique. Aidez-moi, mais aidez-moi hurle mon corps blessé, mettez-moi sur le dos, elle s'exécute et là je la regarde. Je vois une toute jeune fille dans une panique totale, elle ressemble à ma nièce Charlie, je ne vous ai pas vue, je ne vous ai pas vue à cause de la buée sur ma vitre, je ne vous ai pas vue, dit-elle en litanie. Elle veut appeler les secours, compose le 17. Dans ma tête je pleure que les pompiers c'est pas le 17. Puis un visage qui ne m'est pas inconnu se penche sur moi. Calmez-vous me propose t'il gentiment, sa voix me rassure, il est déjà au téléphone avec les pompiers, réclame des couvertures, je lui dis la route si dure, si froide, que j'ai mal à la tête, mon sang a coulé jusqu'au sol.

  • Chronique d’une guerre ordinaire

    Quelques mois déjà que j’ai le projet de changer de fauteuil et de véhicule. Après essais, j'ai validé le choix d’un fauteuil roulant électrique Permobil avec l’ergothérapeute de la MDPH. Pendant deux semaines j’ai eu ce fauteuil à l’essai, force est de constater à quel point ce fauteuil entièrement réglable électriquement au niveau des repose-pieds, de l’assise et de l’inclinaison du dossier, pouvait m’apporter non pas un confort mais une qualité de vie que j’ai perdue depuis longtemps.

    Une des étapes de ce dossier consiste à solliciter la sécurité sociale pour une prise en charge. Il me faut donc une ordonnance sur laquelle figurera le type de fauteuil roulant, ordonnance établie par un médecin de réadaptation fonctionnelle qui est censé être l’expert qui doit m’accompagner sur ce choix.

    Le directeur du magasin de matériel médical Benoît, qui est mon fournisseur et néanmoins ami, me propose de m’accompagner à ce rendez-vous. Je ne conduis plus depuis quelques mois, je décide de prendre un bus pour me rendre à ce rendez-vous et Benoît me raccompagnera la maison après. Le rendez-vous est à 10 heures, mon périple commence donc par l’expérience bus, montée avec un chauffeur pour qui c’est « la première fois », la descente périlleuse à cheval entre chaussée et trottoir non aménagé, stationnement en double file, derrière le bus un bouchon commence à se former, je suis évidemment observée tout le temps de la manœuvre, dans les petites villes où l’accessibilité est récente nous faisons offices de pionniers.

     J’arrive avec quelques minutes d’avance. Le bureau de ce médecin de réadaptation fonctionnelle est en rez-de-chaussée de l’unité de soins longue durée de l’hôpital de Pertuis, service vétuste  digne d’un mouroir du XIXe siècle. Je pousse une porte battante au pied d’un escalier de pierre qui mène aux étages. Je suis maintenant dans un couloir vide qui dessert quelques bureaux et ce qui semble être un espace de stockage de matériel. Personne. Une feuille A4 en guise de plaque sur la porte m’indique que je suis au bon endroit.

    Entre alors un monsieur d’un certain âge pyjama et fauteuil roulant du siècle dernier, poussé par deux ambulanciers qui ne me diront même pas bonjour. Ils garent le fauteuil, donc l’homme, contre un mur et entrent dans ce qui semble être un bureau d’accueil puis en ressortent en bougonnant « on n’a pas que ça à faire, on ne va quand même pas attendre » puis s’en vont.

    Je vois que l’homme assis dans le fauteuil est en train de glisser, le fauteuil n’est pas pourvu de repose pieds, j’ai d’abord cru qu’il essayait de trouver une position plus confortable mais je comprends qu’il n’a pas la force dans les jambes pour rester en position assise. Il glisse encore un peu plus, j’ai l’impression qu’il va tomber. Je commence à regarder de part et d’autre du couloir espérant une présence. Ah voilà une infirmière passe, je l’interpelle.

    « - alors Monsieur qu’est-ce qui vous arrive ?

    -          Je voudrais aller aux toilettes dit-il.

    -          Ah bah moi je peux rien faire pour vous j’ai mal au dos » répondra l’infirmière qui s’empresse de quitter le couloir".

    Benoît arrive à ce moment-là, aussitôt il propose son aide pour redresser l’homme dans son fauteuil mais une autre infirmière passe.

    « -  qu’est-ce que vous faites Monsieur ? »

     Benoît répond : - cet homme va tomber son fauteuil,

    -           ah mais ça c’est pas mon service et puis j’ai mal au dos » répondra à nouveau cette infirmière.

