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Nouvelle symphonie

  • Jouez violons !

    Symphonie maladroite, cacophonie merveilleuse, initiation féroce, rite de passage en humilité, épreuve d'ultime résilience.

    Pantin absolu ou guerrière de l'impossible ?

    Finalement ce qui fait la différence n'est pas le résultat de l'expérience qui, quel qu'il soit est parfait, mais la façon dont vous l'évoquez, creusant, au creux de vos neurones attentifs, la voie. Votre voie. Ce chemin unique dont vous serez dignement fiers ou résolument honteux. Progresser, en conscience de ce qui vous motive intrinsèquement et du comment vous souhaitez percevoir vos choix dans l'avenir, donne au présent son éclat puissant. 

    Faire de son mieux, avec coeur, tout est parfait, sont de grands libérateurs. Etre d'humbles responsables résilients : la voie, les pas et le dessein. Il faut, pour cela, bien s'aimer. Gonfler son âme entière de confiance. Savoir trébucher et renaître trois fois. Dépouillé, dépecé presque, ne conservant peut-être qu'un infime voile, pudique et mystérieux, sur l'abysse intérieur ainsi visité, traversé, illuminé. Ainsi va la voie. Etre non pas parvenu mais parvenant.  Par vices et victoires, défaites assommoirs, renaissances subtiles. Légers, comme de la cendre, au son des violons.

     

  • Seule à voix basse

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    Avec ma solitude j'irai par les chemins qui mènent à la Durance, troquer la résistance en langueur nostalgique, l'effriter aux galets qui roulent dans le courant. Enchanter ma peine dans le souffle du vent, les larmes perlées émues du chèvrefeuille, d'un éclat de coeur, d'un rire d'oiseau. Si longue que danse la route, à s'en faire exploser les poumons aux parfums épais d'un printemps solaire.

    Seule, seule, seule, seule, avec ma solitude, au milieu de ce paradis peuplé de petits frères des cimes, sous le regard du rapace tournoyant, majestueux. Il n'est de pierre au chemin des ombres et des oiseaux. Filer grand train, décoller, s'envoler, survoler, rêver de long voyage. Aller jusqu'à l'eau vive, noyer l'ombre née des gouffres, puiser l'essence lumineuse des pensées sans mot. Pardonner. Essayer au moins. Un détail, une écorchure. Essayer au corps. Mesurer les arpents de rochers et de glace, et les printemps, et la cadence soudain joyeuse d'un coeur vivant.

    Au retour libéré, siffler un air ami, inondé de joie et de couchant. Rentrer à la maison. 

     

     

  • Les mémoires de janvier

    mémoires,janvier

    La terre est gelée vive, l'air tendu à bleu sous le ciel à fond dur des jours pétrifiés.

    La glace des mémoires réfléchit les silences clairs obscurs des naissances mortelles.

    Les amants sont fourbus des étreintes enlacées et perdues des amours passées.

    Or, l'abandonnée au froid ne craint les hivers, confiante patiente-t-elle. 

    Des braises la consument pour que s'allument encore les couchants incendiés.

    La pétillante est sous les couches, serpentine germée au cœur rougi des poêles.

    Joie, faut-il que tu sois fruit de l'aurore glacée des jours si courts des années ?

    Née des frimas pour mieux mourir d'aimer, souvenir vivant des mémoires de janvier. 

  • Projet de vie, 5 ans plus tard ...

    Et voilà qu'est venu le temps du renouvellement de ma PCH,

    Projet de vie sur 5 ans me fallait-il écrire.

    Un petit tour sur le projet de vie d'il y a 5 ans, pour constater que si on m'avait dit en ce temps que : ma boîte coulerait, que j'embarquerais dans le grand navire Handicap.fr, que je vivrais les montagnes Tibetaine du couple pour finir dans la fosse des Marie-âne ou mari-âne ça dépend encore des jours, que je ferais la montée de l'Everest sac d'os et roues libres mais rouillées, enrouées avant ou afin de réapprendre à respirer, que ma route serait ponctuée, d'orages, avec ou sans haine, d'orange, de neiges éternelles, c'est beau mais c'est haut, de livres qui élèvent pour moins peser et de choix qui pèsent pour ne pas s'envoler trop vite, trop loin, trop mal. Ah mal, se faire la malle plus que le mal ou le mâle d'ailleurs, qui aujourd'hui ne prend plus guère de place dans ce nouveau projet, faut dire que l'histoire qui précède a consommé pas mal de ressources, un peu comme l'humanité sur la planète. Argh (oui ça faisait longtemps) voilà que je m'égare à l'heure de se projeter, genre moi je sais trop de quoi ma vie sera faite pour les cinq ans à venir ... alors que si j'avais su, je l'aurais cru ou cuite, c'est selon :)

    Je vous livre donc ma prose, moins grandiloquente que le précédent, plus humble peut-être, plus tranquille il me semble.

