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  • Mon universalité est un tableau de Chagall



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    Pour aborder tranquillement un tableau de mon universalité il me faut avant tout replacer cette pensée dans son contexte.
    Je chemine depuis quelques années pour plus de conscience, de présence. Motivée dans un premier temps par un besoin devenu essentiel de comprendre mon passé et celui de mes ancêtres, cette quête, ayant abouti à certaines réponses, s’est transformée en bilan puis désir d’une construction personnelle consciente pour plus de sérénité dans les rapports à l’autre, à moi-même et au monde.


    Parce qu’il aura fallu partir

    A l’échelle familiale un des bouleversements importants de nos vies dans ces dernières années fut notre départ de Lorraine et l’arrivée en Provence.
    L’arrivée de notre 3° enfant trois ans auparavant, avait forgé en moi cette impression que nous formions réellement une famille ou plus exactement un foyer, j’avais atteint une certaine satisfaction en temps que mère et un sentiment de plénitude en temps que femme. L’arrivée en Provence nous a amenés à être encore plus soudés et seuls au pays de nulle part.
    Est venu alors le temps de l’individuelle solitude, mari et enfants ayant naturellement repris leurs rôles de travailleurs et d’écoliers. La rencontre de deux femmes « éveillées » m’amenèrent alors à l’évidence qu’il me fallait comprendre mon passé pour l’accepter et qu’il existait pour cela d’autres moyens que la simple analyse de mes souvenirs blanchis à force d’être ressassés. L’éloignement physique m’a alors permis de prendre du recul par rapport à mon passé, mon enfance, devenue spectatrice, la critique en fut facilitée. Rencontre avec Khalil Gibran : nos enfants ne nous appartiennent pas, ils nous sont confiés afin que nous devenions l’arc qui leur permettra de s’élever. Les liens qui unissent deux êtres qui s’aiment ne souffrent en aucun cas de l’éloignement physique car nous faisons partie d’un même univers et nous sommes reliés à chaque instant par l’eau, l’air, la terre et tout ce qui nous entoure. Nous changeons à chaque instant.

    De mère angoissée et femme inquiète voire jalouse je suis passée à femme consciente de ces liens indéfectibles, dénués de toute notion d’appartenance, indépendants de la distance physique et femme curieuse de mieux faire connaissance avec son individualité.

    Mère je suis, mère je serai encore, l’arrivée de notre quatrième fille allait faire ressurgir tout un pan de l’histoire familiale, enfin la lumière fut, avec violence et dans la douleur. Forte des révélations de ma grand-mère au seuil de sa mort, j’entamais une croisade que je pensais libératrice pour tous avant de comprendre très rapidement que cette lumière ne devait être que ma lumière, ma vérité, ma source sur le chemin.


    Ayant eu par le passé une vie socialement active bien que bénévole je ne pouvais me satisfaire d’une vie de femme « au foyer » (quelques promesses à moi-même jalonnent mon existence celle de ne jamais être femme au foyer en fait partie), Libérée d’un certain poids mon énergie m’amena à la création très contemporaine d’un produit, d’une entreprise, d’une marque. Laboratoire propice à l’étude des relations humaines, je m’y suis plongée corps et âme, résultat quasi inévitable d’un manque accumulé et de l’affirmation affichée : moi aussi j’existe, je travaille donc je suis, je remplis mon devoir, j’entends que l’on respecte mes droits.

    C’est l’enchaînement des rencontres qui fait grandir projets et individus, chacun apporte son offrande à qui sait la recevoir. Le nombre et la richesse des rencontres et expériences que j’ai pu vivre durant ces 3 années en font toute la saveur, il faut se dire qu’alors j’étais probablement prête à les vivre et à en tirer la substance.

    Rentrée 2005 c’est au moment où il aurait fallu être sur le pied de guerre pour l’entreprise que mon corps choisi de se dérober à mes projets, manquant de passer de vie à trépas. Commence alors un long travail sur la dépendance physique, les relations entre nos pensées et nos actes, la frustration, la liberté, la souffrance, la mort. Associé à la rencontre d’autres, d’ailleurs et d’autrement, l’impératif besoin d’une auto-détermination se fait conviction intime. Qui suis-je ou plutôt qui vais-je décider d’être à partir de maintenant.

    Ces pensées quand elles sont intimes, convaincues et fondamentalement égoïstes conduisent de fait à des changements de comportements et dans la jeunesse de ma raison j’ai oublié que ce travail intime n’était pas visible à l’œil de l’autre et ce qui était enrichissement pour moi n’était pas perçu comme tel pour des cœurs que la peur fait parler. Le travail s’est fait conflit et douleur, tiraillements et déchirure. La lecture de certains livres et la survenue d’événements forts en émotions m’ont amenée à me poser certaines questions auxquelles il me paraît fondamental d’avoir des réponses aujourd’hui.


    Le sens de notre vie ou la théorie de Viktor Frankl que tout individu peut accepter n’importe quelles conditions de vie s’il a un objectif clair et conscient à atteindre, s’il connaît le sens de sa vie. L’affirmation que nous avons toujours le choix, sous l’oppresseur le choix étant celui de notre comportement. Au delà du questionnement au sujet du sens de ma vie, Frankl me confronte alors à une théorie à laquelle il m’est difficile au moment de la lecture d’adhérer : une seule attitude face à la douleur inévitable : la dignité, allant même jusqu’à affirmer que nous pouvons la transcender, en faire quelque chose. Je lis ce livre dans une période de grande souffrance physique des suites d’une luxation et ne peux me résoudre à penser que cette souffrance puisse m’apporter quoi que ce soit. Partagée entre la culpabilité d’accepter de souffrir et la culpabilité de renoncer à combattre cette souffrance ! Partagée entre deux culpabilités Frankl m’offrait pourtant là une alternative positive.