    Arrive alors l’infirmière responsable de l’accueil des bureaux qui s’adresse directement à l’homme dans le fauteuil roulant « vous êtes qui Monsieur qu’est-ce que vous venez faire ici comment vous appelez-vous. » L’homme très âgé ne peut visiblement pas répondre à ces questions. S’adressant alors à moi elle me demande qui est cet homme !  Je réponds que j’ai vu les ambulanciers arriver, déposer quelque chose dans le bureau puis repartir sans autre précision. Elle s’adresse à nouveau à lui « vous habitez où Monsieur ? » Il répond à Toulon. Fort peu probable qu’une personne de Toulon vienne rencontrer un médecin de réadaptation fonctionnelle à Pertuis. Ce dialogue est entrecoupé de quelques réflexions qui ne s’adressent à personne d’autre qu’à elle-même « ben je suis bien barrée avec une histoire pareille ». Elle finit par retrouver les documents laissés par les ambulanciers dans le bureau cet homme a été amené d’une des maisons de retraite des alentours, il n’aurait bien évidemment pas dû être laissé seul par les ambulanciers : il vient pour la confection d’un corset de maintien pour des raisons d’insuffisance respiratoire liée à une déformation de la colonne vertébrale, il devrait être en transport couché, autrement dit les ambulanciers n’aurait jamais dû l’asseoir dans ce fauteuil roulant emprunté à l’hôpital, absolument pas adapté à sa pathologie.

    Intérieurement je bouillonne, pour des raisons évidentes de rentabilité, les ambulanciers ont fait le choix de ne pas attendre et de laisser cet homme en situation de grande dépendance dans des conditions inappropriées et dangereuses.

    La personne que je dois consulter fait alors sa grande entrée avec déjà une demi-heure de retard par rapport à l’horaire de mon rendez-vous et je constate que l’homme dans le fauteuil roulant à rendez-vous avant moi, elle a donc probablement au moins une heure de retard. Les salles d’attente ne portent jamais si bien leur nom que dans les milieux médicaux, les patients eux patientent.

    Elle entreprend de pousser elle-même le fauteuil sans même réaliser qu’il n’est pas pourvu de repose pieds et les pieds du Monsieur sont entraînés sous les roues ce qui manque bien évidemment de le faire basculer, au-delà de provoquer des douleurs violentes puisque l’homme se cabre et pousse un grognement. "Bah alors Monsieur vous ne m’aidez pas beaucoup" lui dira-t-elle, avant de s’enfermer avec lui dans son bureau. Personne ne s’est soucié de la seule requête qu’il aura pu faire, à savoir aller aux toilettes. Après quelques minutes on entend un bruit sourd, l’infirmière de l’accueil se dirige vers le bureau, on entend la voix étouffée de la médecin de réadaptation fonctionnelle dire «  ah ben voilà il est tombé, il est derrière la porte je ne peux pas le relever." On appelle des brancardiers qui poussent la porte donc l’homme pour pouvoir entrer. Ils le relèvent, l’assoient dans un fauteuil plus adapté, l’homme semble légèrement choqué je dois dire que moi aussi.

    Le médecin de réadaptation fonctionnelle décide alors qu’elle ne peut rien faire pour lui et l’homme est envoyé aux urgences, "de toutes façons il est en insuffisance respiratoire".

    Se tournant alors vers moi elle me dit «c’est à nous ».

    J’entre dans un bureau exigu, encombré de deux chaises, pas la place pour un fauteuil devant le bureau.

    Je n’ai jamais rencontré cette personne auparavant elle commence donc à remplir un dossier, nom prénom, puis une question « vous vivez en foyer ? » puis une affirmation : « vous vivez seule bien sûr »...  Je réponds "non je vis avec mes quatre filles", (j’avoue que dans ces situations pouvoir répondre je vis avec mon mari et nos enfants me procurait une satisfaction supplémentaire » … « ah elles s’occupent de vous alors , je réponds "ça leur arrive mais c’est surtout moi qui m’occupe d’elles." Puis elle me demande où j’ai été opérée. A Nancy. Vous êtes de Lorraine ? J’y ai fait mes études, vous étiez à Flavigny alors (foyer pour jeunes adultes handicapés). Non j’étais à la fac de sciences. »

     En termes de préjugés j’ai l’impression que ce médecin pourrait obtenir la palme d’or.

