UA-66561467-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

fragilité

  • Par dessus mon épaule

    Elle vient toujours à l'improviste.

    Mais dans des circonstances bien particulières.

    Quelques semaines qu'à nouveau la douleur me martèle.
    Et c'est comme si pas un seul milimètre de chair ne pouvait échapper à l'épreuve.
    Pas une seconde non plus.
    Entre pointes et lances.
    Dans le fond et la forme.
    Des orteils au crâne.
    Je ne suis que douleur.
    Diurne.
    Nocturne.
    Indéfinie.
    Infinie.


    C'est alors qu'elle s'invite.

    Je sens sa présence soudaine si vite confirmée par ce frisson qui me parcourt l'échine.
    A la pointe de ma détresse charnelle je la sens penchée derrière moi, regardant l'avenir assombri par dessus mon épaule.
    Elle est assise à côté de moi sur le canapé quand, le soir venu, je cherche un peu de répit au corps.
    Je ne tourne pas la tête, je la sens du coin de l'oeil.
    Et quand parfois elle va jusqu'à mettre son bras autour de mes épaules, je retiens mon souffle dans l'étreinte.
    Je retiens mon souffle.

    Conscience claire de ma fragilité.
    Promesse d'une finitude certaine.

    Comme une amie étrange.

    Toujours à l'improviste.



    Découvrez Justin Nozuka!

  • Laisser pleurer la nuit.

    C'est promis demain je vous ferai une note légère mais ce soir pour que la sincerité et le partage reste ce qui me mène en ce lieu, il faut que je vous dise mon silence.

     

    Aujourd'hui quelqu'un m'a dit "Tu vas bien Marie ?" et ma réponse a été soupirs et silences.

     

    Non. Pas aujourd'hui en tout cas. Parce que depuis quelques jours le sommeil est long, si long à me délivrer de mes questions sans réponse.

     

    Etre maîtrise le jour et la nuit torturée, raisonnée éveillée et la nuit lâcher prise. A l'instant où le corps enfin tait ses douloureux messages, libérant l'esprit de l'aiguillon vicieux d'une conscience polluée, c'est l'inconscient libéré qui s'exprime. Et depuis deux jours mon inconscient se fait ruisseau, puis rivières. Pleurer endormie, pleurer enfin.

     

    Est-ce si difficilement avouable qu'il faille attendre, s'étendre, éteindre pour dire en pleurs cachés un peu de sa fragilité.

     

    Pleurer la nuit en silence, sans témoin, toute seule.

     

    Et au matin laisser sur l'oreiller, l'humide trace de mon humanité.