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cendrillon

  • Les souliers d'hier et d'un jour

    En pieds gauches, et pas en vers à l'endroit !

    Je crois bien que j'ai rencontrée une fée. Elle s'appelle Alice et son pays des merveilles est un atelier. Il y a des rencontres comme ça où vous sentez qu'il se passe un petit quelque chose en plus, un je ne sais quoi qui fait que votre humeur change, que la vie est plus vive, plus colorée. Alice est de ces personnes. Parce qu'elle pétille la malice et aussi parce qu'on la sent rapidement sans concession et sans faux-semblant.


    Alice elle a un beau métier, elle fabrique des souliers ! Des souliers qu'on ne porte qu'une fois, des souliers de mariée qui vont,trottinant fier, porter la si jolie mariée au pied de son futur et puis aussi des souliers particuliers qui affublés d'un drôle d'adjectif qui se veut redressant, semblent déjà de guingois : des souliers orthopédiques. Des souliers qui deviennent rapidement des chaussures et même des godillots si on n'y prend pas garde. Moi j'ai bien envie d'appeler mes futurs chaussants sur-mesure des souliers ! Oh je n'irais pas jusqu'à vouloir les appeler des escarpins mais je voudrais que cette fois ils reprennent un peu d'allure et laissent aux skieurs le privilège de porter des moonboots !

    Alors quand Alice parle de galbe, de courbes modelées et de talons vertigineux s'en est presque sensuel. Et je sens bien qu'il ne sera pas question de badiner avec l'esthétique, balayés d'un regard amusé mes "j'ai l'habitude maintenant, je m'en moque et autres ce n'est pas grave" qu'il a bien fallu se forger le jour où mes pauvres pieds n'ont plus voulu me porter si chaussée comme madame tout le monde.

    Que sont mes pieds devenus ? A l'inverse de mes mains que je ne peux cacher, à vous pas plus qu'à moi, et que je vois virevoltantes au dessus du clavier, chaque jour étonnées de le pouvoir encore, mes pieds je les ai relegués au rang de décorum désuet et inutile, ce qui ne les empêche pas d'être douloureux et plein de reproches autant qu'inaccessibles.

    Ces pieds qui pourtant ont été des petits petons de bébé tendres à croquer, des amours de petits pieds en socquettes dans des chaussures vernies de rentrée des classes, des pieds nus dorés et endurcis le temps d'un été à la mer ou joliment décorés de magnifiques ampoules dans des sandalettes neuves un jour de première communion.
    Des pieds qui en leur temps ont eu leur heure de gloire esquissant de savants arabesques et élevant mon âme de danseuse si haut que j'en touchais les étoiles.
    Des pieds pouvant dévoiler à eux seuls toute la beauté d'une femme, arborant mutine un vernis plus rouge que la raison ne saurait le vouloir, des pieds qui, ultime bastion de ma pudeur, quand tout le corps livré, auraient voulu rester habillés ce jour de première fois.

    Aujourd'hui les voilà meurtris, recroquevillés, mes non-souliers leur étant ce que la demi-baguette est aux knackies.

    Faudrait-il qu'Alice soit réellement une fée et rende à mes souliers leurs lettres de noblesse, c'est le pari que j'ai fait avec elle et nous voilà imaginant des bottes plus hautes, jusqu'au genou comme des cavalières ? et pourquoi pas ! avec un laçage ? Osons ! Sur le papier pour l'instant tout est permis, ensuite tout dépendra du savoir-faire d'Alice qui va travailler cuirs et peaux autant que silicone. Alice dans la peau de la marraine pour chausser cendrillon, c'est à y perdre ses contes autant que son patin !


    Le petit truc en plus qui me ferait vraiment plaisir ? des talons qui claquent pour pouvoir à nouveau marteler sort et sol au rythme cadencé d'une ballade irlandaise.

    free music


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    http://www.lessouliersdalice.com et oui Alice sait vivre avec son temps ! lol Alice est toute jeunette en fait !














    Parce que ce livre conseillé par un ami est un bijou et que cette phrase donne à ma note un écho délicat et subtil je vous offre un extrait du livre de Christiane Singer : Eloge du mariage, de l'engagement et autres folies :


    Entre le désir profond de se lier, de s'engager corps et âme, et le désir tout aussi profond de préserver sa liberté, d'échapper à tout lien, quel tohu-bohu !
    Or pour vivre ses exigences contradictoires et d'égale dignité sans être écartelé, il n'y a aucun secours à attendre ni de la philosophie, ni de la morale, ni d'aucun savoir constitué.
    Il est probable que les seuls modèles adaptés pour nous permettre d'avancer sont la haute voltige et l'art du funambule.
    Un mariage ne se contracte pas.
    Il se danse.
    A nos risques et périls.







    Charentaise ou ballerine, au pied est la chaussure ce que notre peau est à notre âme et vous à l'instant où vous lisez ces quelques lignes de la main, qu'avez-vous aux pieds ?