    Le ton est donné, je comprends qu’obtenir une ordonnance correspondant au fauteuil que j’ai choisi ne va pas être une mince affaire.

    Je lui dis que je viens pour un renouvellement d’ordonnance avec changement de type de fauteuil elle me répond "je veux bien vous croire qui est-ce qui vous a prescrit ce fauteuil il n’est absolument pas adapté à votre morphologie". Pour la première fois je suis bien d’accord avec elle, mon fauteuil n’est effectivement plus adapté à ma morphologie c’est bien pour cela que je souhaite en changer ! Je ne chercherai pas à expliquer pourquoi il a été totalement adapté à ma situation lors des deux derniers renouvellements je ne chercherai pas à expliquer que ce choix avait été fait en fonction de ma motricité, des contraintes que j’avais pour la plate-forme de mon véhicule adapté, du fait que ce fauteuil soit pliant et puisse être mis dans le coffre d’une voiture, je la laisse critiquer le travail de son confrère d’Avignon, je la laisse se sentir supérieure et plus intelligente que les autres, j’ai une seule idée en tête obtenir la bonne ordonnance, quitte à la manipuler un peu. Je vais devoir user de stratégie.

    « Vous êtes toute tordue » me dit-elle, elle manipule mes jambes et mes bras comme si j’étais une poupée de chiffon, soulève mon T-shirt, tente de me redresser dans ce qui est pour elle la seule et unique bonne position. Elle dit « Pour vous il vous faut une coque moulée. » Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, une coque moulée est réalisée sur-mesure et vous maintient dans une seule et unique position ne laissant libre que les bras. Cette préconisation est aux antipodes de ce que je souhaite, elle ajoute « il suffira de fixer la coque au châssis de votre ancien fauteuil ça ira bien ».

    Je fais tout pour garder mon calme. Elle enchaîne je vois bien que ce choix n'a pas l’air de vous plaire, je lui confirme que ce choix ne me convient pas, j’ai déjà des difficultés de mobilité que je compense par des mouvements du buste entier par exemple, être attaché dans une coque me condamnerait à une immobilité quasi complète, à la formation d’escarre et surtout à subir une augmentation forte de mes douleurs chroniques que seul un changement régulier de position peut limiter. Elle ricane un peu, « non mais regardez-vous, continuez à vous déformer de la sorte et bientôt vous serez en insuffisance respiratoire. Vous n’avez pas l’air de vous en rendre compte ajoute-t-elle, il faut bien que je vous explique les choses. » Avisant alors mes chaussures elle décrète c’est de la décoration alors que mes chaussures ont été réalisées sur-mesure. Je lui explique qu’effectivement j’ai des problèmes depuis plusieurs mois pour me chausser que je souffre d’un mal perforant plantaire et que les douleurs dans mon pied sont telles que je ne supporte plus aucune contrainte, elle conclut alors « une bonne paire de chaussons en laine devrait faire l’affaire. »

     Je suis atterrée mais ne cherche pas à la contredire ce médecin est en train de me sortir le florilège des petites phrases assassines.

    Nous en revenons au choix du fauteuil, j’argumente, j’ai besoin d’un fauteuil muni de suspensions très efficaces ce qui n’est pas le cas de mon fauteuil actuel qui de toute façon est en fin de vie, j’ai donc besoin d’un fauteuil prévu pour aller à l’extérieur je négocie le choix d’un fauteuil dont l’assise et le dossier soient entièrement réglables, muni de cale tronc pouvant me garantir une posture sans toutefois m’imposer une contrainte permanente.

    Elle sort alors son ordonnancier et commence à rédiger sa préconisation : achat d’un fauteuil roulant électrique de type AA2 avec dossier et assise inclinables dossier modulaire appui-tête repose-pieds électriques, accoudoirs sur mesure et adaptés à la taille, cales latéraux de maintien. Raison justifiant le changement de type de fauteuil « aggravation de l’état du tonus et de la scoliose » signée docteur Atlani, Pertuis. (Une coque n’aurait fait qu’augmenter la perte de tonus musculaire).

    Je suis soulagée, l’ordonnance peut correspondre au fauteuil que je souhaitais acheter.

