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étapes

  • Le deuil

    Cette note est née d'une réflexion que j'ai glissée subrepticement dans la note sur les banlieues et qui n'est pas passée inapercue aux yeux d'une personne qui m'est chère et qui en a été attristée.

    J'ai dit "j'ai enlevé ma pochette néovi pour faire le deuil de cette vie d'avant".

    A mes yeux faire le deuil est une étape nécessaire dans tout projet qu'il dure ou qu'il se termine. Quand on se lance dans une création d'entreprise sur une "idée" comme je l'ai fait, il y forcément un côté passionnant, passionnel pour le projet, on l'aime ce projet, on y croit dur comme fer, on y consacre toute son énergie. Pour vous donner un aperçu : au moment où j'ai eu l'idée du produit de départ de mon projet : recouvrir les fauteuils roulants avec une housse tissu, je n'ai pas dormi de 3 jours et 3 nuits, le cerveau en ébullition. Ensuite tout c'est enchaîné trés vite, j'ai rencontré celle qui allait devenir mon associée, quelques jours aprés nous étions installées à la maison, ordi, Delmas, neurones et roulez les filles !

    C'était en mai 2004. Puis il y a eu les mille dossiers, les savoirs-faire qu'il a fallu acquérir "sur le terrain" toutes nos compétences mobilisées pour un objectif unique : donner vie à ces produits, les imaginer, les dessiner, leur donner forme, couleur, matière. Il y a eu des épreuves : présenter notre premier business plan devant les experts d'Ernst & Young, devant des acteurs majeurs de la création d'entreprise en PACA à EUROMED Marseille, des victoires aussi : être lauréates de ces deux concours, recevoir ces prix devant un amphi plein qui applaudit debout. On est allé puiser au fond de nos ressources : pour le pontage en 2005 je ne me suis arrêtée de bosser que 12 jours.

    Puis le projet est devenu une entreprise, on a rencontré des personnes extraordinaires qui ont cru en nous, qui nous ont aidées, soutenues, encouragées, avec qui ont a repensé projet et produits, stratégie commerciale, marketing.

    Et puis un jour ils étaient là, nos produits, notre marque.

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    Et le moment de les confronter à leur marché est arrivé ... et s'en est suivi l'histoire que vous suivez depuis janvier 2007, il y avait eu l'étoile de l'observeur en novembre 2006, il a eu l'INDEX et Copenhague, il y a eu la rentrée de septembre et son avalanche de tuiles diverses et variées, et puis il y avait à la maison des tensions qui ne laissaient présager que des ruptures profondes, des épées de Damoclès qui ne demandaient qu'à tomber. Alors j'ai tranché. J'ai fait des choix, ça a été brutal, difficile, douloureux. Ca a généré un quantité incroyable de sentiments allant du chagrin à la colère, des regrets aux remords, de la culpabilité à la honte. Finalement je me dis que je l'ai trés peu exprimé, j'en ai beaucoup parlé avec une personne qui m'a beaucoup aidée et qui se reconnaîtra peut-être dans ces lignes et qui le premier a parlé de deuil.

    Il faut accepter Marie ce qui pour le moment te paraît anacceptable, et puis pleure Marie, dis-nous ces trois années de tensions qui te paraissent si lourdes alors qu'hier tu aurais soulevé des montagnes et puis un jour tu relèveras le nez pour t'inventer un nouvel avenir.

    Qu'est-ce donc que ces étapes sinon celles de deuil ? Mais celà ne veut pas dire que je renie que cela ait existé ! Est-ce qu'une personne cesse d'avoir été quand elle n'est plus ? Non ! Et je pense qu'enlever provisoirement la pochette Néovi de mon accoudoir n'est qu'un symbole de renoncement. Mais pas renoncer à ce qui a été : j'ai rencontré des personnes qui sont à jamais dans mon coeur, j'ai vécu des moments d'une incomparable intensité et je ne regrette rien, tout cela fait de moi ce que je suis aujourd'hui, je renonce à ce qui ne sera pas. Mais peut-être parce que ça ne devait pas être, ou que ça devait être ainsi, je suis ma route, je suis : du verbe être conjugué au présent.

    Déclarer la fin d'un rêve n'est pas nié d'avoir rêvé, ni renoncer à rêver encore.

    Pour finir, je vous livre une phrase qui, pour l'instant, me reste mystérieuse :

    "Tous les hommes rêvent, mais pas de la même façon.

    Ceux qui rêvent la nuit, dans les replis poussiéreux de leur pensée,

    s’éveillent le jour et rêvent que c’était vanité.

    Mais les rêveurs du jour sont des hommes dangereux, car ils peuvent agir

    leur rêve les yeux ouverts, pour le rendre possible.

    Lawrence D’ARABIE

    avec une interrogation selon vous pourquoi ce "dangereux" ?