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handi

  • Quand l'amie s'en va

    Elle nous a quittés.
    Mon amie Marie-José, Ma-Jo, a tiré sa révérence.

    Elle va me manquer. Beaucoup.

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    J'ai croisé Ma-Jo il y a une dizaine de jours dans le hall de la maison médicale, elle venait pour un bilan complet, elle avait joli teint, jolie voix et son regard joyeux, ele m'avait parue plutôt en forme ... nous avons échangé quelques mots, je lui ai dit "je t'appelle bientôt", je ne l'ai pas fait et maintenant c'est trop tard mais je suis contente de l'avoir vue, sans savoir que c'était la dernière fois.

    Ma-Jo avait écrit un article pour me raconter son handicap, son combat d'une vie : lutter contre la douleur.
    Je vous livre ses mots, avec ses abréviations qui vous laisseront entrapercevoir l'effort que pouvait lui demander l'écriture de ce texte, c'était en novembre 2008 :

    Drôle de handicap

    J'ai eu un accident de la circulation sur une route tranquille

    Un camion moins tranquille a filé et je me suis retrouvée paralysée en Dorsale 4, j'avais 26 ans et croquais la vie à belles dents, jeune mariée de 3 ans.

    Je fus hospitalisée au Centre de Traumatologie à Strasbourg, soins, personnel, tt parfait. J'étais une poupée de son et dès que les contratures se sont faites sentir, j'ai dit à mon jeune mari, la vie revient ds mes jambes, je vais guérir pour toi. Le professeur était bien perplexe et se taisait, il attendais, moi je fonce. Les contractures devenaient plus fortes et une drole de douleur profonde s'est installée, difficile à expliquer ; morçure, déchirure, brulures, devenaient insuportables. La déchirure médulaire était sans appel, je devrai vivre sur un fauteuil roulant.

    Moi, à 26 ans une invalide j'aurais voulu hurler, moi qui vivais route de la foret, mon mari dirigeait une usine en milieu forestier. Les médecins auraient voulu comprendre dans les années 1963, le pourquoi de cette souffrance de ce jeune couple avec en + la douleurs physique. Je n'avais jamais les pieds dans un hopital, pour cette 1e fois on m'y a gardé 360 jours, je ne tenais pas assise sur le fauteuil roulant, je me suis abimée la sangle abdominale, il fallait revoir la parapléque de ts les bouts. Enfin j'ai pu tenir une heure, j'ai repris crayons, peintures qui m'étaient familiers, on m'a entrainée vers l'atelier de poterie, je modelais de petites pièces que je peignais et mes compagnons d'infortune me demandaient discrètement de peindre une pomme, un lapin qu'ils venaient de sortir du four avec l'ergothérapeute. Ces nouveaux amis étaient enchantés d'apporter ce cadeau à leurs enfants. Je remontais ds ma chambre harrassée mais heureuse. Le chef kiné me confortait, sur mon lit après qq massages de décontration, il me disait ; tu as bien travaillé, je n'avais peins que 2 ou 3 objets simples, oui repris le thérapeute mais tu as trouvé un plaisir de donner aux autres. Je n'y avais pas pensé un instant.

    Depuis cette époque, cela fait + de 40 ans, je ne me suis jamais arrêtée, je roule carosse, la douleur tjours présente m'inflige des levers et couchers 6 fois par jour pour q les points d'appui soient davange répartis. J'ai bcoup d'occupations, il y a dix ans, mon mari est parti vers la Lumière l'an dernier, j'ai eu un cancer du sein.

    cette année problème assez grave avec le rein mais je trace et continue mon chemin. Je suis présidente de Handi Provence ds la région d'Aix, à Pertuis et cherche une suite plus jeune, je voudrais tant que cette association perdure pour aider les handicapés à sortir de chez eux et s'investir.
    A tous, bon courage, Marie José Amblard

    PS : Avant de me résoudre à cet état, j'ai tenté diverses interventions chirurgicale, poses d'étectrodes cutanées et transcutanées enfin le Professeur Fr Bourreau de St Antoine m'a guidé vers la relaxation, sophrologie que je pratique ts les jours, j'ai appris à faire une place à cette douleur de dessanférantation, oui je l'ai apprivoisée, elle se laisse un peu souffler. Pour terminer, le vrai handicap n'est pas le fauteuil mais cette douleur aussi compliquée que son nom.