    Je n’ai qu’une hâte, quitter ce bureau. Même si c’est une victoire elle a un goût amer, le goût de cette guerre ordinaire que nous, personnes handicapées, devons mener pour faire nos propres choix et pour obtenir le matériel qui nous permet de conserver une qualité de vie acceptable, en dépit des préjugés et des incompétences de médecins qui sont persuadés de savoir ce qui nous convient le mieux, sans avoir cherché à comprendre qui nous étions et quelle vie nous souhaitions mener.

    Quelle vie aurait été la mienne si j’avais dû entrer dans leurs moules, écouter tous les freins, toutes les peurs et tous les mauvais conseils de soi-disant experts ? Cette vie -là ne serait pas la mienne, elle serait celle que la société pense devoir être la mienne.

    Aujourd’hui notre gouvernement nous impose un nouveau report de la pleine accessibilité de la cité France, alors notre gouvernement est comme le docteur Atlani qui préconise une coque moulée quand je peux bénéficier des dernières avancées technologiques en matière de fauteuil roulant électrique.

    Notre gouvernement fait le choix de ligoter des milliers de personnes, quitte à proposer une prise en charge de misère, des milliers de personnes qui pourraient bénéficier d’une prise en compte de la part de celles qui ont le pouvoir de prescription et de valoriser de façon optimale leur pleine inclusion, seule garante d’une vie digne d’un 21° siècle qui peine à vivre son humanité.

    Je m’élève contre les prescripteurs incompétents, je m’élève contre le report de la pleine accessibilité de notre pays, je m’élève contre les prises en charge de seconde zone et les économies à court terme.

    Je milite pour une prise en compte de tous, parce que vous le savez bien, ça n’arrive pas qu’aux autres. Pensez-y avant de faire partie de nos rangs, c’est plus facile pour faire les travaux.

     

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  • Article du Dr Marc Girad : un appel à la raison

    Préambule : article_Dr_Girard ( Grippe A H1N1 ).pdf

     

     

    Un jeune ouvrier demanda un jour à son maître :" Maître si un jour j'ai un couteau, risquerai-je de me couper"

    Le maître saisit alors sa hache et décida d'en infliger un coup à tous ses ouvriers.

    "Ceux qui esquiveront mon coup de hache, pourront utiliser les couteaux.

    Ceux qui n'esquiveront pas ... n'esquiveront pas."

    Moralité : si tu trouves un couteau n'en parle pas au maître de la Hache (1N1 bien sûr)

     

     Tout ça pour dire qu'il faut raison garder, ouvrir ses yeux et ses oreilles et essayer de démêler les ficelles médiatico-politico-sanito-profito-pendables parce que dans moins de 2 semaines nous devrons tous prendre une décision binaire :

    - j'y vais / j'y vais pas

     

    Décision suivie de quelques autres :

    - si j'y vais, j'y vais avec mes parents/enfants/amis ... ?

    marquée à la culotte par :

    - si je n'y vais pas est-ce que je donne mes raisons à mes parents/enfants/amis ?

    toutes celles-ci vite remplacées par :

    - si ça devient obligatoire parce que, s'ils ne vont pas au bout, le gauffrage politique et économique est tellement énorme qu'en fait il ne peuvent plus faire marche arrière, est-ce que je suis cap/pas cap de faire acte de désobéissance civile ?

     

    Cela sans compter avec les nombreuses interrogations que vos investigations sur le net auront fait sauter à votre figure ...

     

    Depuis de trop longues années notre santé est mise à mal par les lobbyies de la pétrochimie et de l'industrie pharmaceutique, aujourd'hui, à l'image des poulets en batterie ou des porcs, c'est l'heure de la vaccination de masse ?? En troupeaux ?

     

    Pour un virus qui tue moins que la grippe habituelle ou saisonnière (ce qui ne veut rien dire puisqu'elle change tous les ans ... ben si comme le vaccin sinon c'est moins drôle...) ?

     

    Pour l'économie du pays ? Et les épidémies de gastro-entérites chaque année un peu plus violentes ça ne nuit pas à l'économie du pays ça ? et les maladies provoquées par l'ingestion d'aspartame et de pesticides ça ne nuit pas ? ah non je m'égare pour ces maux là il n'y a pas de vaccin et en plus ça rapporte une 2° fois pour les traiter !!!

     

    La seule idée de me présenter au sein du troupeau pour recevoir ma dose me révulse !!! La santé n'est pas une affaire de masse, c'est une aventure individuelle et chacun doit rester libre de ses choix en matière de soins.

     

    Une chose me parait évidente ce soir : je n'ai strictement aucune confiance dans les instances impliquées sur le sujet.