     

    Bah, vous lirez bien entre ou dans mes lignes une petite participation militante de temps en temps, on évolue on ne se refait pas :)

     

    Projet de vie 44 à 49 ans

    J’ai maintenant 44 ans, atteinte de polyarthrite depuis l’âge de 10 ans, je me déplace en fauteuil roulant électrique depuis 24 ans. Je suis mère de quatre enfants que j’élève seule depuis bientôt 3 ans. Mes quatre filles sont aujourd’hui âgées de 19, 16, 14 et 9 ans.

    Après avoir exercé ma profession de chef de projet le plus longtemps que mon état de santé me le permettait je suis maintenant en invalidité au titre de la sécurité sociale. Après avoir conduit le plus longtemps qu’il m’était possible de le faire je ne peux plus aujourd’hui conduire plus de quelques kilomètres. Les déformations de mes pieds s’étant compliquées par l’apparition d’escarres je suis parfois obligée de rester nu-pieds plusieurs semaines, tout en restant de ce fait au repos, à la maison.

    Pour autant je suis toujours mère de quatre enfants. Mon projet de vie reste d’exercer mon rôle de mère dans les meilleures conditions possible d’autonomie et de confort (j’entends par confort le fait de pouvoir prendre soin de moi en ayant accès aux soins que mon état nécessite pour vivre au quotidien avec un niveau de douleur tolérable). Je souhaite également pouvoir exercer au mieux ma mission de présidente de l’association Handi-Provence, association située à Pertuis. J’ai par ailleurs été sollicitée par une des équipes en lice pour les prochaines élections municipales.

    Les heures d’aides humaines telles qu’elles sont définies à ce jour dans le plan d’aide personnalisé me conviennent parfaitement. Je souhaite donc qu’il soit renouvelé à l’identique.

    Mon besoin complémentaire primordial concerne mes déplacements. Ma commune ne dispose d’aucun transport à la demande et l’offre de transport en commun est plus qu’insuffisante et souvent inadaptée.  Je souhaite aujourd’hui acquérir une voiture adaptée pour le transport, véhicule qui sera conduit par les auxiliaires de vie. Il me paraît important dans l’attente de ce véhicule de prendre en compte des besoins de transports spécifiques donc des surcoûts liés à ces transports.

    Je souhaiterai également acquérir un lève-personne de piscine afin que je puisse bénéficier des bienfaits de l’eau.

    Je consacre aujourd’hui une partie de mon budget à des soins palliatifs, hypnose, shiatsu, massages, huiles essentielles qui me permettent d’améliorer mon quotidien en maintenant la douleur sous un certain seuil de tolérance. Ces soins non pris en compte par la sécurité sociale, me permettent de ne pas consommer d’antalgiques telle la morphine, antalgiques onéreux et lourds de conséquences en terme de responsabilité. Je souhaiterais savoir si de telles dépenses pouvaient être prises en compte dans le plan de compensation globale ?

    Je ne souhaite pas, pour le moment, bénéficier d’une assistance sexuelle.

    Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui contribuent à la prise en compte des personnes handicapées dans le département et qui œuvrent pour notre bien-vivre.

    A titre personnel je tiens à vous informer que les travaux réalisés à mon domicile (cuisine, salle de bain) et les interventions des auxiliaires de vie, me facilitent la vie tous les jours et me permettent d’être présente pour mes filles, investie socialement dans ma commune et mon département. Je vous en remercie chaleureusement. 

  • Libre. Et Debout


     

    Debout. Les bras légèrement levés, paumes et visage tournés vers le ciel. Je pivote lentement sur moi-même. Encore et encore.

    Lente spirale dont je suis le centre. Là où tout semble immobile. J'observe l'agitation extérieure. Je regarde s'éloigner les menaces, les insultes, les ordres contraires, les sarcasmes. J'ai lâché les entraves une à une. Lâché les images plaquées sur cette autre que certains ne veulent pas connaître. Doux renoncement qui m'apaise et allume à mes yeux un sourire de joie. Je goûte avec délectation l'impermanence de ces instants de merveille. Reliée à l'essentiel par un fil de lumière, être là, simplement. Libre.

     

    Ce soir je chanterai pour les enfants et la semaine prochaine je lirai deux textes pour la nuit du conte. En juillet nous irons à la mer une semaine et à la fin du mois d'août nous goûterons les embruns de l'océan. Peut-être.

