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pluie

  • Coeur de guimauve sous pluie d'automne


    Découvrez Maria Mena!



    1735482744.jpgParfum clair du thé brûlant, brun pain d'épices. L'esprit en buée, l'automne fait pleurer les carreaux et chanter la véranda. Le vent voyeur effeuille les arbres et sur ma peau affleure un frisson, nu.

    Ma joie a fané comme une rose d'octobre et mon coeur de guimauve a retrouvé sa naïve tendresse. Dépouillé de sa cuirasse, écorchure lui vaut lame. Âme nue, se plaindre du frais après avoir traversé le froid polaire, quelle ironie ! Quelle impudique imprudence, quelle folie. Fragilité de porcelaine.

    Conscience d'un coeur qui frissonne au souffle à peine exhalé, plaie de vie lui dit vie.

    Sur la braise rougeoyante c'est le souffle prudent de l'espoir qu'il faut insuffler. Sous l'angora qui palpite compter les degrés, montée lente du mercure que les souvenirs glacés figent au moindre courant de colère.

    Au nom des incendies croire en la flamme vacillante et dans le cocon des mains unies, doucement, doucement alimenter de chaleurs mon coeur de guimauve, juste de chaleurs, jusqu'à en fondre.

  • Et si la nuit ...

    Et si la nuit m'appartenait j'en ferais un pays.

    Comme je les aime ces heures sans temps. Le rythme de l'air y est perceptiblement plus souple, il s'étale en de longues ondes au dos rond, ronronne sous la caresse du chant de mon souffle soudain plus présent. Et je m'écoute respirer, écoute ... souffle de vie, reliance de cet intérieur avec mon intérieur, mon for et mon faillible.

    Dans ce pays on ne vit qu'au présent, les lendemains ne sont que rêves si lointains, inaccessibles presque, toute une nuit à traverser, c'est si long !

    Ce soir la solitude, j'ai pris la liberté de changer de nid, je me suis installée dans la véranda pour entendre le bruit de la pluie, c'est comme si je dormais au bureau, ça m'amuse, comme quand plus jeunes nous rêvions de passer une nuit à l'école, vous non ? ah. Et bien moi si ! Donc ce soir je dors dans mon bureau, aussi parce que c'est une pièce que j'aime tout particulièrement, j'ai encore tout changé, si je voyage un peu plus loin dans ma nuit je vous mettrai une photo ... et comme j'ai décidé d'avoir la main verte, ce qui était loin d'être gagné lors des épisodes précédents mes plantes sont florissantes ! c'est le cas de le dire mon arum qui ne ressemblait plus à grand chose a décidé de fleurir ! j'en suis baba !!

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    Et puis sur le bureau un majestueux bonzaï, je dis majestueux car j'ai mis à son pied un minuscule cheval en ... en je ne sais pas quoi mais le bonzaï en est redevenu arbre immense et je m'égare parfois à son pied, goûtant le bruit de la terre humide, imaginant de longues marches dans les feuilles rousses, poussant la relative rêverie en des cavalcades dans les sous-bois.

    Je suis bien loin dans cette nuit, ce soir j'ai mis mes mots sous verre, c'est étonnant, un peu comme si la page à ce jour si virtuelle et fragile s'était muée en papier glacé, demain c'est l'accrochage, couleurs de mots en Provence, vernissage et petits fours samedi : après-demain autant dire deux continents plus loin tant de pays a visiter avant d'y être :)

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    Bon depuis la photo il y a eu encore des changements, deux petites lampes qui me veillent dans la nuit si noire derrière la vitre et quelques bougies pour réchauffer les regards. Sont en préparation des rideaux blancs pour diffuser la lumière et viendra, quand je l'aurai trouvé un vieux rocking-chair que je ferai blanc aussi, un vieux fauteuil qui aura déjà bercé beaucoup d'enfants et inventé beaucoup d'histoires, un vieux fauteuil pour osciller entre rêve et conte.

  • Sous la pluie

    free music



    Difficile de "rebondir" sur la note précédente ... j'ai eu pour quelques-uns d'entre vous, en plus de commentaires un échange de vive voix, vos avis sur mes mots partagés, je suis dans ces cas là toujours un peu gênée, cherchant à minimiser la portée de mes textes, le sens profond de mes mots écrits et trop souvent tus.


    Cette fois j'ai choisi de les dire parce qu'à trop les taire le risque est grand de voir l'entourage, dans un confortable aveuglement, les oublier. Je ne peux évidemment pas le dire à chaque instant et pourtant je ne dois plus le nier, je ne dois plus me le cacher, j'ai mal à chaque instant.