    Ce n'est pas être d'accord ou pas d'accord avec une politique, c'est n'avoir plus aucune confiance. Et vous ?

     

  • Cuisine !!!

    OoOoOoOoOhhh mon dieuuuuuuu !!!

    Là vous avez le droit de vous dire :" keskispassedonk" ??
    Et là je vous répondrai que vous avez bien raison de vous poser la question !!!!

    Imaginez une tite maison en Provence (jusque là tout va bien)
    Imaginez une tite dame handicapée qui habite dans la tite maison en Provence (mouais ...)
    Imaginez que la tite dame dans la tite maison elle a prévu des tits travaux (ha ha)
    Imaginez que la tite dame elle aime les choses simples comme prévoir de faire descendre des murs, refaire 50 m2 de carrelage, changer tous les meubles et tout l'éléctroménager ... (aaaaaah ben oui quand même)

    Bon maintenant imaginez-vous 7 mois plus tard (ben oui hein c'est le temps qu'il faut à la MDPH du Vaucluse pour traiter un dossier d'aménagement de logement et encore c'est pas fini ...) donc 7 mois plus tard, il fait beau, les enfants sont partis chez papi, mamie, Hôm et tite dame travaille à domicile au milieu du chantier de rénovation ... bim , bam, boum tombent les murs, flip, flap a brand new carrelage, toc toc toc Monsieur C discount livre l'éléctroménager tip top pas cher (oui c'est de la pub)(1 000 € économisé sur 4 appareils ça vaut le coup) jusque là tout va bien ...

    Un caisson, deux caissons, une faça... une faç quoi ?? une façade Bergame .... nooooooooooooooooooon pas Bergame !! Moi j'ai choisi Estoril laqué cannelle !!!

    ah ben là je crois bien qu'il y a un tit problème hein ... c'est pas la bonne cuisine !!
    Et vous savez quoi ??
    L'usine est fermée jusqu'à fin août !!!!!!!!!!!!!!!!!

    Bon ben les photos de la brand new cuisine ça sera plutôt pour fin septembre !! En attendant quelques photos de ici et maintenant .... !!!

    la semaine dernière :

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    il y a quelques jours :

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    ce soir :

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    sinon je vais préparer un diaporama pour vous donner une idée de tout ce que je ne vous ai pas encore raconté ... j'ai enfin sorti les photos de mon téléphone, sur certaines il ya de la neige !! ça rafraîchit !! Mince j'ai baptisé le dossier "divers juillet 2009" j'aurais du mettre "D'hiver à juillet 2009" ... le temps passerait-il trop vite ... ou alors l'emploi du temps est bien occupé ... voui ça doit être ça !!

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  • Lyon, son métro, son tramway, son escalator

    Faites vos jeux, les paris sont ouverts : Peut-on emprunter un escalator avec un fauteuil roulant électrique ?

      

     

    Réponse demain, là je vais dormir, sont fous ces Lyonnais, c'est sans doute pour ça que je les aime tant !

     

    Bonne nuit, la mienne va être ... super longue, plus de 5 heures !!!

  • Jour de marché(Z) moi dessus

    Faites le buzz !!

    Solidarité par le Net (à diffuser largement)
     
    La Municipalité de Châtillon Coligny (petit bourg du Loiret dans la région de Montargis), a pris soin par soucis du bien-étre des personnes handicapées a créé quelques places de parking à leur intention.

         C'est bien :)

    Les jours de marché ou de manifestations diverses, la même municipalité ,n'hésite pas à faire installer pour quelques deniers supplémentaires ,stands et étals sur ces mêmes places, invitant ainsi les GIC ou GIV , venant faire leur courses à aller se   garer  où bon leur semble.

        C'est mal :(

    Bien que cela se renouvelle systématiquement,ce n'est certe ici qu'une anecdote sans grande importance  en cette période de crise ou d'endémie porcine .

     

    Cependant nos élus ne cessant de rappeller à la civilité et à la solidarité  les citoyens que nous sommes , en verbalisant , taxant,et quêtant  il serait bon qu'ils sussent montrer l'exemple  et appliquent la législation en vigueur.

     

    Merci de diffuser largement ce mail ,de quelques endroits où vous étes , il finira peut étre par arriver sur la table d'un élu responsable dans un ministére ,une préfecture,une mairie  .Amis du net  , les handicapés du Loiret Montargois vous en remercient.

