UA-66561467-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

l'envol

  • Là où s'envole l'alouette

    524280982.jpg


















    Avec la musique en entier puisque c'est elle qui m'a inspiré ce texte et que le lecteur s'arrête avant la fin !! : http://www.deezer.com/track/817245





    Plus il avance sur le chemin et plus les battements de son cœur s’accélèrent, c’est comme si sa poitrine essayait d’exploser !
    Il marche à vive allure dans l’ombre fraîche des saules et des noisetiers qui bordent le sentier qui mène aux vieux près, repoussant de ses bras les branches souples dans l’exubérance des lieux qu’on abandonne.

    Ses pensées caracolent entre joie et impatience, immergé de verdure et des senteurs du sous-bois il perd la notion du temps, était-il si long ce chemin ou est-ce son envie d’arriver qui lui donne cet air malin de bout du monde ?

    Et si elle n’était pas là ? Et s’il avait mal interprété le message ? Il balaye cette pensée d’un revers de la main comme on chasserait un insecte agaçant. Non, impossible, depuis quelques mois qu’il suit sa trace il a appris à se fier à son intuition. Elle sera là. Alors, alors il pourra l’entourer de ses bras, plonger dans la lumière de ses yeux, la boire toute entière en un regard, se réchauffer à l’odeur de sa peau, respirer à son souffle.
    Le manque d’elle le mord au creux du ventre comme une faim soudaine, comme s’il avait été contenu là durant ces longs mois de séparation.

    C’est l’éclat vif du plein soleil sur le visage qui le tire de ses pensées et lui fait plisser les yeux. Il est arrivé au sommet du vallon.

    La prairie toute entière est baignée dans l’or de la chaleur douce de la fin d’après-midi de ce 5 juin.
    Il voudrait imprimer à jamais cette image sur le fond de ses rétines, les vagues que le vent dessine dans les herbes hautes, l’alignement des pommiers du vieux verger, la ligne sombre de la forêt de sapins, les ruines de la bergerie toutes envahies de lierre et puis elle. Elle, posée là, comme une fleur des champs, debout, lui tournant le dos, la brise jouant dans les longueurs de sa chemise blanche sous ses cheveux si bruns et c’est comme si elle dansait dans cette image bucolique, à quoi pense t’elle ?

    Alors, un imperceptible mouvement la saisit aux épaules, elle se fige, comme si elle avait senti son regard posé sur elle, elle sait qu’il est là, elle pivote vers lui dans le tourbillon joyeux des instants uniques. Un éclat de rire les unit maintenant dans leur course l’un vers l’autre.

    Il la regarde s’approcher, lui fait un théâtre de ses mains, un sourire infini illumine son visage. Il mesure la folie de son geste, la folie de leur histoire, l’immense richesse de la vie. Dans quelques secondes ils seront réunis.

    Il lève les yeux vers le ciel quand soudain, dans l’improbable lumière, s’envole une alouette.