    Je ne peux plus conduire. Les fantastics passeront leur permis l'an prochain et nous achèterons une voiture adaptée pour le transport.

    Je continue sur la voie de la méditation et du shiatsu.

    Je ne prends plus d'antalgiques.

    Je suis.

    Libre. Et debout.

  • Sous le grand saule



    free music

     

     

    Un voile de brume opaline enveloppe la maison à la naissance de cet automnal matin. La Provence toute entière baigne dans une lumière rose et si douce que la pensée d'un hiver blanc se repousse aussi légèrement que cette brume qui danse entre les fuseaux des cyprès de la plaine.  Quel est donc ce bruissement que je perçois, couvrant le murmure de l'eau qui cascade dans le grand bassin ? Mille et une notes. Délaissant les quelques menus ouvrages qui m'incombent en ces matins de repos, me voilà attirée par cette incroyable musique. Les rideaux tirés laissent entrer un flot de soleil dans le salon aux couleurs joyeuses. Coulisse la grande baie. Je garderai longtemps au coeur le spectacle de ce matin-là. Un chant d'oiseau, que dis-je, des centaines de chants d'oiseaux. Levant les yeux vers le grand saule je les aperçois soudain ; ils sont des centaines et le saule se prend pour un arbre de Noël ! Un vol d'étourneaux, posé là. En plus de dix ans je n'ai jamais assisté à telle mise en scène. De toutes parts fusent leurs pépiements. C'est beau. L'air chante !

    Lentement je me suis avancée dans la grande allée bordée de lavandes, l'air cru du petit matin traverse sans peine cette chemise si fine qui voile mes sommeils. Qu'importe, prendre le temps d'un gilet ferait sans doute perdre l'instant. Sous le grand saule je me suis arrêtée et là, j'ai écouté. Que faudrait-il entendre dans leurs discours affairés ? Je me souviens des mésanges bleues qui venaient fleurir la rambarde du balcon de la maison de mon enfance. Je me surprends à sourire en pensant à mes filles qui se désespéraient qu'aucun oiseau ne vienne dans la si jolie maisonnette construite cet été et voilà que c'est tout un peuple qui a élu domicile dans notre jardin. Chants d'oiseaux le matin annoncent joie et légereté dit l'adage. J'écoute. Je suis un oiseau. Je me balance sur une des branches du saule, légère comme une plume, la joie au coeur, je chante avec eux, petits frères des cimes. Et le temps n'a plus cours. Légère. Légère. Comme un chant d'oiseau d'un matin d'automne, sous le grand saule. Et si une larme perle, elle est de gratitude.

  • Des fins et des buts ...




    Soifs et sucs, bains de joie et déboires auront été notre lot pour cet été qui s'achève en s'étirant sans fin, se transformant si vite en chariots de feuilles qu'elles soient d'arbres ou de papier !



    Un été que je ne pourrais, ne saurais vous résumer en d'autres mots qu'en ceux-ci : il y eut du bon, du tendre et du monstrueux, de l'impatience et de l'ennui, du nouveau et de vieilles leçons, de l'improbable, de l'imprévu heureux, et du malheureusement possible. Nous avons récolté des fruits juteux mangés à même l'arbre puis mis en confiture le reste pour sucrer l'hiver qui s'annonce rigoureux. Et nous avons absorbé tant bien que mal quelques denrées fort indigestes



    Un été haut en couleurs, des plus tendres aux plus violentes, de l'orange amère de l'âge mûr au rouge sang d'une enfance qui s'achève parfois brutalement, en navigant, contre toute attente, sur des tons envers et bleus, d'une escapade de quelques jours à la mer, entre filles, pour changer d'ère à cet endroit, pour inaugurer cette période qui s'annonce si neuve bien qu'étant de coutume rentrée.



    L'Il nouveau est arrivé puis reparti si vite qu'il restait une moitié d'été, sans bruit les printannières promesses se sont évaporées au rude climat d'une fille du sud qui chante plus que ne parle, que les assourdissants silences du passé ont définitivement fâchée avec la divination de pensées et qui, cette fois, n'a pas voulu attendre l'improbable.



    Une auguste période pour nous préparer à l'envol de ma plus grande Fantastic qui sera parisienne dans quelques jours maintenant, la première de mes demoiselles à quitter le nid douillet, tous mes voeux t'accompagnent ma grande, je crois pleinement en toi, je vais t'observer confiante et attendrie, te voir t'épanouir et continuer à donner le meilleur de toi-même comme tu as si bien su le faire cette année.

    Une auguste période qui, si elle n'était estivale, aurait pu être glaciale tant les tracas fâcheux sont tombés en avalanche.