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  • Qu'est-ce qui fait bondir Marie ?

    ralala ... j'ai beaucoup hésité sur le titre de cette note avant même de l'écrire !

    J'avais pensé à "je suis une garce" mais non quand même, c'est que j'ai une image à préserver :) et puis je me suis dit que vous alliez vous dire "Marie elle ne poste qu'une fois par semaine, elle fait dans le titre raccoleur" d'ailleurs j'avais pensé aussi à "je suis une femme libre, mon téléphone c'est sacré" ou "le grand bordel dans les fichiers" mais non, non décidément cette vulgarité ne me ressemble pas alors, alors quoi ? qu'est-ce qui fait bondir Marie ??

    Ah ben le voilà le titre "qu'est-ce qui fait bondir Marie "un mélange de mégalo-mytho-humour" comme je les aime surtout quand je suis Zénervée !!!

    Bon allez Marie, dis-nous ce qui t'énerve ....

    Et si je vous dis PROSPECTION PAR TELEPHONE ???? là, voilà je vois que vous m'avez comprise ....

    Je n'en PEUX PLUS !!!!! ça augmente d'année en année, aujourd'hui j'en suis à 2 ou 3 appels ..... par JOUR, c'est horrible, à tel point que si vous m'appelez et que je vous réponds style chien qui aboie dites-vous simplement que vous êtes le 4° appel masqué du jour ... et oui chez moi vaut mieux dire à l'avance qui vous êtes pour que je vous réponde de ma voix la plus suave ou enjouée (c'est selon) !!!

    Alors moi aujourd'hui je vais vous donner mon secret, mon arme absolue pour couper la chique à tous ces prospecteurs de me deux qui appellent bien sûr à midi quinze ou 19h30 en fonction du contenu du panier garni que j'ai gagné pour l'ouverture du magasin "Mes outils en or" ou "Met mon masque à l'argile des flancs de côteaux des bords de la Durance sur ta face". Oui je vais vous dévoiler mon arnaque anti "je me fais avoir sans sortir de chez moi" et je vous rappelle que téléprospectrice j'ai été, pas longtemps certes : 3 semaines et demi mais dans ces métiers c'est déjà de l'ancienneté, donc un petit truc tout en douceur, hop t'as rien compris mon gars que tu es déjà en train de raccrocher, l'argumentaire stoppé net à la première phrase !!

    La première phrase, hé, hé, c'est celle qui, après avoir vérifié que vous êtes le chef de famille ou que vous savez utiliser une carte bancaire, va valider le critère principal pour lequel vous figurez sur ce fichier, autrement dit ce sur quoi s'est engagé le vendeur du fichier ... vous suivez ???

    Alors nous avons :
    Vous avez entre 25 et 60 ans, c'est bien votre cas Madame Decker ?
    Dans le cadre d'une étude nous appelons les propriétaires de votre région ?
    Votre mari bricole/jardine/boit du vin ???
    Êtes-vous satisfaite de votre forfait mobile ?

    Les deux premières étant bien sûr les principales. Alors depuis quelques mois je mens .... et oui, avec un aplomb à faire rougir tous les pinocchios ! Je sais c'est mal :)

    Bon je ne vous cache pas que du coup ma colère ressemble maintenant à un fou-rire planqué un peu potache mais au moins ça m'amuse !!

    Vous avez entre 25 et 60 ans, c'est bien votre cas Madame Decker ?
    Moi "ah non pas du tout ! J'ai 18, 70 ans" ça dépend des jours ... je vous garantis que c'est imparable, ils ne peuvent pas aller plus loin car leur produit ne s'adresse qu'à cette clientèle !

    Dans le cadre d'une étude nous appelons les propriétaires de votre région, c'est bien votre cas Madame Decker ?
    Moi "ah non pas du tout" (je le tiens très bien maintenant celui-là :) ) je suis locataire .... je suis désolée ... et là ce sont eux qui s'excusent de m'avoir dérangée !!! Ils peuvent car OUI ça me dérange !!

    Bon je vous raconte celle d'aujourd'hui ...

    elle -"Bonjour je suis Madame XXX pour directe énermachin (bon là ça me gonfle de leur faire de la pub alors un vendeur alternatif d'électricité (arf vendeur alternatif pour de l'électricité, même pas fait exprés) ) Vous connaissez sans doute ?"