    Je ne protège personne en cherchant à le cacher, j'ai mal, quoi de plus naturel pour une pathologie comme la mienne, comment pourrait-il en être autrement ça serait un miracle !


    Pour avoir eu une conversation avec un Ami, de ces douleurs inévitables qu'en ferai-je ? Et bien de temps en temps, au gré de mes humeurs je vous en ferai des notes comme celle d'hier "Le mal au corps" car la douleur ne doit plus être un tabou, la douleur est énergie au même titre que l'amour, la tristesse ou même l'ennui. Elle est là, elles sont là et m'obligent bien souvent à une grande concentration pour détourner mon esprit de leurs feux qui me consument et aussi pour savoir offrir à ceux qui m'entourent autre chose que le visage de la douleur. Pendant longtemps j'ai utilisé fards et masques pour atteindre ce but, j'ai récolté en retour incompréhension et exigence d'un plus que je ne pouvais donner, comment aurait-il pu en être autrement ?


    Aujourd'hui je sais que la douleur morale et physique a le droit de cité, que mes sourires n'en seront que plus beaux, mes réussites plus grandes, que ce soit de me lever chaque matin, de partir 5 jours à Paris ou de passer un week-end entier seule avec mes 4 filles.


    C'est avant tout pour moi que je dois le faire, pour entrer dans un autre niveau de conscience, pour aller sereinement vers ce qui sera peut-être mon demain et extraire jusqu'à la lie le suc des "pouvoir encore" qui m'aideront à accepter sans regret les "ne plus pouvoir". J'aurais voulu pour cela ne plus être polluée par des sentiments comme la colère, grande consommatrice de mon énergie mentale, mais c'est un leurre, on ne peut vivre à moitié ne gardant que le sable du chemin et laissant à d'autres ornières et rochers, comme si avoir mal était un télépéage pour l'autoroute du sans-souci, un passeport qu'il suffirait de brandir pour que s'évanouissent petits et grands problèmes. Avoir mal ne donne aucun droit autre que celui d'en être conscient pour respecter le devoir de vivre en toute sincérité.


    Et pour prendre ce droit il faut avant toute chose avoir confiance : en soi, avoir mal n'est pas honteux, le dire n'est pas se plaindre, avoir mal est un fait et il faut bien sûr avoir confiance en l'autre afin de lire dans ses yeux encouragements plus que compassion, sans craindre d'être rejeté.


    A plusieurs reprises dans vos commentaires est revenue l'impuissance, c'est elle que je crains, par ma douleur je vous l'impose, à chacun son défi, deux formes d'acceptation qui peuvent s'unir dans un même but : choisir ensemble le chemin le moins sinueux, ensemble unir nos forces dans les montées, ensemble apprécier les descentes et taper dans les flaques pour faire rire les enfants.


    Cet après-midi Vava était en mode orage et le tonnerre avait grondé quelques fois dans la journée, alors en jupette rose, débardeur et tennis sous l'anorak (en mai la météo chez nous c'est fait ce qu'il te plait et surtout n'importe quoi), coiffée d'un chapeau de cow-boy poussant avec ardeur la poussette de son bébé qui s'appelle "poupée" parce que c'est un jouet et que ce n'est pas un vrai enfant pourquoi faudrait-il lui donner un prénom (crénom de nom !!!) nous sommes parties marcher dans le vent fou. L'air lourd embaume et nous voilà caracolant sous un ciel trop chargé pour un gaulois honnête. Passer la bastide, la coopérative des melons, les vieux prés, l'ancienne fabrique, nous arrêtant à chaque coquelicot, riant des minuscules escargots qui fleurissent aux sommets des herbes sauvages quand, au détour du virage de l'écluse, s'écrase au sol une goutte si grosse qu'elle rebondit, puis une deuxième, la terre chaude soudain humide exhale mille parfums mêlés à celui de l'asphalte. Nous crions surprises et amusées de l'eau qui déjà nous dégouline dans le cou. Vite monte Vava et je me transforme en mère porteuse, ma Vava accrochée dans le dos, poupée cachée à la hâte sous l'anorak et poussette en travers des genoux, affrontant la pluie qui se déchaîne, et on chante à tue-tête "il pleut il mouille c'est la fête à la grenouille, la grenouille a fait son nid dans un coin du paradis"

    Quel beau temps de pluie !

    Merci pour vos commentaires sur la note d'hier, merci d'être là.


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