    Bon été, mal été nous voilà au terme d'un mois d'une rare sécheresse, inondées de l'amour de ce lien familial que nous avons renforcé m'aille que vaille. Et nous voilà parées pour attaquer Haut et Fort cette rentrée Même pas peur !!!!!!




    Cap en avant Capitaine, une bonne dose de jeux paralympiques nous donnera un moral d'acier pour relever les défis à grands coups de l'âme dans les vieux clichés défraîchis, passés, vaincus. Quels que soient nos buts ce qui compte c'est d'avancer !!




    Cap en avant Capitaine, les tonneaux de courage seront bien suffisants, ils le sont toujours assez en fait ...non ?


  • Fleurs

    Jolie coupe de fleurs à ma table nappée de blanc,
    Fraîcheur printanière au coeur des vieux enfants.
    Surprise émue, merci sourire aux yeux brillants.
    Offrande jardin côté cour, promesse de toujours.
    Attentivement observer l'ouverture chaque jour,
    Fleurs naissantes encore de nos neuves amours.

    fleurs,muguet,1er mai

  • Etapes

    Petit à petit on avance. De toutes façons on ne peut pas reculer et il me semble que ça on le comprend assez tôt dans la vie, Petite Fantastic me disant ce soir "ah mais pourquoi on est déjà dimanche soir" !

    Un jour s'achève, un week-end, une semaine aussi par la même occasion. Une drôle de semaine avec une mise à l'arrêt sur prescription depuis mardi parce que la sciatique a décidé de redoubler son travail de sape, me privant de l'indispensable sommeil réparateur garant de mes débuts de journée.

    Une drôle de semaine avec la réception des papiers qui entérinent la fin d'une étape de quatre lustres, papiers que j'ai signé seule sur un coin de bureau, succession du paraphe de ces initiales que j'ai souhaité garder, patronyme intimement lié à celui de mes Fantastics, je n'avais aucune envie de reprendre mon nom de jeune fille, pas de recul, on avance et je ne suis plus une jeune fille. Puis appeler le co-signataire qui pouvait venir "cet après-midi", pas le temps de dire ouf, les papiers sur la table de la cuisine, un café, paraphes, signature, "c'est toi qui les envoies".

    Puis c'est vendredi, Véro l'auxiliaire du matin m'annonce une formation de 6 mois, soucis à venir, samedi travaux dans le salon, j'ai commandé les peintures et dans le jardin, avec des voisins qui déménagent et me donnent des pierres, des galets de la Durance pour dessiner des bordures, dimanche l'annonce d'une naissance chez des voisins et amis, bienvenue bébé !

    On avance, c'est une évidence. Il y aura du doux, du fort, du mouvant, de l'incroyable, du merveilleux et puis le reste aussi, à chaque jour son lot, à chaque étape son dessin, il n'y a pas de gomme pour nos passés mais des crayons de toutes les couleurs pour dessiner nos présents. Aujourd'hui j'ai commencé l'aquarelle, eau, pigment et liberté de créer. Pour mettre de la couleur à mes instants plaisir.

    On avance, naturellement, simplement, évidemment, nous sommes voyageurs sur le fleuve temps, au rythme des battements de nos coeurs, transporteurs d'épices et de sentiments, le décor défile, changeant, émouvant. Et le fleuve nous emporte vers ailleurs, croiser les lueurs d'autres vies qui avancent, comme une évidence.

    Amis nous croiserons-nous demain, dessiner ensemble une heure, un jour, un moment ? Choisir des couleurs et peindre le temps, main à main sur le pinceau, encre de Chine et aquarelle, défi à nos talents ?

    fleuve,temps,aquarelle


  • A nos fragilités

    http://www.deezer.com/music/track/1065892

    free music






    Puisque nous avons la chance de vivre, il nous est offert d'explorer nos fragilités, piqûres à nos mises à nu, effeuiller nos âmes dépouillées des fards, dévoilées nos faiblesses, acceptés les défauts de nos cuirasses. Renoncer aux limbes et se promettre de se souvenir d'avoir vu, même au coeur des brouillards.
    Explorer, découvrir, devenir.

    Et dévoiler nos cicatrices comme des armes puissantes, témoins présents de nos vécus. Le regard droit planté dans la vie, ne plus avoir peur, savoir. Remercier avant même l'expérience, avant la souffrance et goûter chaque instant baigné de lumière et d'ombre. Et de lumière.

    Coeur grand ouvert, aimer. Aimer tout, même, et surtout, nos fragilités.
    Car celui qui se sait fragile est humblement plus fort que l'ignorant.

    Aimez-vous, mais aimez-vous fragiles.

    fragile,aimer