    Moi - "NON"

    elle -"la pub vous savez avec deux oiseaux"

    Moi - "je n'ai pas la télévision"

    elle - "arf arf arf"

    elle a tout simplement éclaté de rire tellement ça lui paraissait incongru de vivre sans télévision ... alors je me suis amusée un peu :

    elle - vous connaissez d'autres distributeurs d'éléctricité qu'EDF

    moi - "je n'ai pas d'éléctricité"

    elle - "?ù$#!!?"
    moi - enfin plus exactement nous produisons notre propre éléctricité

    elle -"alors vous avez des panneaux solaires"

    moi -" oui, oui et une EOLIENNE dans notre jardin"

    elle -"EXCUSEZ-MOI DE VOUS AVOIR DERANGEE"

    moi -"au-revoir ... bon courage !!!"

    Je sais je suis une garce, c'était ça le vrai titre de la note :)

    Essayez vous verrez ça fait du bien, quand on sait le niveau d'endettement du pays et des familles, quand on sait que la croissance n'est surtout pas la réponse et même si je sais qu'il faut bien que les boîtes vendent leur production je milite pour une libération de mon téléphone et de tous les téléprospecteurs : libérez-les, mettez le bordel dans les fichiers :)

  • âmes sensibles s'abstenir

    C'est fait !!

    Vous vous souvenez il y a quelques semaines (mois oui je sais on va dire que j'ai "un peu" repoussé le truc) je vous avais dit que je devais passer entre les mains du masseur Dr Ross DENTISTE ah là ça rigole déjà moins ... et bien c'est fait, exit, basta ouste les quenottes ... je suis contente (si, si) parce que je n'ai pas été hospitalisée comme prévu, j'ai trouvé un dentiste INTELLIGENT qui pense à la sécu et à mon temps plus qu'à son portefeuille !! si ça existe ! On a fait descendre mon INR et monter mon TP (taux sanguins qui diligentent ma vie depuis le pontage) dans des mesures raisonnables pour faire la double extraction (oh mon dieuuuuuuuuuuuu) dans des conditions mesurées de risques d'hémorragie (en même temps comme il l'a dit lui-même on n'a jamais vu personne mourir d'une hémorragie de la gencive :)) ça serait gore à souhait non ?) et tranquillement arghhhh il m'a anesthésié la gencive, vous savez avec cette aiguille qu'on sent rentrer dans la gencive comme on piquerait dans un caoutchouc dense, avec le même couinement humide d'ailleurs, dessus, dessous, DANS la dent qui sent sa dernière heure arriver ... et puis il commence l'extraction ... c'est bien ancré une dent hein ... c'est à ce moment là qu'on se demande pourquoi il faut l'enlever cette dent ... mais là c'est trop tard la pince qui la tenaille exerce une pression (vous allez sentir une pression c'est normal) qui vous amène à penser que l'homme au bout de la pince est peut-être un grand malade, qu'il va vous enlever la dent et la mâchoire autour, vous ne savez plus si vous devez accompagner ses mouvements ou résister pour que ça aille plus vite et là ... crac (c'est normal ce bruit  Madame) argggghhh le bruit de la dent qui casse et qui vous résonne jusque dans le cervelet !!! Ensuite il y a bien sûr le bonheur du fil à pêche qui vous coupe la commissure des lèvres pendant que môssieur se la joue couturière ! Et comme chez moi un bonheur ne va jamais seul, quand il a fini la première il a attaqué la deuxième, seringue, pince, crac, umpfffffff, crac, umpfffffff,crac, umpfffffff,crac, roulette, fraise, .... pied de biche, arghhhh ... c'est fou comme on peut sentir une racine sortir de la gencive hein ...

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    gniark, gniark, gniark ... suis cruelle hein ... vous avez mal là ??? moi non (enfin plus maintenant) ! propofan mon ami x 2, une dose à faire décoller un éléphant mais alors rose l'éléphant très rose, un éléphant Barbie :))

    Comment ça vous allez m'en vouloir de vous raconter des trucs pareils, je suis partageuse, c'est gentil non ?? D'ailleurs comme je suis très partageuse demain je vous raconte comment je grimpe au plafond ...

     

    Trop gentille, moi je vous le dis :)))

  • Holala

    And now ladies and gentlemen .......... tadaaaaaaaaaaaaa !!

    http://www.holala.ch/actu/769.html

    for more : www.esthetique-et-handicap.com


    Oh la la ...... !!!!

    Et encore vous n'avez pas vu le tableau ..... :)))