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passante

  • Rouler si bas

    Si dans la nuit brillante de pluie vous la croisiez, vous retourneriez-vous ? Passante pressée, trop hâtée par la douce tâche de la maison à parer pour les fêtes, les bras chargés de paquets aux rubans frisés. Jolie femme à l’âge partagé entre un rire enfantin et un regard lourd de combats menés, si ses yeux vous frôlaient y plongeriez-vous ? La suivre un instant la pensée vagabonde, l’imaginer peut-être dans un ailleurs feutré, au rythme lent, de sa course folle, vers son chez elle, chez lui sans doute aussi. Si vous l’aviez regardée vous auriez remarqué, le long de sa jambe droite, cette maille filée qui court vers le sommet mais vous ne l’avez vue, à peine aperçue, si vite éloignée, glissant sans cadence au coin de votre rue, portée par son carrosse d’alu et de silence. Elle s’en va. Et vous ne saurez pas, qu’elle vous a regardé, dévisagé peut-être, avant de disparaître, en un tour de main, vers son autre demain, croiser encore un autre qui ne la verra pas, dans une nuit bruyante si pleine de passantes aux talons hauts perchés et de leurs pas claqués.