    Ma-Jo, j'espère une chose de tout mon coeur : que maintenant tu ne souffres plus.
    Bon vent ma belle, tu es dans mon coeur.

  • Piano Mamie !

    Rappelez-vous cet été j'avais eu droit à Papi piano cliquez ici c'est pour ma soeur que je le dis sinon tout le monde avait compris que gras gris c'est lien !! Etant une militante de la parité comme par exemple ce que femme veut, homme veut, j'ai eu droit cet après-midi à la version "mamie".

    Imaginez plutôt (nan pas le chien) : ce matin je me suis offert le luxe full access : "une séance d'ostéo A DOMICILE !! pendant mes heures de travail mais après le coup de fil du chef je sais c'est mal mais c'est bon quand même le nirvana, la détente absolue des mains expertes qui viennent subtilement étirer ce muscle dur comme un tendeur de camping, mais pas en camping, nan, sur VOTRE lit moelleux que vous avez quitté à regret ce matin et là vous vous enfoncez dans le matelas, vous ETES le matelas !

    Fin de la matinée, bercée par les énergies libérées qui circulent, je flotte ... oui,oui je bosse aussi :-D

    Je suis zen ... je monte dans ma voiture pour aller aux voeux du maire à l'hôpital, suis administratrice .. j'ai droit à la galette et au cidre, et j'ai rendez-vous chez handi Provence, à la même heure, pour la galette et le cidre, c'est trop dur le travail ... alors dans l'ordre je ferai 1 l'hôpital, 2 handi Provence, je vais donc me garer sur la place handi à quelques mètres de l'hôpital, la voilà, elle est libre YES ! suis à l'heure, trop forte ...

     

    Quand soudain .....

     

    un cavalier surgissant du fond de la nuit, court vers l'aventure au galop ... NAN  stop ! C'était pas un cavalier ... je reprends :

     

    une tite mamie surgissant de nulle part, apparaît dans mon rétro, je la vois qui fait le tour de la voiture d'un pas martial, elle charge, toute dandinante sur ses talons aiguille d'au-moins 2 centimètres, toute serrée dans son manteau bordeaux, le foulard dénoué découvrant une poitrine généreuse toute tremblante de colère, elle lève alors un bras vengeur se terminant par un poing serré à s'en faire blanchir les jointures, s'apprête à toquer vigoureusement à ma vitre quand soudain ....

     

    quand soudain elle réalise que JE SUIS HANDICAPEE POUR DE VRAI ET QUE J'AI DONC LE DROIT DE ME GARER LA, je lis dans ses yeux de la surprise mélangée à un peu de gêne et une pincée de déception ... c'est qu'elle était prête à le bouffer tout cru le malotru qui se permettait de voler leur place aux pauvres zandicapés ... je me demande bien quelle tête je devais faire moi !!!  Son bras retombe mollement puis remonte dans un petit salut mal-assuré, elle se tourne alors vers ... "Non c'est bon Léon, bouge pas" pfiouuuuuuuuu c'est que je l'ai échappé belle !!

     

    Si ça se trouve elle en a fait sa bataille à elle : la surveillance de la place handi à quelques mètres de l'hôpital, elle reste là des heures, épiant à travers ses carreaux crasseux, derrière le voilage usé à force d'être soudain écarté au moindre clignotant suspect menaçant SA PLACE HANDI à quelques mètres de l'hôpital et quand elle en coince un, la voilà qui bondit dans ses chaussures, attrape au vol le manteau bordeaux et sans prendre le temps de nouer son foulard surgit soudain dans la rue après un tonitruant "ça y est Léon y'en a un" et j'imagine Léon sortant de ses mots plus somnolents que croisés, dans un léger sursaut las, essuyant du revers de la main le filet de salive s'échappant de sa lèvre molle, redressant dans un mouvement rouillé buste puis tête pour se laisser retomber lourdement sur sa chaise cannée au "Non c'est bon Léon, bouge pas" libérateur.

     

    Elles ont le sang chaud les filles du sud, à tout âge !! et les places handi à Pertuis elles sont bien gardées !!