    Quand la tourmente a atteint le foyer j’ai su que ce livre était arrivé entre mes mains au bon moment. Du séisme familial sont ressortis l’évidence que je suis et je resterai une mère, que l’amour que je porte à mes enfants donne du sens à ma vie, puis aidée entre autres par la lecture de deux autres livres et quelques guides bienveillants, simplement admettre que le conflit peut-être porteur de sens et qu’il est nécessaire de savoir écouter nos peurs instinctives ou acquises afin de faire consciemment le choix de nos comportements et que nous pouvons choisir de tout aimer.


    A cet instant vous pourriez me demander le lien avec l’universalité qui est le propos de cette note.


    Où il est question d’énergie.
    Si on s’attache à la dimension scientifique des êtres, nous savons que chaque être est composé d’éléments maintenus entre eux par des forces qui s’équilibrent, à l’image du noyau et de ses électrons au cœur même de l’atome. Et si certains systèmes peuvent nous paraître stables il ne s’agit que d’une stabilité toute relative et dépendant d’un certain espace-temps, les lois de l’entropie étant là pour nous rappeler que la nature trouve son équilibre dans le désordre maximum.
    Comme tout système organisé nous recherchons l’équilibre, nous recevons, nous donnons.

    Nous recevons tous au moment de l’incroyable fusion de deux êtres un héritage inscrit au cœur même de nos cellules et ce bagage appartient à la mémoire de l’univers, il est une partie de l’univers. Puis nous recevons à chaque instant de l’énergie dans notre nourriture qu’elle soit matérielle ou spirituelle. Cette énergie est portée, au moment où nous la recevons par un objet, un geste, un mot. Ce qui créé le lien, l’échange, est l’attirance que nous avons l’un pour l’autre. C’est parce que nous attirons à nous ce dont nous avons besoin que nous avons quelque chose à prendre de tout ce qui nous arrive. Le but ultime, à échelle universelle étant de conserver l’équilibre global.
    Nous pouvons donc raisonnablement imaginer que nos échanges peuvent tous être traduits par un bilan énergétique qui, associé au principe du rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme nous conduit à la question suivante : nous, êtres humains comment et en quoi transformons-nous l’énergie que nous recevons ?


    Où il est question d’amour
    Comment naît le lien, ce qui permet la connexion : le canal entre les cellules, le don de soi et l’ouverture à l’autre. A l’échelle humaine nos émotions sont le reflet physique et spirituel d’un état, d’une vibration, ne dit-on pas être sur la même longueur d’onde ? Quand les vibrations s’accordent alors se créé le canal qui permet l’échange. De nos jours nous avons perdu en partie cette faculté de ressentir ces vibrations, nous n’écoutons plus ce que nos sens nous disent, nos autres sens, pas nos yeux ou nos oreilles mais notre peau, notre nez, nos poumons, notre ventre.
    Qui a rencontré un autre et pense le connaître depuis toujours, qui ressent dans son enfant, son parent, sa sœur la reconnaissance profonde des êtres fait l’expérience de l’universalité. Qui a connu l’amour ardent connaît l’attraction des corps dans chacune de ses cellules et sait que la chaleur de la cuisse fait fondre la paume de la main qui la caresse.



    Où il est question de pouvoir
    L’homme, cette formidable machine à penser a donc à chaque instant le pouvoir d’imprégner de son essence l’énergie qu’il rend au monde. C’est un pouvoir immense et une responsabilité qui a de quoi faire peur et il sera plus facile pour certains de continuer à penser qu’ils subissent plutôt que de chercher à positiver l’expérience.
    Le pouvoir d’imprégner l’énergie active de nos jours et le pouvoir d’imprégner une énergie plus profonde que nous rendons au monde à notre dernier souffle. Car cette énergie là ne disparaît pas.


    La part de l’ombre
    Comme il serait illusoire de penser qu’il soit possible de n’avoir que des pensées positives. Comme tout système il est probable que les énergies répondent aux lois de l’équilibre et qu’à chaque énergie positive corresponde une énergie négative. Il nous faut alors admettre que si nous nous efforçons à rendre autour de nous de l’énergie positive alors quelque part sera libérée une énergie contraire. Nous pouvons laisser à d’autres cette responsabilité et nous pouvons aussi assumer la part d’ombre qui est en nous. Nous, infimes parties de l’univers devons apprendre à nous reconnaître dans ce que nous considérons comme le mal et qui n’est que l’expression visible de l’équilibre qui nous gouverne.


    Mon universalité
    Puisqu’il faut un jour apprendre à se détacher par la fusion, des notions du bien et du mal, de soi et de l’autre, de la normalité et de la différence, au nom d’un sens commun, je veux penser que seul un amour inconditionnel pour tout ce qui nous entoure peut nous permettre de vibrer avec l’univers et réconcilier l’être, le milieu dans lequel il vit et l’expérience qui naît de cet instant unique et éternel. Je veux penser qu’on peut choisir de tout aimer, nous avons notre temps de vie pour devenir un individu conscient de ce qu’il est, composé d’une myriade d’éclats d’univers, l’amour pour recevoir et pour donner et l’éternité pour nier le soi et retrouver le tout.

    Comment résumer 39 ans de chemin ? Sinueux, escarpé parfois jalonné de rencontres magiques, de redécouvertes ancestrales et nouvelles, il n'est que mon chemin et il se ressent plus qu'il ne se met en mot. Aujourd'hui plus clair qu'autrefois.

    Faites qu'au zénith de chaque ephémère instant vous puissiez dire dans un souffle, fut-ce t'il le dernier : J'ai aimé.

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